Peinture rupestre dans le Parc national de Serra da Capivara, parc déclaré Patrimoine culturel de l’Humanité par l’UNESCO en 1991, État de Piauí, Brésil. (Wikipédia)
Peinture rupestre dans le Parc national de Serra da Capivara, parc déclaré Patrimoine culturel de l’Humanité par l’UNESCO en 1991, État de Piauí, Brésil. (Wikipédia)
Peinture rupestre dans le Parc national de Serra da Capivara, parc déclaré Patrimoine culturel de l’Humanité par l’UNESCO en 1991, État de Piauí, Brésil. (Wikipédia)
Peinture rupestre dans le Parc national de Serra da Capivara, parc déclaré Patrimoine culturel de l’Humanité par l’UNESCO en 1991, État de Piauí, Brésil. (Wikipédia)
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Qui sont les premiers hommes du continent américain ? Quand sont-ils arrivés ? Par quels mouvements de migration ? Ces interrogations donnent lieu à d'âpres discussions dans les milieux scientifiques. Une émission en forme de bilan sur les origines du peuplement de l'Amérique.

Avec
  • Christelle Lahaye Professeur à l'Université Bordeaux Montaigne et Géochronologue au centre de recherches en Physique appliquée à l’Archéologie
  • Éric Boëda Professeur à l’université de Paris-Nanterre, directeur de la Mission franco-brésilienne du Piaui (ministère de l’Europe et des Affaires étrangères).

Du Nord au Sud, qui étaient les premiers Américains ? 

En 1921, le préhistorien Jacques de Morgan, fait paraître « L'humanité préhistorique ». L’ouvrage est le fruit d’une vie consacrée à la recherche des origines de l’homme. Il écrit : « Aujourd'hui d'ailleurs, en ce qui regarde la haute antiquité de l'homme sur la terre, nos recherches ne portent encore que sur une aire géographique bien limitée ; l'Europe occidentale, le nord de l'Afrique, quelques points de l'Asie antérieure et de l'Amérique du Nord, seulement, nous ont livré quelques-uns de leurs secrets, confidences bien incomplètes, d'étendue fort restreinte, dont il serait dangereux au plus haut point de tirer des conclusions d'ordre général. À peine sommes-nous en droit de proposer quelques hypothèses ». Les hypothèses sur l’origine des habitants des Amériques ont aujourd’hui des relents idéologiques. Xavier Mauduit

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En 1929, la découverte du site archéologique de Clovis au Nouveau Mexique a permis d’établir une première hypothèse sur l'origine du peuplement américain. Ce site, véritable trésor d’outils taillés, très sophistiqués, laissait à penser que les premiers hommes à avoir foulé le sol américain seraient arrivés vers -13 000 ans, en passant par le détroit de Béring. Les archéologues ont fait de ces lointains ancêtres les premiers Américains, modernes, aventuriers, pionniers et chasseurs. La découverte archéologique s’est alors rapidement muée en dogme idéologique et en mythe des origines. Toutefois, depuis les années 1980, de nombreuses découvertes invalident cette théorie. Le peuplement du continent américain a pu survenir bien plus tôt, dès -40 000 voire avant. Il est aussi fort probable que ces premiers “Américains” aient emprunté un passage plus austral pour parvenir jusqu’au continent. 

Ces récentes découvertes sont mal accueillies et les défenseurs de la “période de Clovis” comme origine du peuplement américain ont déployé tout un panel de contre-arguments, souvent plus idéologiques que scientifiques. Ces objets taillés bien plus anciens seraient le fait de singes capucins et non d’hommes, voire de la nature elle-même qui aurait par hasard, au fil des millénaires, façonné ces minéraux. Malgré l’irréfutabilité des preuves que la science apporte aujourd’hui, le dogme tient bon. Que sait-on, aujourd’hui, des premiers humains à avoir foulé le sol du continent américain ? Pourquoi cette question se heurte-t-elle à de lourds arguments idéologiques ? Quelles sont les nouvelles techniques mises en œuvre par les archéologues pour infirmer ces contre-arguments fallacieux ? 

Avec Éric Boëda, préhistorien, technologue, professeur d'anthropologie préhistorique et médecin. Professeur à l’Université de Paris Nanterre, membre de l'Institut Universitaire de France et directeur de la Mission franco-brésilienne du Piauí (ministère de l’Europe et des Affaires étrangères). Il est notamment l'auteur de « Sur les traces d’homo Americanus '', La Recherche n° 492, 2014, et avec M. Ramos, A. Perez, C. Hatté, C. Lahaye, M. Pino, et al. “24.0 kyr cal BP stone artefact from Vale da Pedra Furada, Piauí, Brazil: Techno-functional analysis”. PLoS ONE, 2021. 

Et Christelle Lahaye, maîtresse de conférences en géochronologie à l'Université Bordeaux Montaigne et géochronologue au Centre de Recherches en Physique appliquée à l’Archéologie. Elle travaille sur la chronologie des premiers peuplements du continent américain.

Site de la Mission Franco-Brésilienne du Piauí (MFBP)

Il faut parler du continent asiatique, des continents américains, de l'Australie, de tous ces lieux que l'on connaissait mal à l'époque et qu'on avait tendance à regarder à travers nos yeux d'occidentaux. On devait trouver des autres "nous" mais on n'imaginait pas "d'autres que nous". En Amérique du Nord et du Sud, vous oublier Clovis et vous avez un monde technique absolument incroyable. Éric Boëda

Les premières datations numériques remontent un peu après la mise en œuvre du carbone 14, aux années 50/60 et, les premières datations controversées remontent aux années 70/80 avec les travaux de Niède Guidon au Brésil. Christelle Lahaye

Sons diffusés :

  • Archive - 30/06/2004 - France 5 - L'homme de Kennewick (4ème partie) - Les partisans du "Clovis first". 
  • Extrait de la série télévisée d'animation crée par Albert Barillé, Il était une fois... les Amériques (1991-92). 
  • Archive - 09/02/1988 - France culture - Archipel Sciences - Niède Guidon, archéologue brésilienne.

L'équipe

Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Production
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Eric Lancien
Réalisation
Juliette Corbel Vivas
Collaboration
Odile Joëssel
Collaboration
Marion Dupont
Collaboration
Milena Aellig
Réalisation
Maïwenn Guiziou
Production déléguée