La candidate de la droite, Valérie Pécresse, dans son nouveau quartier général, le 4 janvier 2022.
La candidate de la droite, Valérie Pécresse, dans son nouveau quartier général, le 4 janvier 2022.
La candidate de la droite, Valérie Pécresse, dans son nouveau quartier général, le 4 janvier 2022. ©AFP - Ludovic Marin
La candidate de la droite, Valérie Pécresse, dans son nouveau quartier général, le 4 janvier 2022. ©AFP - Ludovic Marin
La candidate de la droite, Valérie Pécresse, dans son nouveau quartier général, le 4 janvier 2022. ©AFP - Ludovic Marin
Publicité
Résumé

Sur le passe vaccinal, la droite est confrontée à un dilemme. Une stratégie du clivage voulue par l'Exécutif.

En savoir plus

Valérie Pécresse ne fait pas partie des non-vaccinés, elle l'a toujours clamé, et pourtant elle compte parmi ceux que les mots d'Emmanuel Macron ont « emmerdé ».

La sortie présidentielle a aussi cet effet : elle place la droite dans un embarras durable. 

Publicité

Pas immédiatement bien sûr. Les propos d'Emmanuel Macron ont plutôt ressoudé les rangs derrière la candidate. 

Mais dans un deuxième temps, ils ont accentué un dilemme. 

Le parti Les Républicains doit-t-il soutenir ce passe vaccinal, et donc paraître soutenir « l'emmerdement » revendiqué par le chef de l’État ?

Ou bien rejeter le passe... Et donc renier sa position initiale ? 

Dans les deux cas, l'on voit les conséquences politiques : si la droite approuve le passe sanitaire, elle s'expose aux huées venues de chez Marine Le Pen et Eric Zemmour, trop contents de pouvoir caricaturer Valérie Pécresse en simili-macroniste.  

Si elle s'y oppose, les Marcheurs renverront la candidate Pécresse du côté des irresponsables et des anti-systèmes.  

Le premier vote de la loi, tôt ce matin par l'Assemblée nationale, illustre ce malaise. Parmi les députés Les Républicains... 28 ont approuvé le texte, 24 ont voté contre et 22 se sont abstenus !

« Nous sommes bousculés », admet le député LR Philippe Gosselin, alors que le texte doit être examiné la semaine prochaine par le Sénat. La droite sénatoriale compte encadrer, limiter la portée de la loi, sans pour autant la rejeter.

Et cet épisode sur le passe vaccinal reflète la campagne qui s'annonce...

Oui, en au moins deux aspects. D'abord la prééminence du sujet sanitaire, qui obstrue l'ensemble du champ politique. 

Ensuite, l'absence de nuance possible. Clivage partout, tempérance nulle part. 

L'exécutif tente de polariser les débats : soit vous êtes pro-passe vaccinal, soit vous êtes anti-vaccins. 

Même schéma dans la polémique sur le drapeau européen : soit vous êtes pro-européen, soit vous êtes eurosceptique. 

Valérie Pécresse avait protesté contre l'installation de la - seule - bannière européenne sous l'Arc de triomphe, elle s'est immédiatement faite renvoyer dans le camp des nationalistes par la majorité En Marche. 

La méthode est nette, à défaut d'être subtile : faire sortir de ses gonds la candidate de la droite. La forcer à se positionner sur des sujets qui divisent son camp.
 

Là où il y a des fissures, les macronistes veulent en faire des fractures. Là où il y a des fractures, les macronistes veulent en faire des fossés. 

Il faut dire que le terrain n'est pas inconnu. Emmanuel Macron est entouré de cohortes venues de la droite. 

Des experts en démolition qui connaissent bien la maison. Thierry Solère, l'ex-organisateur de la primaire LR de 2016, devenu conseiller politique du président. Au gouvernement, Jean Castex bien sûr, mais aussi Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu ou Bruno Le Maire. 

Bruno Le Maire justement, interrogé par RTL : 

« Je vois peu de différences effectivement [entre Emmanuel Macron et Valérie Pécresse] ; parce que je pense qu'il n'y a pas d'espace politique propre aux Républicains aujourd'hui ». 

Étreindre pour étouffer. Voilà la méthode. 

Alors Valérie Pécresse est contrainte de se démarquer. Elle fuit le sujet piégeux de la politique sanitaire. Et dégaine la carte de l'insécurité. 

Dans une interview au journal La Provence paru ce matin, la candidate utilise les mots suivants : 

« Ressortir le karcher de la cave » pour « «nettoyer les quartiers », si besoin avec l'appui de l'armée. Entretien donné avant un déplacement dans les Bouches-du-Rhône aujourd'hui. 

Un pas de côté, pour éviter le piège tendu sous ses pieds.

Frédéric Says

Références

L'équipe

Frédéric Says
Production