Sapin de Noël dans la cour de l'Elysée, le 11 décembre 2017
Sapin de Noël dans la cour de l'Elysée, le 11 décembre 2017 ©AFP - Ludovic Marin
Sapin de Noël dans la cour de l'Elysée, le 11 décembre 2017 ©AFP - Ludovic Marin
Sapin de Noël dans la cour de l'Elysée, le 11 décembre 2017 ©AFP - Ludovic Marin
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Depuis trois semaines, les responsables politiques écologistes sont soumis à une question qui revient comme une ritournelle : sont-ils favorables au maintien de la tradition du sapin de Noël ? La réponse à cette question conditionne peut-être leur capacité à concourir à l'élection présidentielle.

Les questions posées aux écologistes de façon récurrente depuis trois semaines font référence aux propos que le maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, a tenu le 11 septembre dernier à l’occasion d’une conférence de presse de rentrée. Celui a décrété qu’il n’installerait plus de sapins de Noël sur les places de la ville parce que c’était des "arbres morts".

Deux jours plus tôt, son homologue, Grégory Doucet, nouveau maire écologiste de Lyon, avait lui déclaré au quotidien « Le Progrès » son désamour pour le Tour de France cycliste qu’il qualifiait de "machiste et polluant". 

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Ces déclarations interpellent la population française en profondeur car les fêtes de Noël, le Tour de France, sont des éléments de cohésion de la société. Ce sont des rituels que nous avons en commun et qui nous permettent de vivre ensemble. On y célèbre une adhésion à des valeurs communes, la famille, le sport, le dépassement de soi.

Les fêtes de Noël en particulier représentent un rituel extrêmement puissant à travers lequel on montre son attachement à la famille, on renoue avec son passé, on revient à ses racines. Et le sapin autour duquel on se retrouve en est le symbole.

C’est à tout ça que donnent l’impression de s’attaquer les deux élus écologistes, à ces éléments de cohésion qui sont des piliers de la société. Forcément, ça peut inquiéter une part importante de la population. Car ces fers de lance fraichement élus de l’écologie politique donnent le sentiment que si jamais les écologistes devaient accéder au pouvoir, il n’y aurait aucun rituel, aucun tabou, aucune digue qui résisteraient à leur potentielle radicalité.

Le risque pour les écologistes réside dans le fait qu'ils seront peut-être durablement soupçonnés de vouloir faire disparaitre tous les sapins devant les cheminées. 

Une récente enquête d’opinion, réalisée par l’institut IPSOS, le CEVIPOF et la Fondation Jean Jaurès et intitulée "Fractures Françaises", a révélé l’une des grandes fragilités du parti Europe Ecologie Les Verts au regard de l’opinion, sa capacité à gouverner le pays. 32% des personnes interrogées disaient faire confiance aux écologistes sur ce point. C’est très peu, c’est au même niveau que le Rassemblement National. Or ce point est essentiel lors d’une élection présidentielle.

L’une des principales questions que se posent les français à propos d’un candidat, c’est : Peut-on lui faire confiance ? Peut-on lui confier les clefs de la maison ? Si on imagine qu’il peut mettre le feu au sapin, évidemment, il n’en est pas question.