La BD est-elle un outil pédagogique ? - @Jérémie Foa et Pochep Editions La Découverte-La Revue dessinée
La BD est-elle un outil pédagogique ? - @Jérémie Foa et Pochep Editions La Découverte-La Revue dessinée
La BD est-elle un outil pédagogique ? - @Jérémie Foa et Pochep Editions La Découverte-La Revue dessinée
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Résumé

Si le dessin a toujours servi à diffuser largement des événements historiques, il est devenu un outil convaincant pour toucher un large public. Comment raconter l’histoire à l’aide de bulles de BD ? Au-delà d’un nouveau lectorat, qu’apporte le dessin à l’historien ?

avec :

Jérémie Foa (Maître de conférences HDR en histoire moderne à Aix-Marseille université, au laboratoire TELEMMe), Valérie Theis (Professeure d'histoire du Moyen Âge à l’ENS).

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Voici de bien belles images, en couleur, pour apprendre l’histoire aux enfants. De 1904 à 1936, Les Belles images est le titre d’une publication illustrée pour enfant, publiée par la librairie Arthème Fayard. S’agit-il d’une bande dessinée ? Disons que nous nous en approchons : la page est recouverte de dessins sous lesquels se trouve un texte explicatif. L’héritage des images d’Épinal est flagrant. Dans chaque numéro, à côté des histoires drôles et des récits d’aventure, quelques planches sont réservées à l’histoire. Ainsi, le 9 août 1906 il est question de la folie du roi Charles VI, du duc de Bourgogne et du Bal des Ardents quand, en 1393, une fête se transforme en tragédie. Dans le numéro du 23 décembre 1909, les jeunes lecteurs découvrent la Saint-Barthélemy, le massacre des protestants par les catholiques à Paris en 1572 : « On raconte que le roi Charles IX, surexcité par la vue du sang, tira lui-même d’une fenêtre du Louvre, mais le fait n’est pas prouvé ».  Toucher un jeune public ou un large public est une chose, respecter la rigueur historique en est une autre, mais parfois, les deux sont à l’unisson, avec toujours de belles images. (Xavier Mauduit)

Peut-on apprendre l’histoire en lisant les aventures d’Alix, de Lucky Luke ou d’Astérix et Obélix ? 

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C’est le défi que s’est lancé une nouvelle génération d’historiens à l’origine de la série "Histoire Dessinée de la France", publiée par les Éditions La Découverte en partenariat avec La Revue Dessinée

28 min

À travers vingt tomes, ces historiens souhaitent présenter les méthodes, les enjeux et les résultats de leurs recherches pour donner envie au grand public de lire des livres d’histoire. 

Toutefois, raconter l’histoire en bande-dessinée impose un nouveau mode de réflexion et d’expression. Comment transposer un travail scientifique en images et qu’apporte à l’historien la mise en image de ses recherches ?

Pour comprendre l’apport de la bande dessinée, nous recevons deux historiens qui ont participé à la collection “Histoire dessinée de la France”.

Jérémie Foa, maître de conférences en histoire moderne à l'Université d'Aix-Marseille (laboratoire TELEMME). Il est le co-auteur de la BD historique Sacrées guerres (La Découverte/La Revue Dessinée, 2020).

Valérie Theis, professeure d'histoire du Moyen Âge à l’ENS, co-autrice de la BD historique À la vie, à la mort - Des rois maudits à la guerre de Cent Ans (La Découverte/La Revue dessinée, 2019).

La BD et les livres d’Histoire ne s’adressent pas à un public similaire. Alors qu’au lancement de la collection, nous avions imaginé attirer un lectorat adulte avec des connaissances initiales, c’est un public jeune qui s’approprie majoritairement ces ouvrages dessinés. (Valérie Theis)

La BD intéresse un lectorat plus large car on voyage dans le temps à partir de références contemporaines. Le dessin permet une mise à distance et le grossissement de certains faits historiques d’hier pour réfléchir à notre imaginaire d’aujourd’hui. (Jérémie Foa)

@Valérie Theis et Sophie Guerrive La Découverte-La Revue dessinée
@Valérie Theis et Sophie Guerrive La Découverte-La Revue dessinée

Avec le dessinateur, nous avions choisi de mettre davantage le peuple en avant. Le dispositif de la BD permet notamment d’interroger des rescapés de la Saint-Barthélemy et de comprendre qu’il s’agit d’un massacre entre voisins. Les dessins permettent également de mettre un visage sur des personnages oubliés de l’Histoire : ici, les miliciens. (Jérémie Foa)

L’historien n’est pas obligé d’ennuyer les gens lorsqu’il raconte des faits précis. L’humour fait également réfléchir, en particulier sur les discours et les préjugés de l’époque contemporaine par rapport à des périodes historiques méconnus. En cela, la BD offre une plus grande liberté au lecteur pour construire sa représentation et oblige l’historien à synthétiser son propos. (Valérie Theis)

Sons diffusés :

Archive - 29/04/1960 - RTF - Heure de culture française - Les poètes de la mort au XVème siècle.

Archive - 31/07/1978 - France Culture - Les discours de l'Histoire - Michel de Certeau parle de la relation de l'Histoire avec les fables.

Archive - 27/06/1954 - RTF - Quatre images d’Épinal.

Archive - 12/02/1998 - France 3 - Qu'est ce qu'elle dit Zazie ? - Art Spiegelman sur la BD Maus.

Extrait du film La Reine Margot de Patrice Chéreau.

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Références

L'équipe

Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Production
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Marion Dupont
Collaboration
Valentine Lauwereins
Collaboration
Milena Aellig
Réalisation
Nicolas Berling
Collaboration
Emily Vallat
Réalisation
Maïwenn Guiziou
Production déléguée