Détail de l'Atlas de cartes marines, dit Atlas catalan, attribué au cartographe juif majorquin Abraham Cresques et réalisé vers 1370-1380 - Abraham Cresques (1325-1387) / Gallica - Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Détail de l'Atlas de cartes marines, dit Atlas catalan, attribué au cartographe juif majorquin Abraham Cresques et réalisé vers 1370-1380 - Abraham Cresques (1325-1387) / Gallica - Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Détail de l'Atlas de cartes marines, dit Atlas catalan, attribué au cartographe juif majorquin Abraham Cresques et réalisé vers 1370-1380 - Abraham Cresques (1325-1387) / Gallica - Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits
Publicité
Résumé

L'évidence mérite d'être rappelée : l'Afrique a une histoire. L'historien et archéologue François-Xavier Fauvelle interroge la discipline historique et son rapport au continent africain. Penser l'histoire de l'Afrique, c'est s'outiller pour comprendre le monde qui nous entoure.

avec :

François-Xavier Fauvelle (historien et archéologue, directeur de recherche au CNRS, professeur au Collège de France).

En savoir plus

"Il y a des personnes qui disent que l’Afrique n’a pas d’histoire. Je ne sais ce qu’elles ont en tête à ce moment-là, c’est une conception que je n’arrive pas à explorer. Je devine qu’elle a un rapport avec l’idéologie raciste qui s'est développée à l’époque moderne pour justifier l’esclavage des Noirs et avec une conception elle aussi récente de l’histoire comme providence : certaines sociétés la recevraient, d’autres non." François-Xavier Fauvelle est historien et archéologue, titulaire de la chaire "Histoire et archéologie des mondes africains" au Collège de France. C’est une histoire d’hommes, de femmes, une histoire faite de chair… une histoire incarnée donc, avant tout par l’historien lui-même.

58 min

"Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire", assénait Nicolas Sarkozy, alors président de la République française, en 2007. Quinze ans après, force est de constater que ce déni d’histoire perdure : l’idée reste répandue que pour comprendre l’Afrique et ses sociétés, avoir des connaissances sur son histoire reste optionnel. Pourtant, non seulement les sociétés africaines ont un passé et une histoire, non seulement cette histoire est faisable et nous permet d’élargir la compréhension du monde, mais elle invite à repenser la façon même d’écrire l’histoire aujourd’hui.

Publicité

Nouvelles narrations, entre enquêtes et reconstitutions

François-Xavier Fauvelle explique au micro de Xavier Mauduit comment lui et ses pairs ont été amenés à élaborer de nouvelles manières de travailler. Les historiens et historiennes de l’Afrique sont en effet amenés à acquérir des compétences très variées, à monter des équipes pluridisciplinaires, à mener de véritables enquêtes historiques, à inventer de nouvelles narrations et à se méfier des sources textuelles…

"Comment ferions-nous de l'histoire de l'Europe des Xe, XIe, et XIIIe siècles si nous n'avions que des sources arabes extérieures et pas de sources produites dans le royaume carolingien ?", interroge l'historien François-Xavier Fauvelle. "Nous ferions comme on fait en histoire de l'Afrique : il faut être très imaginatif. C’est le cas des historiens et historiennes de l'Afrique en Afrique, en Europe, en Amérique, parce que l'on peut se débrouiller avec des sources arabes extérieures, des chroniques produites localement, mais plus tardivement, des sources orales, la toponymie, l'histoire, les langues. Il s’agit d'abord identifier les pièces du puzzle et ces pièces vont constituer des documents que l’on va éditer un par un. Nous utilisons des sources arabes et des sources dans d'autres langues, nous faisons de l'archéologie et nous disposons toutes ces pièces sur notre plan de travail. Notre objectif est de les attacher les unes aux autres."

Une histoire optimiste de l'Afrique

C’est toute la discipline historique que les historiens et historiennes de l’Afrique interrogent. Si tout reste à inventer, c’est aux yeux de François-Xavier Fauvelle que tout reste encore à trouver.

"L’histoire de l’Afrique est une histoire optimiste à plein d'égards. Elle parie sur le fait que l’on découvrira des choses. Il reste tant à comprendre, tant de textes à étudier. Beaucoup de gens pensent qu'il n’y a pas d'écrits en Afrique alors qu’il reste des milliers et des milliers de manuscrits, de nombreux sites archéologiques enfouis… et à chaque fois que l’on fera des découvertes, cela changera tout. C’est une histoire optimiste car à chaque fois que nous comprenons mieux quelque chose qui s'est passé au Mali du XIVe siècle, nous comprenons mieux n'importe quel événement qui s'est passé ailleurs dans le monde à ce moment-là", explique François-Xavier Fauvelle.

Pour en parler

François-Xavier Fauvelle est historien, archéologue et professeur au Collège de France, titulaire de la chaire "Histoire et archéologie des mondes africains". D’abord spécialiste de l’Afrique du Sud et des pays voisins à la période moderne et contemporaine, il s’est ensuite intéressé à l’Éthiopie et à l’Afrique de l’Ouest.

Sons diffusés dans l'émission

  • Archive à propos du Ghana dans l'émission Mémoire d'un continent : panorama de l'histoire africaine sur RFI le 6 février 1973
  • Chanson Pata Pata par Miriam Makeba (1967)
  • Archive de l'écrivain Henry de Monfreid dans l'émission Le bureau des rêves perdus sur Paris Inter le 11 février 1965

Bibliographie sélective

Générique de l'émission : Origami de Rone

Références

L'équipe

Xavier Mauduit
Production
Laurence Millet
Réalisation
Maïwenn Guiziou
Production déléguée
Jeanne Delecroix
Collaboration
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Shirley Adélaïde
Collaboration
Marion Dupont
Collaboration
Margaux Viel
Collaboration