Le congrès de Vienne (1815), dessin de Jean-Baptiste Isabey, gravure de Jean Godefroy. (Wikipédia)
Le congrès de Vienne (1815), dessin de Jean-Baptiste Isabey, gravure de Jean Godefroy. (Wikipédia)
Le congrès de Vienne (1815), dessin de Jean-Baptiste Isabey, gravure de Jean Godefroy. (Wikipédia)
Le congrès de Vienne (1815), dessin de Jean-Baptiste Isabey, gravure de Jean Godefroy. (Wikipédia)
Le congrès de Vienne (1815), dessin de Jean-Baptiste Isabey, gravure de Jean Godefroy. (Wikipédia)
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Résumé

Le premier traité international rédigé exclusivement en français date de 1714. Signé à Rastatt, il met fin à la guerre de Succession d'Espagne. Dès lors, le français est la langue diplomatique en Europe jusqu'à la Conférence de Paris en 1919. Comment expliquer ce choix puis son abandon ?

avec :

Lucien Bély (Professeur d’histoire moderne à Sorbonne Université), Isabelle Dasque (Maîtresse de conférences en histoire contemporaine à Sorbonne Université).

En savoir plus

Quand les diplomates parlaient français ! Ah, le français, quelle langue internationale… D’ailleurs, à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, quelle langue parlait George Ier, le roi de Grande-Bretagne, avec ses ministres et ses ambassadeurs ? Il parlait français ! Pourtant, en 1714, dans sa Lettre à l’Académie, Fénelon se plaignait : « Notre langue manque d'un grand nombre de mots et de phrases: il me semble même qu'on l'a gênée et appauvrie, depuis environ cent ans, en voulant la purifier. » Ce français, que Fénelon juge appauvri, est celui qui fut utilisé en diplomatie jusqu’au XXe siècle. Comment le français s’est-il imposé peu à peu comme langue internationale et comment a-t-il été supplanté par l'anglais ? Xavier Mauduit

« Nos pauvres Bas-Bretons, à ce que je viens d’apprendre, s’attroupent quarante, cinquante par les champs ; et dès qu’ils voient les soldats, ils se jettent à genoux, et disent mea culpa : c’est le seul mot de français qu’ils sachent », commente Madame de Sévigné à propos de la révolte des Bonnets rouges en 1675. Cette réalité de la pratique du français en France au XVIIe siècle est d’autant plus étonnante pour nous qu’elle en côtoie une autre : c’est à cette époque que les princes et les ambassadeurs européens commencent à utiliser le français lors de leurs échanges diplomatiques. Les raisons de cet essor de la langue de Louis XIV sont nombreuses : démographiques d’abord, car la France est très peuplée ; économiques, car elle représente un marché intéressant pour les Hollandais, les Italiens ou les Suisses ; religieuses, car une grande communauté huguenote s’est dispersée en Europe où elle a répandu l’usage du français.

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Cette adoption du français à l’échelle européenne ne s’est pourtant pas faite en un jour et les réticences des monarques voisins sont nombreuses. Comment la langue s’est-elle imposée peu à peu à l’oral et à l’écrit ? Quelles compétences linguistiques exige-t-on du personnel des ambassades ? Parle-t-on la même langue suivant les occasions - représentation officielle, négociation en cours, correspondances privées ou encore rédaction d’un traité ? Et surtout, quand l’anglais commence-t-il à apparaître comme un concurrent sérieux à l’hégémonie française ? 

Avec Lucien Bély, historien moderniste, professeur d'histoire moderne à Sorbonne Université, spécialiste des relations internationales. Il est notamment l'auteur de « L’usage diplomatique de la langue française, instrument de la puissance ? », Linguistic and Cultural Foreign Policies of European State, 18th – 20th Centuries, sous la direction de Karène Sanchez-Summerer and Willem Frijhoff (Amsterdam UP, 2017), L’art de la paix en Europe. Naissance de la diplomatie moderne, XVIe-XVIIIe siècle (Presses Universitaires de France, 2007). Il a contribué aux ouvrages dans Le siècle de Louis XIV sous la direction de Jean-Christian Petitfils (Perrin, 2017) et Pour l’histoire des relations internationales sous la direction de Robert Frank (Presses Universitaires de France, 2012).

Et Isabelle Dasque, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à Sorbonne Université et membre du Centre de recherches en histoire du XIXe siècle. De sa thèse intitulée À la recherche de Monsieur de Norpois : les diplomates de la République (1871-1914) est issu l'ouvrage Les Diplomates de la République (1871-1914) (Sorbonne Université Presses, 2020). Elle a collaboré à l’ouvrage Écrivains et diplomates. L'invention d'une tradition. XIXe-XXIe siècles (Armand Colin, 2012). 

Sons diffusés :

  • Archive - 13/02/1961 - RDF - La révocation de l'édit de Nantes (18/10/1685). 
  • Archive - 11/09/1982 - JT FR3 Nord-Pas-de-Calais - la bataille de Malplaquet (11/09/1709).  
  • Extrait du film Belle du Seigneur (2012) réalisé par Glenio Bonder.
  • Extrait du film Le souper (1992) réalisé par Edouard Molinaro. 
  • Extrait du documentaire-fiction  Berlin 1885, la ruée sur l'Afrique réalisé par Joël Camettes.  
  • Lecture par Marion Malenfant d'un extrait de À l'ombre des jeunes filles en fleur de Marcel Proust. 
  • Archive - 1969 - France culture - Les Grandes Heures - Romain Gary évoque sa carrière de diplomate. 
  • Musique - Catherine Gay - Malbrough s'en va en guerre. 
Références

L'équipe

Xavier Mauduit
Production
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Eric Lancien
Réalisation
Odile Joëssel
Collaboration
Marion Dupont
Collaboration
Milena Aellig
Réalisation
Somaya Dabbech
Réalisation
Maïwenn Guiziou
Production déléguée