Jean-Luc Mélenchon, le 10 octobre 2017 à l'Assemblée nationale.
Jean-Luc Mélenchon, le 10 octobre 2017 à l'Assemblée nationale.
Jean-Luc Mélenchon, le 10 octobre 2017 à l'Assemblée nationale. ©AFP - Bertrand Guay
Jean-Luc Mélenchon, le 10 octobre 2017 à l'Assemblée nationale. ©AFP - Bertrand Guay
Jean-Luc Mélenchon, le 10 octobre 2017 à l'Assemblée nationale. ©AFP - Bertrand Guay
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Résumé

Le leader de la France insoumise veut bouter la bannière européenne hors de l'Assemblée nationale.

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Jean-Luc Mélenchon exige le retrait du drapeau européen de l'Assemblée nationale. Il y voit une contradiction dans les termes : Si cette assemblée est nationale, alors pourquoi y a-t-il là un drapeau supranational ? Cette critique semble soudaine, curieuse. Pourquoi maintenant, quatre mois après le début de la session parlementaire ?

Mais en fait, dès les premiers jours à l'Assemblée nationale, au mois de juin dernier, lors d'une visite dans l’hémicycle, Jean-Luc Mélenchon avait déjà fait part de son aversion pour ce symbole. Il le compare à "la Vierge Marie".

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Bien sûr, Emmanuel Macron a saisi l'occasion pour riposter. Il a annoncé que la France allait non seulement conserver le drapeau européen mais surtout le reconnaître officiellement :

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Il y a entre les deux hommes un jeu de sparring partner qui devient habituel - on l'a déjà évoqué ici-même. Ils se renvoient la balle, pendant que les autres (PS, LR), coincés entre deux positions radicales, regardent passer les échanges.

Cette initiative anti-drapeau marque tout de même une gradation anti-UE chez Jean-Luc Mélenchon. Si pendant la campagne il s'en était pris vertement au "carcan" des institutions de Bruxelles, il n'avait pas pris pour cible les symboles de l'Europe que sont le drapeau ou l'hymne à la joie.

Désormais, parmi les partisans de la France insoumise, sur les réseaux sociaux on peut lire les mots « torchon européiste » pour qualifier le drapeau bleu aux douze étoiles. Ce qu'on n'observait jusqu'ici qu'au sein du Front national ou du mouvement de François Asselineau.

Pourquoi cette montée en puissance ?

Parce que la France insoumise a l'opportunité de prendre la tête de la bataille eurocritique (ou eurosceptique, si l'on préfère). Sur la question européenne, LR et le PS sont divisés donc peu audibles. Surtout, le Front national a mis en sourdine la thématique anti-Europe, depuis le départ de Florian Philippot. Officiellement, l'euro n'est plus un problème prioritaire. La priorité c'est l'immigration, comme le martèle Nicolas Bay, l'un des cadres frontistes :

"La question monétaire n'est pas prioritaire, la priorité c'est défendre notre identité, d'assurer la sécurité des Français". (RFI)

La France insoumise veut donc s'imposer comme le premier parti anti-Bruxelles de France. Mais la tonalité radicale du leader insoumis contre la bannière européenne traduit aussi une déception, presque un dépit amoureux. Remontons quelques années en arrière. En 1992, les Français sont appelés à se prononcer par référendum sur le traité de Maastricht. C'est l'époque où les socialistes, emmenés par François Mitterrand, affirment que "l'Europe économique engendra l'Europe sociale", que "l'union monétaire façonnera l'union politique". Et voici ce qu'en dit alors Jean-Luc Mélenchon, interrogé par France 3 Languedoc Roussillon, le 4 septembre 1992. Il fait campagne pour le "Oui" à Maastricht :

Jean-Luc Mélenchon pour le "oui" à Maastricht - Billet politique

41 sec

Ces douze étoiles sur fond bleu symbolisent donc un souvenir douloureux, peut-être honteux pour le dirigeant de la France insoumise. 25 ans plus tard, Jean-Luc Mélenchon voit dans le drapeau européen un symbole religieux. Un dépit lié au fait qu'il fut lui-même au nombre des croyants ?

Frédéric Says