L'utérus artificiel engendrera-t-il un bouleversement social ?

France Culture
France Culture
Publicité

.

Avec
  • Philippe Descamps Docteur en philosophie - Université Paris 4 Sorbonne Post-doctorant CERSES à partir de janvier 2009
  • Henri Atlan intellectuel, médecin biologiste, philosophe et écrivain français, professeur émérite de biophysique et directeur du centre de recherche en biologie humaine de l'hôpital universitaire d'Hadassah, à Jérusalem, et directeur d'études à l'École des

La révision des lois de bioéthique entre dans l’ultime étape de son processus. Le Palais Bourbon commencera en effet ce jour-là à discuter de ce qui pourrait devenir notre futur proche en matière de gestation pour autrui, d’anonymat des dons de gamète ou de recherche sur l’embryon, mais sans doute pas d’utérus artificiel. Cette notion serait pourtant peut-être susceptible, à elle seule, de périmer rapidement plusieurs aspects de la révision actuelle des lois de bioéthique forgées en 1991.Même si l’utérus artificiel est aujourd’hui davantage une hypothèse probable qu’une réalité technologique proche, la fécondation in vitro continue ses avancées et il est déjà possible, dès la 24ème semaine de grossesse, de permettre à des bébés grands prématurés d’achever leur développement en couveuse. Plusieurs équipes de recherche comme celui du laboratoire d’endocrinologie reproductive de l’Université Cornell de New York, ont déjà posé les jalons d’une gestation hors du corps. Combler la période de quelques mois où il demeure encore impossible de faire grandir l’embryon ex utero semble donc aujourd’hui à portée de main, même si la chronologie possible demeure très incertaine, de quelques dizaines d’années à environ un siècle. Toutefois, même encore hypothétique, la demi-fiction qu’est l’utérus artificiel est d’ores et déjà un révélateur de nombreux bouleversements sociaux présents ou à venir : structurations familiales, dissociation de la sexualité et de la procréation, définition de la maternité, transformation des rapports de sexe, évolutions des relations entre adultes et enfants, inconnues juridiques liées aux recompositions technologiques des possibilités du corps…Si l’utérus artificiel n’est donc pas encore une machine à bébés qui fonctionne, elle est déjà une machine à penser en état de marche.

Avec Henri Atlan, médecin, biologiste, philosophe, vient de faire paraître aux éditions Odile Jacob un ouvrage intitulé Le Vivant post-génomique, ou qu’est-ce que l’auto-organisation ? et a publié en 2005 au Seuil et Philippe Descamps, philosophe, chercheur au CNRS et auteur d’un ouvrage paru aux PUF en 2008 intitulé L’utérus, la technique et l’amour : l’enfant et l’ectogenèse

Publicité

L'équipe