"L'assassinat de Madame Japy", Le Petit Parisien du 14/06/1908 et "Lutte entre un policier et un patient évadé d'un hôpital de Manhattan", Le Petit Journal Illustré du 13/10/1929.
"L'assassinat de Madame Japy", Le Petit Parisien du 14/06/1908 et "Lutte entre un policier et un patient évadé d'un hôpital de Manhattan", Le Petit Journal Illustré du 13/10/1929.
"L'assassinat de Madame Japy", Le Petit Parisien du 14/06/1908 et "Lutte entre un policier et un patient évadé d'un hôpital de Manhattan", Le Petit Journal Illustré du 13/10/1929. ©Getty
"L'assassinat de Madame Japy", Le Petit Parisien du 14/06/1908 et "Lutte entre un policier et un patient évadé d'un hôpital de Manhattan", Le Petit Journal Illustré du 13/10/1929. ©Getty
"L'assassinat de Madame Japy", Le Petit Parisien du 14/06/1908 et "Lutte entre un policier et un patient évadé d'un hôpital de Manhattan", Le Petit Journal Illustré du 13/10/1929. ©Getty
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Résumé

La presse du XIXe siècle a bien compris la fascination pour les faits divers qui brisent les codes sociaux et régalent nos instincts voyeurs. Ces évènements se racontent au gré des évolutions de la justice, des méthodes d'enquête et de nos sensibilités.

avec :

Laetitia Gonon (Maîtresse de Conférences en langue et stylistique françaises à l’Université Rouen Normandie), Marie-Eve Thérenty (Professeure de littérature française et directrice du centre de recherche RIRRA21 à l’université de Montpellier 3.).

En savoir plus

Faits divers, la fabrique d’une obsession… Lisons le quotidien La Presse le 17 juin 1891, évidemment dans la rubrique faits divers : « Des malfaiteurs ont essayé de pénétrer, la nuit dernière, dans l’église de l’Assomption, au n° 263 de la rue Saint-Honoré. Ils ont fait, à l’aide d’une pince-monseigneur, des pesées sur les portes et n’ont pu s’emparer que d’un reliquaire en zinc ». L’histoire ne dit pas s’ils ont été fêter leur échec en allant boire un verre, sur le zinc. Pourquoi cette fascination pour les faits divers ? Sans doute parce qu’il y a une histoire, de l’incongru, parfois de l’humour, et un procédé narratif efficace. Xavier Mauduit

L’été 2020 a été marqué par les mesures sanitaires, mais aussi par la parution de deux numéros spéciaux de la revue Society consacrés à “l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès, ou comment la traque de cet homme qui a assassiné sa famille s’est transformée, en presque dix ans, en un labyrinthe de fausses pistes, d’impasses, de coïncidences troublantes, d’espoirs déchus et de drames secrets”. Les chiffres de vente, à faire pâlir un secteur en perte de vitesse, témoignent de le intérêt toujours vif pour le fait divers et l’enquête policière.

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Pour comprendre d’où vient cette passion française, il faut regarder d’abord les années 1860 et l’expansion de la presse écrite, et les années 1930 et le rapport trouble que la profession entretient alors avec la vérité et le réel. Pourquoi le genre journalistique du fait divers prend-il un tel essor au XIXe siècle ? Quels liens entretient-il avec la fiction et la littérature ? Et comment ce genre, sa grammaire, ses dispositifs narratifs, ont-ils durablement marqué en retour la littérature et l’enquête policière ? Nous en parlons avec nos invitées...

Avec Marie-Ève Thérenty, professeure de littérature française et directrice du centre de recherche RIRRA21 à l’Université de Montpellier 3. Elle est notamment l'autrice de La Littérature au quotidien. Poétiques journalistiques au XIXe siècle (Seuil, 2007), coautrice avec Amélie Chabrier de Détective, fabrique de crimes (éditions Joseph K, 2017). Elle a codirigé La Civilisation du journal. Histoire culturelle et littéraire de la presse française au XIXe siècle (Nouveau Monde Éditions, 2012) et Masculin/Féminin dans la presse du XIXe siècle (Presses Universitaires de Lyon, 2021). 

Et Laetitia Gonon, maîtresse de Conférences en langue et stylistique françaises à l’Université Rouen Normandie. Elle est notamment l'autrice de Le Fait divers criminel dans la presse quotidienne française du XIXe siècle (Presses Sorbonne Nouvelle, 2012). Elle publie cette année les articles : “Les corps violentés : victimes et cadavres dans le fait divers criminel du XIXe siècle », dans Ch. Planté, M.-È. Thérenty, I. Matamoros dir., Masculin/Féminin dans la presse du XIXe siècle, Presses Universitaires de Lyon et « Centrale de police, quelle est votre urgence ? Le style américain du bestseller francophone contemporain » dans Belphégor. Littératures Populaires et culture médiatique. 

C'est en 1838 que l'on a pour la première fois dans la presse cette colonne de "petits faits" mais, le fait divers a une bien plus longue histoire liée aux canards des siècles précédents. Ces histoires sur des brochures que l'on se passait et aussi que l'on se transmettait oralement car il y a toute une tradition orale que l'on peut retrouver sous l'Ancien Régime. Marie-Ève Thérenty

Le magazine Détective, c'est à la fois l'héritage du reportage de faits divers qui se met en place dans la deuxième moitié ou dans le dernier tiers du XIXe siècle et une façon d'appréhender le crime non plus en se fondant sur les rapports de police qu'on coupe, qu'on découpe ou qu'on reproduit, mais par l'enquête de terrain. C'est cela qui va faire la fortune de Détective. L'enquête de terrain et la sensibilité des auteurs qui eux-mêmes ont des contacts dans ce monde-là. C'est donc une vision à la fois de l'intérieur, avec quelqu'un qui serait presque acteur, et celle du journaliste. Donc il y a ces deux facettes qui caractérisent d'ailleurs l'écrivain reporter : l'objectivité qui veut qu'on rende compte des crimes avérés et la subjectivité du reporteur qui tend à créer de l'émotion chez le lecteur. Laetitia Gonon

Sons diffusés :

  • Lecture par Sandy Boizard du rendu d'audience du tribunal correctionnel de Tulle du 20/10/1980 dans La dépêche de Toulouse et d'un fait divers dans le quotidien Le Rappel du 25/12/1893. 
  • Archive INA - Joseph Kessel évoque ses débuts dans le journalisme. 
  • Lecture par Sandy Boizard de la profession de foi du magazine Détective, 01/11/1928. 
  • Archive - 07/03/2006 - Café bazar - Les faits divers - Marjolaine Caron et Louis Bachelot parlent de leur métier d'illustrateur pour le magazine Détective
  • Archive - 02/02/1958 - À la recherche de Maigret - ITW d commissaire Massu qui inspire à Georges Simenon le personnage du commissaire Maigret. 
  • Archive - 05/06/1959 - Cinq colonnes à la une - ITW des journalistes de Détective qui ont permis d'arrestation du meurtrier d'Arlette Donier. 
Références

L'équipe

Xavier Mauduit
Production
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Eric Lancien
Réalisation
Odile Joëssel
Collaboration
Marion Dupont
Collaboration
Milena Aellig
Réalisation
Maïwenn Guiziou
Production déléguée