Détail de Platon et Aristote de l'école d'Athènes par Raphaël
Détail de Platon et Aristote de l'école d'Athènes par Raphaël
Détail de Platon et Aristote de l'école d'Athènes par Raphaël  ©Getty - © Ted Spiegel / CORBIS
Détail de Platon et Aristote de l'école d'Athènes par Raphaël ©Getty - © Ted Spiegel / CORBIS
Détail de Platon et Aristote de l'école d'Athènes par Raphaël ©Getty - © Ted Spiegel / CORBIS
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Résumé

Vivait-on vraiment moins vieux dans l’Antiquité ? A quel âge était-on considéré comme âgé ? Les âges de la vie étaient-ils les mêmes dans le monde grec qu’actuellement ? Nous dressons aujourd'hui le portrait des ancêtres de nos ancêtres.

avec :

Jean-Nicolas Corvisier (Professeur des universités à l’Université d’Artois.), Nadine Bernard.

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Vieillir est une chose, bien vieillir en est une autre. C’est ce qu’a compris Tithon, un prince troyen, une figure de l’Antiquité qui apparaît chez Homère. Tithon est amoureux d’Éos, la déesse de l’aurore, et Éos aime Tithon. Pour son doux prince, elle demande à Zeus l’immortalité : elle veut profiter de son amant le plus longtemps possible. Hélas, Éos est distraite : en demandant l’immortalité pour Tithon, elle oublie de demander la jeunesse éternelle. Erreur ! Son amoureux vieillit doucement, il perd ses forces, sa vigueur, il dépérit mais ne meurt pas. Eos a pitié de lui et elle le transforme en cigale afin de l’entendre chanter éternellement, un insecte qui se nourrit de la rosée de l’aurore. Vraiment, le destin de Tithon était d’être changé en insecte : en plus d’être cigale, il est devenu mythe !

Dans la première partie de l'émission nous dresserons un portrait de la vieillesse antique en compagnie de Jean-Nicolas Corvisier, ancien professeur à l'université d'Arras, il est notamment le co-auteur de Population de l’antiquité classique, collection Que sais-je, 2000.

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Les étapes de la vieillesse sont perçues par la démographie. On peut considérer qu’il y avait 10% de la population qui avait 60 ans et plus. De même, on peut observer que l’hyper-vieillesse existe, car par tranche d’âge de 100 000 personnes il y avait entre 30 et 60 personnes qui avaient dépassé 90 ans. Donc l’ancienneté chez les anciens existe, mais elle est relativement rare. C’est finalement la mortalité infantile qui fait baisser l’espérance de vie. Ce qui explique que l’éducation commence toujours à 7 ans, car l’âge de raison c’est l’âge auquel on échappe à cette mortalité infantile. Jean-Nicolas Corvisier

Les études faites sur les squelettes tendent à faire croire que la période classique, disons entre le VIe et le IIIe siècle c’est l’âge d’or pour la période grecque et donc la période où il  a le plus de vieillard. Ce qui n’est pas sans influencer sur leur représentation. Si chez Homère la vieillesse est honorée, durant la période classique la vieillesse, très présente, est décriée. Dans le théâtre, Euripide insiste sur une vieillesse « dégoûtante », quant à Aristophane il a tout de même cette phrase définitive : « Les vieux ne servent à rien ». Jean-Nicolas Corvisier

Puis nous ferons un voyage en "terres gérontocides" dans la seconde partie de l'émission avec Nadine Bernard, maîtresse de conférences en histoire grecque à l’université de Rouen, en prenant appuis sur son article « Voyage en terres gérontocides : l’élimination des vieillards comme remède à la vieillesse ? », dans les Cahiers des études anciennes (2018)

Les grecs sont intrigués par ces pratiques, car c’est pour eux à la fois une inversion et une transgression. Une inversion parce que la vie des Troglodytes s’arrête à 60 ans, alors que pour les Grecs la vieillesse commence à 60 ans. Et c’est une transgression parce que pour les Grecs, il existe la « gerotrophia » la loi qui dit queles enfants doivent veiller sur leurs parents lorsqu'ils sont âgés, c’est un échange de bons procédés, car il existe également la « paidotrophia » pour que les parents s’occupent de leurs enfants. Nadine Bernard

Sons diffusés : 

Archive : Emission Architecture et géographie sacrée: du tourisme au pèlerinage par Paul Barba Negra, France 3, le 24/03/1985

Extrait de film : Ulysse de Mario Camerini, 1954

Lectures par Nathalie Kanoui : 

  • L'Iliade, livre II, publié chez Lavigne
  • Bibliothèque historique III 33, 5-6, Diodore de sicile, publié chez Les Belles Lettres
  • Histoires I, 216, Herodote, publié chez Les Belles Lettres

Musiques :

  • Tous des oiseaux : the wind of war par Eleni Karaindrou 
  • Les chibanis par Zebda
  • David – ouverture par Eleni Karaindrou
  • Saturne de Georges Brassens
  • Trojan women – lamentation II par Eleni Karaindrou

Générique de l'émission : Origami de Rone

Rediffusion de l'émission du 24/09/2019, et première diffusion duJournal de l'histoire d'Anaïs Kien en fin d'émission, à réécouter ici : 

À réécouter : Maîtres et serviteurs, pourquoi une telle fascination ?

Références

L'équipe

Xavier Mauduit
Production
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Marion Dupont
Collaboration
Peire Legras
Réalisation
Camille André
Collaboration
Thomas Jost
Réalisation
Anaïs Kien
Production déléguée