Valéry Giscard d'Estaing répond aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse, le 26 juin 1980 à l'Elysée à Paris.
Valéry Giscard d'Estaing répond aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse, le 26 juin 1980 à l'Elysée à Paris. ©AFP
Valéry Giscard d'Estaing répond aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse, le 26 juin 1980 à l'Elysée à Paris. ©AFP
Valéry Giscard d'Estaing répond aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse, le 26 juin 1980 à l'Elysée à Paris. ©AFP
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Président de la République de 1974 à 1981, comment Valéry Giscard d’Estaing s’inscrit-il dans une longue histoire de la droite, de la République et de la fonction présidentielle qu’il a voulu moderniser ?

Avec
  • Patrick Garcia historien, professeur à l’université de Cergy-Pontoise, chercheur associé à l’Institut d’histoire du temps présent
  • Arnaud Benedetti Directeur de la communication de l'Inserm

“Le Président Valéry Giscard d’Estaing a quitté hier le pays qu’il a aimé et le peuple qu’il a servi. Il part en des temps tourmentés, victime à son tour de ce mal contre lequel nous luttons et qui a bouleversé le monde. Il aura été une figure centrale de l’histoire de notre République : au tournant de ses trente ans, Ministre d’abord du général de Gaulle, puis de Georges Pompidou, il devint Président de la République à 48 ans, soutenant un projet de modernisation à un rythme sans précédent puis s’engageant pour donner à l’Europe l’idéal et la volonté qui lui ont souvent manqué. Sans que nous en ayons toujours conscience, nous marchons dans ses pas, son septennat a marqué notre pays et nos vies tout entières.” 

Le 3 décembre 2020, le président Emmanuel Macron rend hommage à son prédécesseur lors d’une allocution télévisée. Il replace l’action de Valéry Giscard d’Estaing dans le contexte de l’après-guerre, des Trente Glorieuses, des chocs pétroliers, de la construction européenne. Il insiste sur les grandes réformes sociétales : “Son septennat a marqué notre pays et nos vies tout entières”. Valéry Giscard d’Estaing a su mettre en scène son pouvoir, entre héritage et changement, mais comment s’est construit son discours qui revendique la modernité tout en convoquant le passé ? 

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Pour nous parler du rapport de Valéry Giscard d’Estaing à l’histoire, à la communication et aux usages de la fonction présidentielle, nous recevons Arnaud Benedetti, professeur associé en histoire de la communication à l’Université Paris-Sorbonne, rédacteur en chef de la Revue politique et parlementaire pour laquelle il a mené en avril dernier avec Éric Anceau un entretien avec Valéry Giscard d’Estaing. Il est auteur de Le coup de com’ permanent (ed. du Cerf, 2018). 

Et Patrick Garcia, professeur à l’Université de Cergy-Pontoise, chercheur à l’Institut d’histoire du temps présent, spécialiste des usages publics de l’histoire. Il est notamment l’auteur avec Christian Delacroix et François Dosse de Les courants historiques en France. XIXᵉ-XXᵉ siècle (Gallimard, 2007). 

Être le Kennedy français

Dès la fin des années 60 Valéry Giscard d’Estaing a une vision très précise de la façon dont il veut se présenter à l'opinion. Il considère que le pouvoir ne peut plus s'exercer dans sa représentation comme il s'exerçait avec le général de Gaulle et même avec Georges Pompidou. De ce point de vue-là, il introduit une première rupture dans les cordes de la communication politique en France. Il n'est pas étonnant non plus que ce soit le courant politique auquel il appartient c'est-à-dire cette droite réformiste, plutôt européenne, libérale, atlantiste, qui utilise ses nouvelles techniques de communication qui sont nées pour la plupart aux États-Unis. Il fera venir en France pendant quelques mois durant son septennat Joseph Neapolitan, celui qui a été l'un des plus proches conseillé de Kennedy en matière d'image qui lui a inspiré de mettre en scène sa vie privée. Giscard s'inscrit véritablement dans cette filiation, dans cette volonté d'utiliser une communication politique qui banalise le rôle du président de la République. Ce qui caractérise Valéry Giscard d’Estaing dans sa relation à la France, contrairement au Général De Gaulle, c'est de considérer que la France est devenue une puissance moyenne. (Arnaud Benedetti)

« Ne nous laissons pas accabler par les rhumatismes de l’histoire. »

Pour Valérie Giscard d'Estaing commémorer la Seconde Guerre mondiale c'est empêcher la venue de l'Europe. Il a cette même vision par rapport à la lutte des classes : entretenir un certain type de souvenir de l'histoire de France c'est entretenir la division des Français et ne pas leur permettre de se préparer à l'avenir. Il a cette phrase très très forte lors de ses vœux de 1976 : « Ne nous laissons pas accabler par les rhumatismes de l’histoire. ». L'histoire est donc handicap et cela va se traduire par un geste commémoratif très faible : il ne fait entrer personne au Panthéon. Il y pense en fin de mandat avec la figure de René Cassin mais c'est très largement en réponse au sentiment antisémite. Il veut faire rentrer un juif français au Panthéon et ne signe le décret qu'en avril 81, juste avant sa défaite, pour satisfaire les cercles de résistants qui ont été affectés par la suppression de la commémoration du 8 mai. Il reste fidèle à l'idée que la commémoration serait un geste "périmé", un geste qui ne serait pas conforme à une présidence moderne. (Patrick Garcia)

  • Archive - 22/04/1974 - RTF / ORTF - Valéry Giscard d'Estaing se présente aux Français. 
  • Archive - 27/05/1974 - ORTF - Investiture de Valéry Giscard d'Estaing.
  • Archive - 12/03/1977 - Antenne 2 - Émission Interneige- Entretien au coin du feu, sketch de Thierry le luron et Pierre Desproges.  
  • Musique - Claude François - chanson populaire. 

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L'équipe

Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Production
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Eric Lancien
Réalisation
Odile Joëssel
Collaboration
Marion Dupont
Collaboration
Valentine Lauwereins
Collaboration
Milena Aellig
Réalisation
Maïwenn Guiziou
Production déléguée