Assemblée nationale - abandon de tous les privilèges à Versailles, séance de la nuit du 4 au 5 août 1789. Charles Monnet, peintre du roi et  Isidore Helman (graveur). source Gallica. (Wikipédia)
Assemblée nationale - abandon de tous les privilèges à Versailles, séance de la nuit du 4 au 5 août 1789. Charles Monnet, peintre du roi et Isidore Helman (graveur). source Gallica. (Wikipédia)
Assemblée nationale - abandon de tous les privilèges à Versailles, séance de la nuit du 4 au 5 août 1789. Charles Monnet, peintre du roi et  Isidore Helman (graveur). source Gallica. (Wikipédia)
Assemblée nationale - abandon de tous les privilèges à Versailles, séance de la nuit du 4 au 5 août 1789. Charles Monnet, peintre du roi et Isidore Helman (graveur). source Gallica. (Wikipédia)
Assemblée nationale - abandon de tous les privilèges à Versailles, séance de la nuit du 4 au 5 août 1789. Charles Monnet, peintre du roi et Isidore Helman (graveur). source Gallica. (Wikipédia)
Publicité
Résumé

La Révolution marque l’acte de naissance de la gauche française. Depuis, le clivage gauche-droite anime, construit et structure la vie politique. Multiple et polymorphe, qu’est-ce qui caractérise la gauche ? Quels idéaux défend-elle ? À qui et à quoi s'oppose-t-elle ?

avec :

Michel Biard (Historien, professeur des Universités à l’université de Rouen), Gilles Candar (Historien. Président de la Société d'études jaurésiennes.).

En savoir plus

À quel moment, dans l’univers politique, la gauche est-elle apparue ? Sous la Révolution, s’écrie l’historien ! En 1789, précise l’historienne ! En politique, la gauche n’existe pas avant 1789. Ainsi, dans la 4e édition du Dictionnaire de l’Académie française, en 1762, avant la Révolution donc, le mot gauche est défini ainsi : “Qui est opposé à droit. La main gauche. Le pied gauche. L'œil gauche”. Le dictionnaire précise qu’il est question de gauche lorsque l’on parle "de certaines choses où l'on distingue deux parties, dont l'une répond au côté droit de l'homme, et l'autre au côté gauche". Il est bien écrit “au côté droit de l’homme” et non pas “au côté des droits de l’homme”, ce serait anachronique. Pareillement, dans la même édition du Dictionnaire de l’Académie française, nous pouvons lire cette précision : “On dit absolument, la gauche, pour indiquer la localisation dans un bâtiment : le Parlement tient la droite, et la Chambre des Comptes la gauche”. Il n’y a pas de politique ici, d’autant que le Parlement d’antan n’est pas celui de la Révolution. Surtout, le dictionnaire précise, à propos de gauche : “On le dit figurément de ce qui est mal fait et mal tourné. Cet homme a l'esprit gauche. Ce garçon est grand, mais il est mal bâti, il est gauche”. Bien ou mal tournée, pourquoi est-il possible de dire que la Révolution a inventé la gauche, en politique ? 

Si l’on en croit Philippe Buchez et Pierre-Célestin Roux-Lavergne, qui relatent l’événement dans leur Histoire parlementaire de la Révolution française publiée entre 1834 et 1838, c’est le 28 août 1789 que la vie politique française bascule. Alors que les députés de l’Assemblée constituante sont amenés à débattre des pouvoirs du monarque, ceux en faveur du droit de veto du roi prennent tous place à droite du président ; ceux en défaveur, à gauche. S’il ne s’agit alors que de faciliter le comptage des votes, qui se fait par assis et levés, les conséquences de cette répartition spatiale se font sentir encore aujourd’hui.  

Publicité

La Révolution a-t-elle “inventé” la gauche et la droite en politique ? Le club des Jacobins peut-il être considéré comme le premier parti politique moderne ? Comment l’héritage de la Révolution façonne-t-il la gauche française du XIXe siècle ? Nous en parlons ce matin avec nos invités...

Avec Michel Biard, docteur de l’Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, il enseigne actuellement à l’Université de Rouen Normandie. Historien spécialiste de la Révolution Française, il a publié de nombreux ouvrages sur ce sujet dont La Liberté ou la mort. Mourir en député. 1792-1795 (Taillandier, 2015),  La Révolution hantée. Enfers fantasmés et Révolution française (Vendémiaire, 2017) et, avec Marisa Linton, Terreur ! La Révolution française face à ses démons (Armand Colin, 2020).  

Et Gilles Candar, président de la Société d'études jaurésiennes et responsable de l’édition des oe_uvres_ de Jean Jaurès aux éditions Fayard. Auteur notamment de Édouard Vaillant, l'invention de la gauche (Armand Colin, 2018) et, avec Frédéric Worms,  Jean Jaurès, Qu'est-ce que le socialisme ? Une leçon de philosophie (Fayard, 2019).  

La Révolution n'invente pas la gauche au sens politique où nous l'entendons aujourd'hui, en revanche, elle invente la polarisation politique au sein d’une assemblée. Michel Biard

Sons diffusés :

  • Extrait du film La révolution française de Robert Enrico (1989).  
  • Lecture par Marc-Henri Boisse d’une allocution de Pierre Victurien Vergniaud (1753-1793) girondin, adressée à ses confrères de la Convention. 
  • Archive - 10/10/1964 – La caméra explore le temps - Saison 8 - La Terreur et la vertu : Danton.  
  • Archive – 19/05/1961 - Heures de culture française - Pierre Paraf, écrivain et journaliste évoque la figure du comte de Saint-Simon (1760 – 1825).  
  • Archive – 26/03/1957 - RTF – Tribune de Paris - Joseph Paul-Boncour, avocat, évoque le discours de Jaurès sur les États-Unis. 
  • Archive – 04/01/1950 - Une fin de siècle 1890-1900 - Vérités et chimères. Octave Mirbeau critique le socialisme.  
  • Musique – Johnny Halliday - Dansons la carmagnole. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.