Leçon du roi Louis XV enfant par le Cardinal Fleury en présence du Régent Philippe II duc d'Orléans
Leçon du roi Louis XV enfant par le Cardinal Fleury en présence du Régent Philippe II duc d'Orléans ©Getty - Josse / Leemage / Corbis - Getty
Leçon du roi Louis XV enfant par le Cardinal Fleury en présence du Régent Philippe II duc d'Orléans ©Getty - Josse / Leemage / Corbis - Getty
Leçon du roi Louis XV enfant par le Cardinal Fleury en présence du Régent Philippe II duc d'Orléans ©Getty - Josse / Leemage / Corbis - Getty
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De la cour des Valois à celle des Bourbons, l'éducation des jeunes princes est une préoccupation majeure à partir de la Renaissance. Il s'agit de déterminer les savoirs, utiles à la vie civique, que doivent acquérir les futurs gouvernants.

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Comment éduquer un petit prince pour qu’il devienne un bon roi ? Toute l’attention est fixée sur cet enfant : le fils du souverain, car c’est lui qui un jour peut monter sur le trône. Le fils du roi est appelé à régner… araignée ? Non, il est un dauphin !

Bien entourer les petits princes

Comment éduquer un prince pour en faire un bon roi ? Voilà l’épineuse question qui va occuper les savants et intellectuels de la Renaissance et du Grand Siècle. De la cour des Valois à celle des Bourbons, la question de l’éducation princière prend en effet une importance grandissante à partir du XVIe siècle, à l’heure où les vertus et la religion ne suffisent plus pour régner. Gouverneur, précepteur, sous-précepteurs et maîtres divers entourent désormais le prince et ses cousins, pour lui distiller des apprentissages et des savoirs considérés utiles pour bien gouverner.

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L’historienne Sylvène Édouard explique que "le précepteur a un rôle multiple. Il peut devenir un substitut du père, comme François des Moulins de Rochefort pour François Ier. Le précepteur peut aussi être une figure qui donne l'exemple. Il est donc très important de choisir un précepteur qui présente une grande moralité et une droiture."

Toute une organisation qui structure les journées des petits princes se met en place à la cour des Bourbons. De la naissance jusqu'aux sept ans, ce sont de grandes princesses, très instruites, qui ont le rôle de gouvernante. Elles doivent notamment veiller à la bonne santé des enfants, à une époque où le taux de mortalité infantile est élevé. "Le passage aux hommes est mis en place chez les Bourbons, relève l'historienne Pascale Mormiche. On estime que, comme le futur roi va passer sa vie avec des ministres hommes, il faut que ce soit des hommes qui l'instruisent."

Bien former les futurs rois et reines

À quoi ressemblent, dès lors, les journées du prince ? Est-il entouré d’enfants ou mêlé aux adultes ? D’hommes ou de femmes ? À quel âge commence son apprentissage ? Participe-t-il aux cérémonies religieuses, aux fêtes, à la guerre ? Est-il parfois châtié ? Et comment son éducation reflète-t-elle l’idéal souverain de son époque ?

Les savoirs enseignés aux petits princes sont à la fois historiques, religieux et physiques. La connaissance historique a valeur d'exemple. La religion est omniprésente, la prière et les messes quotidiennes, au point que certains princes rêvent en latin. L'activité physique est également fondamentale.  "Les petits princes courent beaucoup, souligne Pascale Mormiche. On leur apprend la chasse aux lièvres, par exemple, qui suppose des kilomètres courus dans la campagne. Ils jouent à la paume et font de l'escrime tous les jours. C'est un apprentissage où l'enfant doit accepter de perdre. C'est donc aussi un dressage de comportement." Cette préparation physique se couple à une éducation militaire. "Ils apprennent à se battre en imitant des romans de chevalerie", explique Sylvène Édouard.

L'éducation des jeunes princesses n'est pas en reste. "Les femmes, comme les hommes, doivent savoir tenir leur rang. Cela veut dire exprimer la grâce qui est inhérente à cette dignité : savoir danser, monter à cheval, être agile, gracieuse", précise Sylvène Édouard. Elles sont souvent amenées à apprendre des langues étrangères. En effet, Pascale Mormiche note qu’elles vont être reines à l'étranger. Elles vont donc exporter la culture française et le mode curial. Leur parfaite éducation les destine à continuer des relations diplomatiques avec la Cour de France et à former elles-mêmes leurs enfants.

La Fabrique de l'Histoire
53 min

Intervenantes

Sylvène Édouard est agrégée, docteure en histoire et maîtresse de conférences en histoire moderne à l'Université Lyon 3. Elle est habilitée à diriger des recherches et membre du laboratoire LAHRA. Elle a notamment publié :

Pascale Mormiche est historienne agrégée et docteure en histoire moderne, enseignante à CY Cergy Paris Université, à l’École supérieure du professorat et de l'éducation de Versailles et à l'agrégation interne à l'Université de Nanterre. Elle appartient à l'équipe de recherche "Dynamiques Patrimoniales et Culturelles" (DYPAC) de l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Elle a notamment publié :

Références sonores

  • Archive de la fiction radiophonique Flore et Blancheflore de Jean Prat avec Philippe Noiret dans le rôle du roi - ORTF, 24 décembre 1961
  • Extrait de Gargantua de Rabelais
  • Lecture du portrait de Mme de Montausier lors de son éloge funèbre, en 1671, par Fléchier, lu par Olivier Martinaud
  • Musique "Je voudrais déjà être roi", extrait de la bande originale du film Le Roi lion - Label : Walt Disney Records
  • Archive du Révérent Père Riquet et l’avocat Joseph Paul-Boncour à propos de l'éloquence dans l'émission Tribune de Paris - RDF, 26 mars 1957
  • Extrait du film Louis, enfant roi de Roger Planchon, 1993

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