Peinture du "Siège de Yorktown" d'Auguste Couder qui représente Rochambeau, Washington et La Fayette lors de la révolution américaine.
Peinture du "Siège de Yorktown" d'Auguste Couder qui représente Rochambeau, Washington et La Fayette lors de la révolution américaine. ©Getty - Fine Art Images/Heritage Images
Peinture du "Siège de Yorktown" d'Auguste Couder qui représente Rochambeau, Washington et La Fayette lors de la révolution américaine. ©Getty - Fine Art Images/Heritage Images
Peinture du "Siège de Yorktown" d'Auguste Couder qui représente Rochambeau, Washington et La Fayette lors de la révolution américaine. ©Getty - Fine Art Images/Heritage Images
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L’implication française dans la révolution américaine est souvent incarnée par un homme, le marquis de Lafayette, et un idéal, celui de la liberté. Pourtant, cette histoire cache une multitude d’acteurs – hommes de troupe, diplomates, armateurs ou espions – et des aspirations moins glorieuses.

Avec
  • Bertrand Van Ruymbeke Historien et américaniste, professeur de civilisation américaine à l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
  • Sophie Muffat Historienne spécialiste de l’histoire navale, professeure de lettres modernes

Voici les nouvelles du 25 juin 1779 dans le Mercure de France : "On a beaucoup parlé, écrit-on de Paris, d’un nouveau voyage que M. le Marquis de La Fayette devait, dit-on, faire en Amérique ; il n’en est plus question à présent, & l’on croit que les ballots qu’il a fait embarquer sur différents vaisseaux de force qu’on arme pour le continent de l’Amérique Septentrionale, ne renferment que des présents pour les Membres du Congrès, le Général Washington, et divers officiers auxquels il veut donner une marque de son amitié de son souvenir." De simples cadeaux ? sans doute pas… Dans la guerre pour leur indépendance contre l’Angleterre, les Américains peuvent compter sur les Français !

L'armée de Louis XVI aux côtés des Américains

À l’orée des années 1770, l’idée d’indépendance commence à poindre dans la colonie du Massachusetts face aux nouvelles taxes mises en place par la tutelle britannique. Malgré la répression de l’armée anglaise, l’étincelle révolutionnaire se répand dans les treize colonies. La guerre éclate en 1775 et les "États-Unis d'Amérique" déclarent leur indépendance le 4 juillet 1776.

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Composée de civils inexpérimentés, l'armée de George Washington peine à résister face aux troupes britanniques. Des diplomates américains, dont Benjamin Franklin, John Adams, Silas Dean ou Arthur Lee, sont envoyés en France pour négocier une alliance. Malgré le désir de revanche contre la Grande-Bretagne suite à la défaite de la guerre de Sept Ans, Louis XVI, monarque depuis peu, est réticent à l'idée d'engager son armée dans le conflit. Son ministre des affaires étrangères, le comte de Vergennes, entend cependant affaiblir la Grande-Bretagne et ferme les yeux sur l'aide souterraine des armateurs français. Malgré l'interdiction royale, des volontaires français rejoignent les rangs de l'armée continentale. La ferveur du marquis de Lafayette reste aujourd'hui encore ancrée dans l'histoire américaine. Bertrand Van Ruymbeke, professeur de civilisation américaine, évoque les raisons de l'engagement des volontaires français : "Quand Franklin est à Paris, il est inondé de lettres de gens qui veulent partir se battre en Amérique, mais le Congrès est assez méfiant puisqu'il y a ceux qui croient à la cause américaine, qui ont le sens de l'aventure, mais il y a aussi ceux qui veulent se distinguer parce que c'est un théâtre d'opérations où l'on peut se battre contre les Anglais et revenir glorieux".

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Une victoire franco-américaine

Les négociations aboutissent à un Traité d’Amitié et de Commerce conclu entre le Roi et les États-Unis de l’Amérique Septentrionale et l'armée de Louis XVI entre en guerre officiellement en juillet 1778. Trois ans plus tard, le siège de Yorktown scelle la victoire de l'alliance franco-américaine et la fin des opérations militaires sur le front nord-américain. La fin des hostilités est conclue le 3 septembre 1783 dans le Traité de Paris. Sophie Muffat, spécialiste d'histoire navale, souligne que "la France se pose en libérateur des États-Unis, qui ont obtenu en plus de leur indépendance, leur autonomie et leur libération du joug britannique. Pour les Français, c'est la revanche de 1763, de la guerre de Sept Ans parce qu'ils gagnent face aux Anglais ; ils sont contents diplomatiquement. En revanche, ils héritent d'une dette monumentale. La France est ruinée par cette guerre".

Alors qu'elle est elle-même une puissance coloniale, pourquoi la France s'implique-t-elle du côté des Américains dans la guerre d'indépendance des États-Unis ? La révolution américaine a-t-elle influencé la Révolution française ? Quelle place est donnée à l'alliance franco-américaine dans les mémoires ?

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Pour en parler

Sophie Muffat est historienne spécialiste d'histoire navale et professeure de lettres modernes. 
Elle a notamment publié :

Bertrand Van Ruymbeke est historien et américaniste, professeur de civilisation américaine à l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et membre senior de l'Institut universitaire de France. 
Il a notamment publié :

Le Pourquoi du comment : histoire

Toutes les chroniques de Gérard Noiriel sont à écouter ici.

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Références sonores

  • Extraits du film The Patriot de Roland Emmerich, 2000
  • Archive de Benjamin Franklin à Versailles en 1778 à la cour de Louis XVI dans La tribune de l'Histoire, 31 mai 1961
  • Archive sur le navire de guerre français l'Hermione, JT Poitou-Charentes, 5 mai 1995
  • Chanson Liberty Song de John Dickinson en 1768, interprétée par la New York Choral Society
  • Générique de l'émission : Origami de Rone

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