1943 Varsovie, Pologne. Photo prise par un commandant du S.S. Un rapport à ses supérieurs a été présenté lors des procès de Nuremberg comme preuve du terrorisme nazi dans la capitale polonaise.
1943 Varsovie, Pologne. Photo prise par un commandant du S.S. Un rapport à ses supérieurs a été présenté lors des procès de Nuremberg comme preuve du terrorisme nazi dans la capitale polonaise.
1943 Varsovie, Pologne. Photo prise par un commandant du S.S. Un rapport à ses supérieurs a été présenté lors des procès de Nuremberg comme preuve du terrorisme nazi dans la capitale polonaise. ©Getty -  Bettmann
1943 Varsovie, Pologne. Photo prise par un commandant du S.S. Un rapport à ses supérieurs a été présenté lors des procès de Nuremberg comme preuve du terrorisme nazi dans la capitale polonaise. ©Getty - Bettmann
1943 Varsovie, Pologne. Photo prise par un commandant du S.S. Un rapport à ses supérieurs a été présenté lors des procès de Nuremberg comme preuve du terrorisme nazi dans la capitale polonaise. ©Getty - Bettmann
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Résumé

Sur les 3 500 000 juifs que comptait la Pologne en 1939, 90 % furent exterminés. Dès lors, comment se déroula la « libération » des camps nazis en Pologne ? Quelle fût la responsabilité des Polonais dans ce crime de masse et celle-ci est-elle clairement reconnue par le gouvernement polonais actuel ?

avec :

Jean-Charles Szurek (Sociologue, directeur de recherche au CNRS et auteur), Iannis Roder (professeur d'histoire-géographie dans un collège à Saint-Denis, responsable des formations au mémorial de la Shoah et directeur de l'Observatoire de l'éducation de la Fondation Jean-Jaurès), Audrey Kichelewski (Maîtresse de conférences en histoire contemporaine. Chercheuse associée au Polish Center for Holocaust Studies (Académie polonaise des Sciences).).

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Tannhäuser , Lohengrin, la Walkyrie : est-ce qu’écouter trop Wagner donne envie d’envahir la Pologne ? Woody Allen l’affirme avec beaucoup d’humour dans son film Meurtre mystérieux à Manhattan : « Quand j’écoute trop Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne ! ». Il n’est pas besoin d’écouter Wagner pour se rendre en Pologne. Là, que ressent-on quand une jeune violiste, à la nuit tombée, jour un morceau venu de la tradition yiddish sur une petite place du quartier juif de Kazimierz, l’ancien ghetto de Cracovie ? Une émotion que je n’oublierai jamais. Enfin, qu’entend-on en allant sur le site du camp d’Auschwitz ? Le silence ? Non… aujourd’hui, sur ce lieu de la mort, nous entendons le chant des oiseaux. 

Nous recevons ce matin Audrey Kichelewski, maîtresse de conférence en histoire contemporaine, chercheuse associée au Polish Center for Holocaust Studies (Académie polonaise des Sciences) ainsi que Jean-Charles Szurek, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la Pologne et des relations judéo-polonaises, ils ont dirigé ensemble l’ouvrage Les Polonais et la Shoah : une nouvelle école historique, paru aux éditions du CNRS, en 2019 

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Les Juifs en Pologne constituaient une minorité dite nationale. C'était ainsi qu'ils étaient dénommés avant la guerre, au même titre que la minorité allemande, lituanienne, ukrainienne, etc. Et de fait, dans la place qu'ils occupaient avant la guerre, ils n'étaient pas véritablement considérés comme des citoyens à part entière. Ils faisaient l'objet de tout un tas de discriminations bien avérées. Ça s'est évidemment aggravé avec l'occupation et la situation de guerre. Et après guerre, il n'y a pas de réflexion spécifiquement sur la place des Juifs dans la nouvelle Pologne. Audrey Kichelewski

La découverte du livre de Yann Gross a suscité un débat national avec un acte de repentance nationale qui a eu lieu le 10 juillet 2001 avec la présence du président de la République de l'époque sur les lieux du massacre. Et cette vérité de Yann Gross a mis dix ans à se frayer en Pologne. Ses autres publications enfoncer le clou si je peux, si je puis dire, les publications des colloques polonais également. Mais parallèlement, il y avait une réflexion menée par la droite nationaliste polonaise qui récusait ces avancées historiographiques et historiques en proposant le vieux récit. Et c'est ce vieux récit qui est revenu aujourd'hui, le vieux récit de la période communiste. Ils sont un peu les héritiers des Soviétiques, d'une certaine façon. Jean-Charles Szurek

En 1989 l'Education nationale intègre la Shoah, comme un objet à part entière, dans les programmes du secondaire. Trente ans plus tard, 21% des Français âgés de 18 à 24 ans disent ne jamais avoir entendu parler du génocide des juifs. Pourquoi un tel échec, et dès lors, comment enseigner la Shoah aujourd’hui ? Pour en parler nous recevons Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie dans un collège en Seine-Saint- Denis. Responsable des formations au Mémorial de la Shoah, directeur de l’Observatoire de l’éducation à la fondation Jean Jaurès. Il vient de faire paraître chez Odile Jacob Sortir de l'ère victimaire. Pour une nouvelle approche de la Shoah et des crimes de masse.

Si on se contente de l'émotion ou du compassionnel, on va entrer, et on va provoquer même, la concurrence mémorielle qui est en fait une concurrence victimaire. Aujourd'hui, certains considèrent qu'être victime, c'est un statut social et cela donnerait accès à des droits, tout cela est un peu fantasmé en réalité, mais c'est une vision des choses qui existe. Si vous voulez on entend "pourquoi les juifs et pourquoi pas nous ?" C'est quelque chose qui est important et qu'on entend très régulièrement, en classe comme ailleurs. Il faut donc travailler sur l'histoire, faire de l'histoire politique et d'abord travailler sur les bourreaux. Et c'est parce qu'on a travaillé sur les bourreaux, sur l'idéologie, sur les processus politiques que les élèves peuvent mettre la main à la pâte et travailler sur l'histoire d'individus qui ont traversé tragiquement cette période_._ Iannis Roder

Sons diffusés : 

Lecture par Olivier Martinaud : extrait de l'ouvrage Les Voisins, de Jan Tomasz Gross, Fayard

Musique : 

  • Bande Originale du film Gone Girl par Trent Reznor et Atticus Ross 
  • Chanson Ver klapt es par Adrienne Cooper et Zalmen Mlotek

Archives : 

  • « Gomulka » dans Les Actualités Françaises, 1956
  • « Pologne » dans Les Actualités Françaises, 12/09/1967

Extraits de films : 

  • Ida de Pawel Pawlikowski 
  • Les héritiers de Marie-Castille Mention-Schaar