France Culture
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En 2009, un tribunal de Trieste, en Italie, a invoqué une vulnérabilité génétique prédisposant à la violence pour accorder une réduction de peine d’un an à un meurtrier. Et, en moyenne tous les deux ou trois ans, les médias repèrent un gène plus ou moins folklorique censé expliquer tel ou tel comportement : il y a 10 ans, c’était le prétendu gène de l’homosexualité, en août dernier le soi-disant gène de la fidélité. Cette impression que la composante génétique prend de plus en plus de place dans l’explication des comportements sociaux a quelque raison d’inquiéter, dans un pays qui a élu comme Président quelqu’un qui pense que la pédophilie, a des déterminations génétiques. Mais balayer l’absence de déterminisme génétique ou constater qu’il n’y a ni comportement qui n’impliquerait aucun gène, ni gène qui ne soit modulé par l’environnement, ne doit pas conduire à faire l’impasse sur un double phénomène. D’une part, hors de nos frontières, le recours à la génétique irrigue de plus en plus de territoires du monde social : la justice, l’entreprise, les assurances voire les prêts bancaires… D’autre part, cette liaison entre génétique et comportement n’est pas nécessairement une liaison dangereuse. Savoir que l’on possède une prédisposition génétique à ceci ou cela, peut, aussi, être l’occasion de trouver les ressorts et les possibilités de modifier son mode de vie, en prenant en compte certains risques ou écueils propres à son patrimoine génétique.

Sans prétendre que nous soyons donc entièrement pilotés par nos gènes, quelle place faut-il donner à la dimension génétique dans l’explication des comportements sociaux ? Et que devons-nous faire de cette information génétique de plus en plus facilement accessible, même si le génome demeure une grammaire que nous parvenons à déchiffrer, mais sans en comprendre vraiment la sémantique ?

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Avec Grégory Katz, professeur à l'essec, titulaire de la chaire Innovation Thérapeutique et directeur de la Fondation Générale de Santé. Michèle Carlier, Professeure de Psychologie au CNRS et à l'Université de Provence, Membre honoraire de l'Institut Universitaire de France qui étudie les liens entre gènes et environnement dans le cadre de ses recherches en génétique comportementale et Pierre Roubertoux, chercheur à l'Institut de neurosciences physiologiques et cognitives à Marseille (CNRS/Université d'Aix-Marseille 2) dont les travaux sur la découverte de gènes liés à des comportements lui ont valu le prix Theodosius Dobzhansky, aux Etats-Unis. Il est notamment l'auteur de : Existe-t-il des gènes du comportement? (Odile Jacob, 2004)