Le conseil de conscience : saint Vincent de Paul, Jules Mazarin, Pierre Séguier, la reine Anne d'Autriche et Louis XIV en 1650. Toile de Jean-François de Troy
Le conseil de conscience : saint Vincent de Paul, Jules Mazarin, Pierre Séguier, la reine Anne d'Autriche et Louis XIV en 1650. Toile de Jean-François de Troy
Le conseil de conscience : saint Vincent de Paul, Jules Mazarin, Pierre Séguier, la reine Anne d'Autriche et Louis XIV en 1650. Toile de Jean-François de Troy ©Getty - Photo Josse / Leemage / Corbis
Le conseil de conscience : saint Vincent de Paul, Jules Mazarin, Pierre Séguier, la reine Anne d'Autriche et Louis XIV en 1650. Toile de Jean-François de Troy ©Getty - Photo Josse / Leemage / Corbis
Le conseil de conscience : saint Vincent de Paul, Jules Mazarin, Pierre Séguier, la reine Anne d'Autriche et Louis XIV en 1650. Toile de Jean-François de Troy ©Getty - Photo Josse / Leemage / Corbis
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Résumé

Dans les coulisses des palais, les favoris bousculent les hiérarchies de la cour. Ceux qui reçoivent l'affection et la confiance des rois et des reines sont accusés d'intrigue et d'arrivisme. De Mazarin à Struensee, l’essor des favoris révèle les ressorts des monarchies autocratiques européennes.

avec :

Valérie Hannin (Directrice de la rédaction du magazine L'Histoire), Jean-François Solnon.

En savoir plus

Les favoris ne sont pas seulement de grosses touffes de poils qu'un homme laisse pousser sur les joues quand son menton est rasé. Non, les favoris sont aussi ceux qui bénéficient d'une préférence marquée de la part du souverain. Courtisans, conseillers, favoris, la proximité avec le prince assure d'un prestige indéniable, ne serait-ce que par l'influence, réelle ou espérée. L'exercice du pouvoir n'est pas une entreprise solitaire. Quelles sont les coulisses de la décision politique ?

Recevoir les faveurs du prince

Certains rois aiment gouverner ; d’autres préfèrent profiter des plaisirs de la vie de cour. En tout cas, sous des régimes monarchiques absolus, l’exercice du pouvoir est une entreprise bien solitaire. Dans le contexte politique tendu de l'Europe des XVIIe et XVIIIe siècles, les monarques ont du mal à faire confiance à leur entourage et beaucoup choisissent de placer leur confiance en un favori avec qui ils partagent leur intimité et le fardeau du pouvoir.

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"Ce qui est important dans un rapport entre un favori et le roi, c'est le tête-à-tête. (Le favori) exerce des charges de cour : le grand écuyer est toujours en présence du roi dès qu'il quitte son palais pour aller à la campagne ou mener une campagne militaire. Quand vous êtes grand maître de la garde-robe, c'est-à-dire que vous avez la responsabilité d'habiller le roi ou de choisir pour lui les vêtements qu'il portera dans la journée, voilà une proximité constante qui est donnée par la fonction", explique l'historien Jean-François Solnon.

Favori, une fonction décriée

Souvent sans capacité officielle, les favoris tirent les ficelles des affaires du royaume en coulisses. Pour autant, ils ne sont pas des personnages de l’ombre et se retrouvent souvent sous le feu des projecteurs, obtenant la préséance sur tous les autres Grands du royaume. Alors quel poids politique les favoris détiennent-ils ? Jusqu’où les monarques européens sont-ils prêts à déléguer leur pouvoir ? Comment leurs contemporains les perçoivent-ils ?

"Struensee a publié des ordres de cabinet. Il s'agit d'une décision prise oralement par le souverain que le favori a le devoir de mettre par écrit. Le favori peut s'accorder une liberté entre ce qui a été prononcé par le prince et ce qui apparaît dans un ordre de cabinet, qui est ensuite obéi par la population entière", remarque Jean-François Solnon.

Longtemps, les historiens et historiennes ont délaissé les favoris, jugés trop intrigants. Les films et la littérature n'ont retenu d’eux que leurs histoires amoureuses. Pourtant, étudier ces personnages hauts en couleur et les responsabilités qui leur sont confiées permet d’amorcer une réflexion sur les institutions de l’Ancien Régime : le régime monarchique autocratique est-il à l’origine de l’essor des favoris au XVIIe siècle en Europe ?

Notre invité Jean-François Solnon, historien spécialiste de l'Ancien Régime, nous raconte l’histoire inédite de ces décideurs politiques à travers les portraits de deux grands favoris : Mazarin et Struensee.

Pour en parler

Jean-François Solnon est professeur émérite d’histoire moderne à l’Université de Besançon, spécialiste de l’Ancien Régime.

Il a notamment publié :

En fin d'émission

Valérie Hannin, directrice du magazine L’Histoire, présente le dossier de mai intitulé "Clausewitz. Penser la guerre".

Sons diffusés dans l'émission

  • Archive de Jacques Prévert à propos d'Henri III dans Le magazine des arts de l'actualité télévisée le 15 décembre 1963
  • Archive de la reconstitution historique de La Conjuration de Cinq Mars dans La caméra explore le temps avec Jean-Pierre Marielle dans le rôle de Louis XIII le 8 décembre 1962
  • Extrait du film Si Versailles m'était conté... de Sacha Guitry, 1954
  • Lecture par Marion Malenfant d'un extrait des mémoires de Reverdil, précepteur du roi Christian VII, sur Struensee
  • Extrait du film La Fille de d'Artagnan de Bertrand Tavernier, 1994
  • Extrait de la bande-annonce du film Royal Affair de Nikolaj Arcel, 2012
Références

L'équipe

Xavier Mauduit
Production
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Jeanne Delecroix
Collaboration
Marion Dupont
Collaboration
Valentine Lauwereins
Collaboration
Maïwenn Guiziou
Production déléguée
Pauline Marragou
Collaboration