France Culture
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Demain mardi, ce sera la troisième conférence de presse de François Hollande à l’Elysée, et il faut absolument refuser à la presse people le droit de pirater ce moment majeur du quinquennat. Ca ne devrait pas être à “Closer” de donner le tempo. Ca ne devrait pas être à “Closer” de poser la première question.

Bien sûr, elles seront par nature légitimes, les interpellations qui viendront, sur la vie du Président : toutes les questions de journaliste à politique doivent être possibles : le problème n’est évidemment pas là. Le problème est de savoir si François Hollande est contraint de répondre à ces questions d’ordre privé. L’Elysée hésite, beaucoup, depuis vendredi… Faut-il en parler, de ces virées en scooter ? Faut-il clarifier ? Faut-il éluder ?

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Dilemme d’autant plus affreux, on s’en doute, pour François Hollande depuis 72 heures, qu’une fois de plus en la matière, le code des pratiques médiatiques a été bouleversé par Nicolas Sarkozy, en 2008, notamment lors d’une conférence de presse, à l’Elysée. En faisant primer son individualité sur sa fonction, le prédécesseur de Hollande avait d’ailleurs sérieusement décroché dans les sondages d’opinion.

Car dans leur ensemble, les Français, et c’est heureux, ne confondent pas “espace public” avec “publication”. Tout ce qui est mis en débat n'entre pas forcément dans le contrat social, dans le pacte républicain.

Aujourd’hui, François Hollande, qui n’est certes pas exempt de reproches sur la mise en scène de sa vie privée, gagnerait à retrouver rapidement, à réinvestir, l’intervalle, ténu, entre ce qu’il ne peut plus cacher, et ce qu'il n'a pas à montrer. Car enfin, pourquoi le Chef de l’état devrait-il “déminer” la conférence de presse, comme on l’entend depuis vendredi ? Au nom de quoi devrait-il “impérativement s’expliquer”, comme on le lit, sur ce qui ne regarde que lui, et quelques-uns de ses proches ?

Et que signifie ce glissement d’une partie de la classe politique, qu’on observe ces dernières heures ? Vous avez remarqué qu’on est déjà loin de l’unanimité de vendredi, autour du respect de la vie privée. On entend, depuis hier soir, Jean-François Copé, Chantal Jouanno, Gilbert Collard, protester, clamer que tout cela mérite explication. Que l’image de la France est atteinte. Que ça ne peut pas durer.

Comme si une fausse pudeur venait peu à peu remplacer la fausse indulgence qui avait cours jusqu’à aujourd’hui. Alors que la vraie questions dans cette affaire, est de savoir si la vie privée d’un président l’empêche ou non d’exercer sereinement et pleinement ses fonctions. S’il est en permanence en état, ou non, d’imaginer, de négocier, de décider, de gouverner.

Voilà ce que devra prouver François Hollande demain. En parlant des vrais sujets.

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