Pierre Brossolette, la voix de la France libre : épisode 4/4 du podcast Ami, entends-tu, les compagnons de la Libération

Le résistant francais Pierre Brossolette, devant un drapeau de la France libre entre 1942 et 1944 à Londres (Royaume-Uni)
Le résistant francais Pierre Brossolette, devant un drapeau de la France libre entre 1942 et 1944 à Londres (Royaume-Uni) ©Getty - Keystone-France/Gamma-Rapho
Le résistant francais Pierre Brossolette, devant un drapeau de la France libre entre 1942 et 1944 à Londres (Royaume-Uni) ©Getty - Keystone-France/Gamma-Rapho
Le résistant francais Pierre Brossolette, devant un drapeau de la France libre entre 1942 et 1944 à Londres (Royaume-Uni) ©Getty - Keystone-France/Gamma-Rapho
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Dirigeant de la résistance intérieure, arrêté et torturé en 1944, Pierre Brossolette ne parle pas, il préfère se donner la mort. Pourquoi ce journaliste s’engage-t-il pour la Libération ? Quel est son rôle dans la lutte clandestine ? En quoi son entrée au Panthéon en 2015 est un symbole fort ?

Avec
  • Guillaume Piketty professeur d'histoire à Sciences Po, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et de la Résistance

Le journal "La Volonté", le 22 mars 1926, présente Pierre Brossolette dans "La Galerie des jeunes" : "Le regard et le sourire un peu moqueur, l’expression légèrement sceptique, voilà comme nous voyons Pierre Brossolette. C’est que, sûr de lui-même et conscient de sa valeur propre, il sait porter sur chacun et chaque chose un jugement précis, méthodique, que teinte souvent un scepticisme". Normalien, agrégé d’histoire et de géographie, il a 23 ans en 1926, mais "Pierre Brossolette a déjà derrière lui une belle carrière qui permet tous les espoirs". En effet, par son engagement, Pierre Brossolette est porteur d’espoir. (Xavier Mauduit)

Pierre Brossolette est encore présent dans nos villes et villages : rues, avenues, écoles, gymnases portent son nom, un nom qui résonne en nous comme sa voix a résonné aux oreilles des Français pendant l’entre-deux guerres, lorsqu’il était encore journaliste, puis pendant l’Occupation, une fois devenu résistant. 

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La figure de Pierre Brossolette, alias Pedro, Bourgat, Boutet, Baron, Briant, Bernier ou encore Brumaire, est riche d’enseignements pour notre présent. Comment un pacifiste devient-il un combattant ? Comment un intellectuel devient-il un résistant ? Comment l’attachement à des idées peut-il pousser un homme à risquer sa vie ? Et comment une seule voix peut-elle susciter et incarner l’union de mouvements atomisés ? 

Nous en parlons avec Guillaume Piketty, professeur d'histoire à Sciences Po, ancien professeur associé à l'Université d'Oxford (2012-2018) et membre du Conseil scientifique de l’Ordre de la Libération depuis 2017. Il est notamment l'auteur de Pierre Brossolette, un héros de la Résistance (Odile Jacob, 1998), Pierre Brossolette, Résistance (1927-1943) (Odile Jacob, 1998, réédité en 2015 avec une nouvelle introduction) ou encore Résister. Les archives intimes des combattants de l’ombre (Éditions Textuel, 2011).

Le général de Gaulle choisit Jean Moulin pour incarner la résistance intérieure française (entrée au Panthéon en 1964), reléguant ainsi d’autres figures importantes comme Pierre Brossolette.

À sa sortie de l’École normale supérieure, il fait le choix – rare à l’époque – du journalisme centré sur les relations internationales. Pacifiste pendant les années 20, Brossolette combat avec une clarté absolue les régimes fascistes.

À la fin de l’hiver 1941, tenant compte de son engagement politique antérieur, les coordinateurs du réseau du musée de l'Homme – Jean Cassou et Agnès Humbert – lui proposent d’entrer dans la résistance. 

Dès 1942, il est chargé par la France Libre de coordonner l’action des organisations de résistance en zone nord. Libre-penseur, il entretient de mauvaises relations avec Jean Moulin (coordinateur de la zone sud) sur la base d’une rivalité personnelle et de divergences stratégiques alors que la répression allemande est féroce.

Nous pouvons retenir trois messages du destin exceptionnel de Pierre Brossolette : penser par soi-même ; s’ouvrir au monde ; oser agir.

Sons diffusés :

Archive - Pierre Brossolette s'exprime à la radio sur le "péril Hiltérien" - Archives politiques 1934 à 1937 - RDF / RTF - 01/01/1934

Archive - L’appel (du 18 juin) - Sept jours du monde - 19/06/1964

Lecture - Lettre de Pierre Brossolette destinée au général De Gaulle (2 novembre 1942), lue par Olivier Martinaud

Archive - Mères et volontaires dans les FFL - Du blé en graine Ici la France - Actualités Françaises - 1944

Archive - Léon Blum rend hommage à Pierre Brossolette pour le second anniversaire de son suicide - RTF - 14/03/1946

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