La photographe Sabine Weiss chez elle - © Peter Adams
La photographe Sabine Weiss chez elle - © Peter Adams
La photographe Sabine Weiss chez elle - © Peter Adams
Publicité
Résumé

Sabine Weiss a fait œuvre de photographe pour "conserver l'éphémère, fixer le hasard et garder en image ce qui va disparaître." Juste avant de disparaître, elle nous recevait chez elle à Paris. Rencontre avec celle dont les photographies font histoire.

avec :

Sabine Weiss (Photographe).

En savoir plus

Fou d’histoire, pour donner la parole à ceux et à celles qui ne sont pas historien, qui ne sont pas historienne, mais qui portent un regard sur le passé. Fou d’histoire et folle d’histoire avec Sabine Weiss : sublime photographe, disparue le 28 décembre 2021.

Son nom est associé à ceux de Robert Doisneau et de Willy Ronis ; elle a marqué un siècle de l’histoire de la photo (sans blague, Sabine Weiss est née en 1924). Elle nous offre des œuvres à l’esthétique remarquable, des documents qui nous parlent de notre passé et qui nous rendent fous d’histoire. Nous l'avons rencontrée chez elle, peu de temps avant sa disparition. Sabine Weiss nous avait dit : "Venez, j’ai quatre-vingt-dix-sept ans, ça ce n’est pas un souci… En revanche, j’ai une petite bronchite !"

Publicité

Photographier pour conserver l'éphémère

Née en Suisse en 1924, Sabine Weiss traverse le siècle un appareil photo à la main. Pendant soixante-dix ans, elle consacre ses journées à photographier des vitrines de magasin, des publicités en tout genre, des défilés de mode ou des personnalités pour la presse illustrée.

"J'ai travaillé à Genève avant de me lancer par mes propres moyens, se souvient la photographe. J'ai fait un apprentissage dans une maison qui fêtait ses quatre-vingts ans quand j'y suis entrée. À l'époque, on ne photographiait pas les clochards mais les montagnes de Suisse. On faisait de la varappe pour accéder à des choses que les gens ne voyaient pas".

Arrivée à Paris, Sabine Weiss se promène la nuit et se plonge dans une recherche photographique plus personnelle. Elle observe la ville et les gens qui la peuplent. Elle capte des instants de vie : des enfants qui jouent dans un terrain vague au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des personnes sans abri dans les rues de Paris, des silhouettes en contrejour dans un couloir de métro.

Porte de Vanves, Paris, 1951
Porte de Vanves, Paris, 1951
- © Sabine Weiss
Paris, 1950
Paris, 1950
- © Sabine Weiss
Paris, 1954
Paris, 1954
- © Sabine Weiss

Garder en image le passé

"Quand Edward Steichen est venu à Paris, il a demandé à me voir et m'a engagée pour une grande exposition qu'il organisait, The Family of Man (en 1954, ndlr). L'exposition rassemblait des photographes d'Europe qui montraient des clichés sur l'amitié et l'amour" raconte Sabine Weiss.

"J’ai toujours vu la photo comme une manière de faire exister les gens, surtout les désœuvrés" explique la photographe qui s'intéresse à celles et ceux qui ne sont pas les héros des livres d'histoire.

Espagne, 1954
Espagne, 1954
- © Sabine Weiss
Saintes-Maries-de-la-Mer, 1960
Saintes-Maries-de-la-Mer, 1960
- © Sabine Weiss

Sabine Weiss a traversé le XXe siècle et ses clichés sont devenus, aujourd'hui, les documents d'une histoire humaine. Quelques semaines avant son décès, la photographe recevait l'équipe du Cours de l'histoire chez elle à Paris, à deux pas du Bois de Boulogne, dans son salon aux airs de cabinet de curiosité.

"Je suis d'une famille bourgeoise où on aimait les objets, commente-t-elle. Chez mes grands-mères, il y avait de jolis objets qui m'envahissent un peu aujourd'hui. On aimait beaucoup les arts. Mon grand-père a fait beaucoup travailler un grand peintre suisse qui s'appelait Ferdinand Hodler. (...) J'aime bien garder, comme vous voyez, ce qui va disparaître."

Sabine Weiss et Xavier Mauduit
Sabine Weiss et Xavier Mauduit
- Maïwenn Guiziou

Notre invitée

Sabine Weiss est photographe. Elle est l’une des principales représentantes de la photographie humaniste française aux côtés de Robert Doisneau, Willy Ronis, Janine Niépce ou encore Jean Dieuzaide. Elle a appartenu à l'agence Rapho. Sabine Weiss a collaboré avec de grands magazines comme Vogue, le New York Times Magazine, Life, Newsweek, Paris Match, ou Holiday.

Les photographies de Sabine Weiss ont fait l'objet de nombreuses expositions dans le monde et font partie des collections de grands musées comme le MoMa (Museum of Modern Art) et le Metropolitan Museum of Art à New York, Centre Pompidou à Paris, le Museum of Modern Art de Kyoto. En France, parmi les expositions qui lui sont consacrées, on peut citer l'exposition Sabine Weiss, Les Villes, la rue, l'autre au Centre Pompidou à Paris en 2018 et la rétrospective que lui consacre le Musée du Jeu de Paume en 2016 au Château de Tours.

Pour aller plus loin

Sons diffusés pendant l'émission

  • Archive de Hugh Weiss dans l'émission Chambre noire - RTF, 1965
  • Archive sur la collection d'automne de Christian Dior - Les Actualités françaises, 1951
  • Musique Le Boogie de Paris par Jacques Hélian, 1946
  • Musique du film Mon oncle de Jacques Tati, 1958
  • Archive de l'élection Miss Cover Girl - Les Actualités françaises, 1952
  • Archive de Raymond Grosset, directeur de l'agence Rapho, dans l'émission Chambre noire - RTF, 1964
  • Archive de Robert Doisneau dans l'émission Chambre noire - RTF, 1964
  • Archive d'une scène de genre à Paris - Les Actualités françaises, 1953
  • Archive de Roland Barthes dans l'émission Recherche de la France - RTF, 1962
Références

L'équipe

Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Production
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Jeanne Delecroix
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Marion Dupont
Collaboration
Maïwenn Guiziou
Production déléguée
Clément Nouguier
Réalisation
Anna Grumbach
Collaboration