Routes de la soie, de la Chine ancienne à la vallée du Gange : épisode 1/4 du podcast Histoire de la Chine et ses voisins

Peinture murale des grottes des Mille Bouddhas de Kizil en Chine, IIIe et VIIIe siècle
Peinture murale des grottes des Mille Bouddhas de Kizil en Chine, IIIe et VIIIe siècle ©Getty - Pictures From History / Universal Images Group
Peinture murale des grottes des Mille Bouddhas de Kizil en Chine, IIIe et VIIIe siècle ©Getty - Pictures From History / Universal Images Group
Peinture murale des grottes des Mille Bouddhas de Kizil en Chine, IIIe et VIIIe siècle ©Getty - Pictures From History / Universal Images Group
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Ivoire, jade, laque... la Chine des Han rencontre l'Empire kouchan sur ce qu'on appelle communément les routes de la soie. Néanmoins, ces échanges ne sont pas uniquement commerciaux et diplomatiques. Les idées religieuses voyagent aussi sur ces routes de la foi.

Avec
  • Michel Angot Membre du Centre d'Études de l'Inde et de l'Asie du sud Enseignant à l'EHESS.

En 1920, l’orientaliste Henri Cordier fait paraître une imposante Histoire générale de la Chine et de ses relations avec les pays étrangers : depuis les temps les plus anciens jusqu'à la chute de la dynastie Mandchoue. Il commence son ouvrage par un constat : "Les origines de la nation chinoise ne peuvent être placées dans une antiquité aussi reculée que celles des autres pays comme la Babylonie, l’Élam, l’Égypte, mais son histoire offre une continuité et une durée que l’on chercherait vainement dans une autre." Empire des Han, Empire kouchan, diffusion du bouddhisme, les routes de la soie sont aussi les routes de la foi.

L'expansion territoriale de l'Empire des Han

Après le court règne de la dynastie Qin, de 221 à 206 avant notre ère, les Han dirigent la Chine de -206 à 220. Ils réorganisent l’État d’un pays qu’ils souhaitent unifié et centralisé, avec pour capitale Chang’an, aujourd’hui Xi’an, puis Luoyang. Les Han s’inscrivent dans une longue tradition impériale, mais avec une organisation de l'ensemble du territoire répartie localement qui rend leur pouvoir efficace. Ils adaptent ainsi leur administration à la domination d’un vaste territoire, marqué par la diversité culturelle.

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Les Han mènent une audacieuse politique de conquête, mais développent également le commerce et les échanges au point que les premières décennies de l’Empire des Han, par la richesse de la production artistique, sont considérées comme une période de référence de l’histoire de la Chine, une sorte de "siècle d’or".

"Occuper l'immense plateau de l'Asie centrale coûte très cher. Le pouvoir chinois a dans l'idée de financer ces dépenses par une occupation agricole, c'est-à-dire d'autofinancer. Il voudrait que ses colonies militaires soient autosuffisantes. La grande innovation du grand secrétaire de Han Wudi est d'installer des soldats agriculteurs", explique le sinologue Éric Trombert.

La diffusion du bouddhisme dans la Chine ancienne

C’est sous le règne des Han que le bouddhisme est introduit en Chine, quand les "routes de la soie" sont aussi des "routes de la foi". Les Han sont sans cesse en interaction avec leurs voisins, particulièrement l’imposant Empire kouchan, établi en Asie centrale et en Inde durant les trois premiers siècles de notre ère. Son souverain le plus célèbre, Kanishka, favorise l’expansion du bouddhisme qui rencontre d’autres formes de croyances, avec une influence dans toute l’Asie centrale et de l’est.

"On a dit que les Kouchans ont promu le bouddhisme, mais ils ont tout simplement laissé faire. Les religions indiennes se sont diffusées parce que les moines pouvaient circuler et ont amené avec eux leur pratique religieuse", précise Michel Angot, philologue spécialiste de la littérature et de la philosophie de langue sanskrit.

Quelles relations entretiennent la Chine des Han et l’Empire Kouchan ? Quelle place pour « les routes de la soie » dans l’influence mutuelle entre la Chine et ses voisins ?

Les Cours du Collège de France
59 min

Nos invités

Éric Trombert est sinologue, chercheur du Centre de recherche sur la civilisation chinoise (EPHE-CNRS). Il a notamment publié  Le Glaive et la charrue. Soldats et paysans chinois à la conquête de l’Ouest. L’histoire d’un échec (Collège de France/Institut des hautes études chinoises, 2021/2021).

Michel Angot est philologue, spécialiste de la littérature et de la philosophie de langue sanskrit. Il est membre du Centre d'Études de l'Inde et de l'Asie du sud et enseignant à l'École des hautes études en sciences sociales. Il est notamment l'auteur de :

Sons diffusés dans l'émission

  • Archive sur les Han présentés dans l'émission Geopolis en 1999 sur France 2
  • Archive sur l'Afghanistan présenté comme carrefour de l'Asie dans le Journal des Actualités françaises le 2 juin1965
  • Lecture par Marion Malenfant d'un extrait du Livre des Han, chapitre 96B/3912, Ier-IIe siècle
  • Archive de l'historien René Grousset à propos de l'expansion du bouddhisme dans l'émission Découverte de l'Asie au Musée Cernuschi sur l'ORTF en 1954
  • Lecture par Marion Malenfant d'un écrit du Grand secrétaire (probablement Sang Hongyang) de l'empereur Han Wudi, 81 avant J.-C.

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