France Culture
France Culture
Publicité

Slow food, slow city, slow management mais aussi slow travel, slow parenting, slow sex ou bien encore « downshifting », c’est à dire recherche d’une vie plus simple et plus frugale, y compris en travaillant moins… Un mouvement en faveur de la « slow life » émerge en de nombreux endroits. Et contrairement à ce que la terminologie du mouvement « slow » pourrait laisser croire, il n’a pas débuté aux Etats-Unis ou en Angleterre, mais plutôt en Italie, d’où est parti à la fois le mouvement originel, celui de la slow food – en opposition à la logique du fast food - et un réseau qui nous intéresse particulièrement aujourd’hui, celui des villes lentes…

Le ralentissement est-il une simple mode, voire une accroche marketing, ou une tendance profonde, une réaction structurée et durable à l’accélération incessante de nos modes de vie ? Ce ralentissement a partie liée avec nos manières de vivre et de consommer et il était quand même surprenant de voir l’édition 2011 de la Foire de Paris célébrer le « slow time » en faisant poser sur son affiche une jeune femme tenant en laisse quelques tortues.

Publicité

L ‘usage excessif de l’anglais dans le mouvement slow est une manière de vouloir contourner et éviter le terme « lent », dévalorisé socialement et associé à la fainéantise. Pourtant, alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les excès d’un siècle d’accélération, et affirmer que nous sommes arrivés à un point où la vitesse fait plus de mal que de bien, la lenteur pourrait bien constituer une nouvelle manière d’envisager l’avenir…

La mode du slow pourrait nous faire croire que nous sommes entrés dans l'ère du ralentissement et de la décélération. Mais s'agit-il d'îlots de décélération dans une accélération globale ? D'une amorce de résistance aux excès de la vitesse ? Ou d'un nouveau dogme, aussi compartimenté qu'absurde ?

Véronique Marendat, maire de Segonzac, première ville lente de France ; Rafik Smati, auteur d'Eloge de la Vitesse : la revanche de la génération texte (Ed. d'organisation, 2011) ; et Nicole Aubert, sociologue et psychologue, auteure (avec la collaboration de Christophe Roux-Dufort) du Culte de l'urgence, la société malade du temps (Flammarion, 2003, 2009).