Première descente en parachute par André Jacques-Garnerin en 1797.
Première descente en parachute par André Jacques-Garnerin en 1797. ©Getty - Pictures from History/Universal Images Group
Première descente en parachute par André Jacques-Garnerin en 1797. ©Getty - Pictures from History/Universal Images Group
Première descente en parachute par André Jacques-Garnerin en 1797. ©Getty - Pictures from History/Universal Images Group
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Anouchka Vasak explore l’année 1797, moment où la tempête révolutionnaire laisse place à un ciel de traîne, année entre deux eaux, du crépuscule de l’ancien monde à l’aurore d’un monde nouveau.

Avec
  • Anouchka Vasak Spécialiste de la littérature du XVIIIe siècle, co-responsable du réseau et séminaire "perception du climat" à l'École normale supérieure

Et maintenant ? Le temps serait-il à l’incertitude ? C’est une histoire qui ressemble à un inventaire à la Prévert, avec un parachute, des nuages, un enfant sauvage, quelques orages et sans doute un coup de tonnerre, une Chartreuse de Parme et la bataille de Rivoli ! D’ailleurs, quel temps aurons-nous, en 1797 ?

Penser l'histoire de la Révolution française... en mille gouttelettes

Dans l’après-coup de la période qu’on appelle Révolution française, la métaphore météorologique ne se réfère pas seulement au temps qu’il fait, ni à la science qui en prévoit les variations.

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"Anouchka Vasak envisage la science des météores comme un modèle pour penser l’histoire en mille gouttelettes. Première apparition de l’enfant sauvage de l’Aveyron, mise en question des classifications en psychiatrie comme en biologie, nouvelles images mobiles, de plein air, exploration des monstres, nouveau regard sur les 'grands hommes' des Lumières alors que des femmes s’enracinent sur la scène publique et politique, pulvérisation de la représentation du paysage et de la subjectivité… Autant de stations dans les marges de la grande histoire pour observer les passages insensibles, glissements, rémanences ou résistances de l’histoire culturelle française et européenne, au croisement de la science, de l’esthétique et de la littérature. Sans remettre en question la formidable rupture que représente l’'orage' révolutionnaire, il s’agit d’interroger le concept de révolution et la notion d’événement historique. Tout comme les masses d’air ou les nuages se déplacent de proche en proche."
(Résumé par l'éditeur Anamosa de l'ouvrage 1797, pour une histoire météore d'Anouchka Vasak)

Anoushka Vasak, spécialiste de la littérature du XVIIIe siècle, évoque son intérêt pour l'année 1797 : "c'est une année qui m'a paru intermédiaire, sans pour autant être une année ordinaire ou une année anonyme. C'est une année entre deux eaux et c'est cette idée qui m'a intéressée pour éprouver ce modèle météore, pour voir comment l'on passe d'un moment à un autre."

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La météo influence-t-elle le cours de l'histoire ?

Dans son ouvrage 1797, une histoire météore, Anoushka Vasak questionne et explore l'influence du temps sur les évènements historiques : "Nous pouvons penser la perception du temps qu'il fait dans les campagnes, avec les paysans qui sont tributaires du temps à cette époque-làJe pense qu'un événement historique peut sans doute ne pas avoir lieu s'il y a une pluie diluvienne. Je me suis demandée si la prise de la Bastille aurait eu lieu le 14 juillet 1789, s'il y avait eu un orage et de la grêle comme il y en a eu le 13 juillet 1788. Je crois que l'on est aussi dépendant du temps qu'il fait pour les grands événements historiques."

Le vocabulaire météorologique aide à penser l'histoire : "De temps en temps, il y a une grosse perturbation, un véritable événement météorologique que l'on appelle 'orage'. Les orages sont de type local, tandis que l'on voit venir les tempêtes de beaucoup plus loin. D'une certaine façon, le coup d'état du 18 brumaire est une tempête qui est venue de très loin. C'est d'ailleurs très souvent sous la métaphore de l'orage que l'on parle de la prise de la Bastille."

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Pour en parler

Anouchka Vasak est spécialiste de la littérature du XVIIIe siècle, co-responsable du réseau et séminaire "Perception du climat" à l'École normale supérieure. 
Elle a notamment publié :

Références sonores

  • Archive du sketch la Météo : Michel Cardoze des Inconnus
  • Archive du poète Yves Bonnefoy, ORTF, 1974
  • Archive sur le traité de Campo-Formio lors de la première campagne d'Italie, ORTF, 1969
  • Chanson Il pleut bergère de Serge Kerval, 1996
  • Archive sur la fantasmagorie de Robertson dans Les Nuits magnétiques, France Culture, 1994
  • Extrait du film L'Enfant sauvage de François Truffaut, 1970
  • Archive de Curd Jürgens et sa découverte des peintures de William Turner dans Le Musée imaginaire, 1975

Générique de l'émission : Origami de Rone

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