France Culture
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En cette semaine d'intenses commémorations, un an jour pour jour après la tuerie de Charlie Hebdo, et au surlendemain des cérémonies parisiennes en mémoire des victimes du 7 janvier, il n’est pas anormal d’éprouver ce matin une sorte de sentiment de saturation, ou au moins un vague malaise face à l’image répétée, dans les journaux, à la télé, sur internet, du responsable politique tirant sur une ficelle, pour dévoiler une plaque.

Malaise d’autant plus fort, évidemment, quand la plaque en question, je parle de celle inaugurée par le Président de la République et la maire de Paris, rue Nicolas-Appert, est porteuse d’une faute sur la graphie du nom d’une des victimes. La bévue a été corrigée provisoirement au mastic, avant changement de la plaque, mais elle est peut-être révélatrice d’un rapport à la mémoire, plutôt compliqué pour nos responsables politiques.

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Ils ne sont pas directement responsables de cette bévue bien sûr, d'ailleurs, ils gravent rarement dans le marbre. Et par ailleurs les hautes autorités, représentantes du peuple, sont bien à leur place quand elles inaugurent une stèle, il n’est pas question ici de dire le contraire. Mais peut-être serait-il bon pour elles de faire un peu plus attention au message. De ne pas se contenter d’installer un support.

C’est toujours un regret chez les historiens et les sociologues de la mémoire, qui voient ces actes politiques comme relevant plus d’un réflexe que d’une vraie réflexion, sur la portée de l’acte de mémoire, ou sur l’utilisation de l’espace public qui en découle.

Vous le savez, dans les jours qui viennent, les cérémonies du souvenir continuent. Avant la prochaine inauguration de plaque, samedi à Montrouge, en mémoire de la policière Clarissa Jean-Philippe, François Hollande se rendra demain à Jarnac, en Charente. Là, on est évidemment dans un tout autre registre, c’est le 20ème anniversaire de la mort de François Mitterrand. Mais alors sera-ce un acte reflex ? De la simple communication ? Ou la volonté crédible de souligner une vraie filiation politique ? Je vous laisse réfléchir là-dessus.

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