Simon Abkarian, fou d'histoire

Simon Abkarian à la 72e édition du Festival de Cannes pour le film "Les Hirondelles de Kaboul", le 16 mai 2019
Simon Abkarian à la 72e édition du Festival de Cannes pour le film "Les Hirondelles de Kaboul", le 16 mai 2019 ©AFP - Loïc Venance
Simon Abkarian à la 72e édition du Festival de Cannes pour le film "Les Hirondelles de Kaboul", le 16 mai 2019 ©AFP - Loïc Venance
Simon Abkarian à la 72e édition du Festival de Cannes pour le film "Les Hirondelles de Kaboul", le 16 mai 2019 ©AFP - Loïc Venance
Publicité

Acteur, comédien, metteur en scène et dramaturge, Simon Abkarian est un homme de théâtre accompli. À la scène comme à la vie, il transporte avec lui une histoire familiale qui, de l'Arménie à la Syrie, du Liban à la France, porte une culture, raconte une diaspora et éclaire ses engagements.

Avec

Fou d'histoire, pour donner la parole à ceux, à celles qui ne sont pas historien, pas historienne, mais porteurs d'une histoire – comme nous tous d'ailleurs – une histoire familiale, mais aussi leur propre histoire qui se construit dans le temps au rythme des événements. Fou d'histoire, c'est donner la parole à ceux, à celles qui utilisent l'histoire dans leur travail parfois porté par le passé. Ils croisent notre propre passé et nous donnent le goût de l'histoire.

Une histoire marquée par l'exil et la guerre

Les premières années de la vie de Simon Abkarian sont marquées par l’exil et la guerre. Après une enfance passée dans une cité de Goussainville dans le Val d’Oise, ses parents d’origine arménienne repartent avec toute la famille dans leur Liban natal. Surgit alors la guerre en 1975 qui pousse sa mère à fuir de nouveau vers la France puis les États-Unis.

Publicité

"Parfois, autour d'une table, des gens se lèvent, ils disent une poésie qui raconte ça, ou parfois une fille chante une chanson sur l'exil et tu vois des gens qui ont les larmes aux yeux. Gamin, tu essayes de comprendre pourquoi ils pleurent et puis tu cherches des réponses. Et là, quelqu'un te raconte", se remémore Simon Abkarian.

C’est à Los Angeles que Simon Abkarian fait sa rencontre avec le théâtre, à travers les œuvres de Shakespeare et l’aide de Georges Bigot qui lui ouvre les portes du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine. Ces premiers pas le conduisent ensuite à jouer au cinéma pour Ronit Elkabetz, Atom Egoyan, Robert Guédiguian, ou encore Cédric Klapisch, puis, à la télévision dans les séries Pigalle, la nuit et Kaboul Kitchen.

Le théâtre pour transmettre l'histoire

C’est au théâtre, dans plusieurs pièces qu’il écrit et met en scène, que Simon Abkarian raconte la guerre et l’oppression des femmes en réinvestissant les mythes.

"Quand vous parlez d'histoire, cela m'amène tout de suite sur le champ de l'imaginaire. Ça me mène là où c'est le dernier champ à conquérir. Quand vous regardez les boîtes de comm', les films de propagande, les milliards de dollars qui sont déversés pour produire des films qui sont des contrefaçons historiques, (...) c'est important pour moi de combattre honorablement et sincèrement sur le champ de bataille de l'imaginaire. C'est là que se font les rencontres, c'est là qu'on dépose les armes, c'est là qu'on s'embrasse. C'est là qu'on se dit qu'on va raconter l'histoire différemment", insiste Simon Abkarian.

Comment porter la mémoire d’un génocide ? Comment raconter l’histoire tout en restant attaché à l’imaginaire ? Qu’est-ce que les mythes nous apprennent de l’histoire ?

Notre invité

Simon Abkarian est comédien, auteur de théâtre et metteur en scène. Il a joué au théâtre notamment sous les directions d'Ariane Mnouchkine et d'Irina Brook et, au cinéma, avec de très nombreux réalisateurs dont Cédric Klapisch, Robert Guédiguian, Atom Egoyan. Il a fondé la Compagnie Tera avec laquelle il met en scène ses propres pièces, éditées chez Actes Sud-Papiers.

Références sonores

  • Chanson Les Employés de ménage dans le film Jeanne et le garçon formidable d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau, 1998
  • Archive d'un artisan-chausseur interrogé à Paris dans le quartier de Belleville au micro de France Culture en 1974
  • Chanson Al Bint El Chalabiya par Fairuz, 1957
  • Archive sur la guerre civile au Liban présentée par la RTBF en 1975
  • Extrait du film Une histoire de fou de Robert Guédiguian, sorti en 2015
  • Archive à propos du Théâtre du Soleil à Los Angeles en 1984
  • Chanson Pour toi Arménie par Charles Aznavour, 1989
  • Chanson Adana i voghpe, "La Déploration d’Adana", chant d’exil sur l’album Ararat (France-Arménie, un dialogue musical) d'Emmanuel Bardon

Générique de l'émission : Origami de Rone

Cette émission a été diffusée pour la première fois le 7 mai 2021.

L'équipe