04/02/2011 - Égypte, Le Caire - Des milliers de manifestants gardent les accès à la place de la Libération contre les partisans pro-Moubarak qui tentent de s'y infiltrer. Photo : Carolyn Cole.
04/02/2011 - Égypte, Le Caire - Des milliers de manifestants gardent les accès à la place de la Libération contre les partisans pro-Moubarak qui tentent de s'y infiltrer. Photo : Carolyn Cole. ©Getty
04/02/2011 - Égypte, Le Caire - Des milliers de manifestants gardent les accès à la place de la Libération contre les partisans pro-Moubarak qui tentent de s'y infiltrer. Photo : Carolyn Cole. ©Getty
04/02/2011 - Égypte, Le Caire - Des milliers de manifestants gardent les accès à la place de la Libération contre les partisans pro-Moubarak qui tentent de s'y infiltrer. Photo : Carolyn Cole. ©Getty
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Depuis 2010, le monde arabe est le théâtre de multiples révolutions. Ces printemps arabes ont transformé ces sociétés en profondeur. À l'ère du numérique et du 2.0, comment garder traces de ces révolutions populaires pour penser son avenir et écrire son histoire ?

Avec
  • Elena Chiti Maîtresse de conférences en études moyen-orientales de l'Université de Stockholm, en Suède
  • Kmar Bendana historienne à l'Université de la Manouba (Tunis).

Chaque mouvement révolutionnaire produit des archives : des journaux, des pamphlets, des tracts, des graffiti aussi… Comme ces documents sont diffusés dans le secret, il n’est pas aisé de les collecter. Puisque qu’ils ont pour but de renverser le pouvoir en place, ils sont victimes de la censure et de destructions. Nous conservons dans nos archives un matériau considérable sur la révolution française, sur les révolutions du XIXe siècle, et sur les mouvements populaires du XXe siècle. Xavier Mauduit

Si la révolution échoue, que reste-t-il des traces qu’elle a laissées car elles sont vite effacées ? Si la révolution est un succès, comment archiver les documents qu’elle a produits et comment conserver le souvenir de ce qui s’est passé, parfois même contre le nouveau pouvoir en place ?

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Le 14 janvier 2011, après quatre semaines de manifestations, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali fuit le pays pour gagner l'Arabie Saoudite. Ce départ marque le début d'une série de mouvements sociaux et populaires qui forment le Printemps arabe ou les Révolutions arabes. De l'Égypte à la Syrie, ces mouvements sociaux menés par une partie de la jeunesse sont chroniqués par la société civile en vidéos, posts sur les réseaux sociaux et portés dans la rue par des chansons et slogans.

Dix ans plus tard, que reste-t-il des traces de ces révolutions ? Comment relire ces évènements à l'aide des archives ? Comment conserver et protéger des traces virtuelles ? Et quel rôle peuvent avoir les archives dans le processus de transition démocratique ?  

Avec Kmar Bendana, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’Université de La Manouba à Tunis, spécialiste de l'histoire intellectuelle et coloniale de la Tunisie. Elle a été une chroniqueuse engagée de la révolution tunisienne en publiant ses analyses sous la forme de posts de blog, puis dans différents ouvrages. Elle est notamment l’autrice de Histoire et culture dans la Tunisie contemporaine, (Éditions de l’Institut supérieur de l’histoire de la Tunisie contemporaine, 2015). 

Avec nous aussi Elena Chiti, historienne culturelle du Moyen-Orient, spécialiste de l'Égypte contemporaine, maîtresse de conférences en études moyen-orientales de l'Université de Stockholm, en Suède. Elle est l'autrice de l'article “Conflicting Histories of Alexandria, or Alexandrians with No Museum (1892-2016)‪”, dans la revue Égypte/Monde arabe, 2018/1, n°17. 

Nos deux invitées ont collaboré  à l’ouvrage collectif dirigé par Leyla Dakhli, L'Esprit de la révolte. Archives et actualité des révolutions arabes (Seuil, 2020).

Même dans le feu révolutionnaire il y a eu des documents qui ont circulé et qui n'étaient pas des documents authentiques. Je suis membre d'un comité scientifique, d'un collectif qui s'est constitué bien après ces événements pour essayer de travailler sur la volatilité de ces archives. Nous nous sommes constitués en collectif pour aller à la recherche des films vidéo tournés par les individus qui était sur place. Ce travail est venu après plusieurs années pour essayer de relire, de documenter et pour retrouver des documents qu'on ne retrouvait plus sur Facebook. Il y a des choses vraiment propres aux révolutions arabes, les journalistes et les historiens le savent et sont avertis sur ce phénomène tout à fait nouveau : non seulement il y a beaucoup de documents mais il y a aussi beaucoup de producteurs de documents. Il y en a énormément car il y a beaucoup de gens qui ont des téléphones portables c'est ça le phénomène que les révolutions arabes soulignent et posent aux futurs chercheurs. Kmar Bendana

Les archives peuvent avoir une double fonction. Il s'agit bien entendu de garder des traces pour le futur mais il se pose la question du but, "pour en faire quoi ?" On peut garder des traces pour les historiens, pour en faire de la mémoire mais on peut aussi garder des traces pour en faire des preuves sur le plan juridique. Dans ce deuxième cas on peut penser aux archives des révolutions qui ont été mises en place par les pouvoirs, par les états policiers et auxquelles nous n'avons pas accès. Il y a des archives de la répression auxquelles nous accéderons peut-être à l'avenir si ces régimes tombent. Le seul cas avec lequel nous avons pu voir ces archives détournées, je pense que c'est en 2004, dans le cas syrien, avec ce que l'on appelle les reportages de "César" qui ont fait la une. "César" est un ancien photographe de la police syrienne chargé de prendre des photos des détenus politiques morts sous la torture et qui en fait travaillait pour des réseaux d'opposition. Il s'est enfui, a quitté la Syrie et a rendu public ce matériel. Elena Chiti

Sons diffusés :

  • Archive - 01/2011 - AFP vidéo - Reportage dans la première radio indépendante de Tunisie, Kalima.
  • Archive - 15/01/ 2011 - Le président Ben Ali fuit son pays.
  • Masasit Mati -Top Goon - Episode 1 - Beeshu's nightmares, théâtre de marionnettes syrien. 
  • Clip officiel de Général "Rayes le bled", Tunisie. 

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L'équipe

Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Production
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Eric Lancien
Réalisation
Odile Joëssel
Collaboration
Marion Dupont
Collaboration
Valentine Lauwereins
Collaboration
Milena Aellig
Réalisation
Maïwenn Guiziou
Production déléguée