Nicolas Fouquet reçoit Louis XIV, roi de France, dans son château de Vaux-le-Vicomte le 17 août 1661. Illustration de Maurice Leloir, collection privée ©Getty - Stefano Bianchetti/Corbis
Nicolas Fouquet reçoit Louis XIV, roi de France, dans son château de Vaux-le-Vicomte le 17 août 1661. Illustration de Maurice Leloir, collection privée ©Getty - Stefano Bianchetti/Corbis
Nicolas Fouquet reçoit Louis XIV, roi de France, dans son château de Vaux-le-Vicomte le 17 août 1661. Illustration de Maurice Leloir, collection privée ©Getty - Stefano Bianchetti/Corbis
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Résumé

Ancien protégé du fastueux mécène Nicolas Fouquet, Jean de La Fontaine, s'il connaît la consécration dans sa carrière poétique, vit également un déclassement social et ne réussit pas à intégrer les services du Roi Soleil.

avec :

Patrick Dandrey (Professeur émérite de littérature française du XVIIe siècle à Sorbonne Université).

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Jean de La Fontaine, une histoire en héritage, avec des fables que nous connaissons par cœur : « Maître Corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage… » ; « Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins… » ; « La Cigale, ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue… » ; « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage… » ; « Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute »… La Fontaine était-il flatteur ? D’où vient l’étrange idée qu’il aurait, dans ses Fables, contesté l’absolutisme de Louis XIV ? La Fontaine le savait : « La raison du plus fort est toujours la meilleure ». 

« La grande fête que Fouquet donne au roi le précipite. Trop de gloire, c'est coûteux. » Patrick Dandrey

Être poète au XVIIe siècle nécessite l’appui de protecteurs et de mécènes, car la condition des gens de lettres dépend de leurs relations au pouvoir : Jean de La Fontaine ne fait pas exception. Entré sous la protection de Nicolas Fouquet en 1658 au château de Vaux-le-Vicomte, La Fontaine découvre et jouit d’une vie mondaine entouré de savants, d’artistes, d’hommes et de femmes de lettres tels Molière, Charles Perrault, ou Madame de Scudéry. Patrick Dandrey, professeur émérite de littérature française du XVIIe siècle, décrit la relation entre La Fontaine et Nicolas Fouquet comme familière. « La Fontaine s'amuse à dire que c'est lui qui est le créancier car il donne des vers. Ce n'est pas une pension financière mais une pension de poésie. » Toutefois en 1661, Nicolas Fouquet se voit mis à mal et condamné à la détention perpétuelle par Louis XIV

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La disgrâce de Fouquet eut pour conséquence que La Fontaine a été considérée comme un opposant au pouvoir royal, fidèle serviteur se cachant derrière la morale des Fables pour formuler une critique acerbe de Louis XIV et de ses courtisans. Patrick Dandrey nuance cette interprétation des célèbres textes du poète. Il raconte que Jean de La Fontaine savait manier l'art de la critique tout comme il pouvait dire du bien et adresser des dédicaces opportunes : « Il a dédié son premier recueil de fables au Dauphin, le fils de Louis XIV qui entrait en période d'éducation, un moment où, justement, il pouvait s'intéresser aux fables. » Que nous dit le cas de Jean de La Fontaine sur la condition des écrivains au XVIIe siècle ? Comment se sont construits les mythes autour de l’opposition entre La Fontaine et Louis XIV ? 

2h 01

Patrick Dandrey est professeur émérite de littérature française du XVIIe siècle à la faculté des Lettres de la Sorbonne (Sorbonne Université) et président de la Société des Amis de Jean de la Fontaine. Il est l’auteur de nombreux travaux sur la littérature française du XVIIe siècle dont La Fabrique des Fables. Essai sur la poétique de La Fontaine (Klincksieck, 1991), La Fontaine ou les métamorphoses d’Orphée (Gallimard, 1995, réédition 2008), Quand Versailles était conté. La cour de Louis XIV par les écrivains de son temps (Les Belles Lettres, 2009), Dix leçons sur le premier recueil des Fables de La Fontaine (1668) (Hermann, 2019) et Trois adolescents d’autrefois. Rodrigue (Le Cid), Agnès (L’École des femmes) et Hippolyte (Phèdre) (Éditions Honoré Champion, 2021).

Références sonores

  • Archive d'une adaptation des Cinq tentations de La Fontaine de Jean Giraudoux par Paul Guth - RTF, 1958
  • Lecture de la fable « Le Renard et l'Écureuil » de Jean de La Fontaine par Vanda Benes
  • Archive de Regards sur l'histoire : Le soleil et l'écureuil - TF1, 1978
  • Archive de Pierre Clarac, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques, dans Les bonnes adresses du passé - ORTF, 1973
Références

L'équipe

Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Production
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Jeanne Delecroix
Collaboration
Laurence Millet
Réalisation
Marion Dupont
Collaboration
Maïwenn Guiziou
Production déléguée
Anna Grumbach
Collaboration