Soldats devant les ruines et décombres après la bataille de Verdun, décembre 1916. ©Getty - Mondadori
Soldats devant les ruines et décombres après la bataille de Verdun, décembre 1916. ©Getty - Mondadori
Soldats devant les ruines et décombres après la bataille de Verdun, décembre 1916. ©Getty - Mondadori
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Résumé

Quand la Première Guerre mondiale éclate en 1914, c’est la mobilisation générale. Les forêts ne font pas exception à la règle. Quatre ans plus tard, la flore, la faune et les hommes ont payé un lourd tribut. Quel est le rôle de la forêt dans la Grande Guerre ?

avec :

Jean-Paul Amat (Géographe), Xavier Lucas (Technicien forestier et guide à l’Office national des forêts).

En savoir plus

Le journal L'Écho de France, le 30 décembre 1914, donne des informations sur les combats dans l'est de la France : "Après de très violents combats nos troupes se sont emparées du château en ruines qui se trouve au nord-ouest du village, tandis que dans la même journée, au sud-est de Verdun, dans la forêt d'Apremont, près de Saint-Mihiel, nous avons, après trois contre-attaques, réussi à reprendre des tranchées que l'ennemi nous avait enlevé précédemment". Verdun 1914 n'est pas Verdun 1916. Dès la mobilisation, les forêts sont concernées. Quelle place pour ces forêts dans la guerre ?

Verdun pendant la guerre

Tout au long de la Première Guerre mondiale, les forêts sont mises à contribution pour soutenir l’effort de guerre français. Pourquoi la guerre déclenche-t-elle une consommation de bois si importante ?

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La forêt est une ressource, bien sûr, mais c’est aussi un espace stratégique, dans lequel les combats font rage. Lieu de bataille, mais aussi abri ou refuge, la forêt se transforme au gré des combats. Comment vivent les soldats dans la forêt ? Comment fait-on la guerre dans la forêt ? Surtout, comment la guerre affecte-t-elle la forêt ? Xavier Lucas, guide nature et histoire de l’Office national des forêts, nous explique que "le soldat utilisait la forêt pour pouvoir observer les mouvements de l’ennemi et anticiper d’éventuelles attaques depuis des arbres observatoires."

Après la violence qui s’est déchaînée sur le nord-est de la France, les anciens champs de bataille sont dévastés, les sols grêlés, truffés d’obus, de mines et de cadavres. Que faire de ces territoires sinistrés, qui semblent irrémédiablement abîmés ? Les écosystèmes forestiers peuvent-ils se remettre d’une telle destruction ? Comment la faune et la flore s’adaptent-elles ?

6 min

La reconstruction de la forêt

Sur la "zone rouge", peu à peu, la cicatrisation et la reconstruction s'organisent. Verdun est aujourd’hui le cas le plus emblématique de la gestion sylvicole des années d’après-guerre. Créée de toutes pièces en 1928, la forêt domaniale de Verdun est une "forêt de guerre", le résultat d’une opération de reboisement volontariste sur les anciens champs de bataille. En quoi la forêt peut-elle être un outil de reconstruction des territoires dévastés par la guerre ? Faut-il réparer ou conserver la forêt éprouvée par les conflits ?

La forêt abrite encore aujourd’hui de nombreux vestiges de la Grande Guerre. Elle est aussi la tombe de milliers de soldats. Les espaces forestiers, témoins du conflit, deviennent dès après l’armistice des lieux de mémoire et demeurent encore aujourd’hui des terrains de recherche et des lieux de recueillement. D'après le géographe Jean-Paul Amat, "on trouve dans cette forêt des restes humains, des os : c’est un linceul. Elle porte en elle toute l’histoire des terres abandonnées par la Grande Guerre : c’est un lieu d’identification, de pédagogie, de culture et d’histoire européenne". Comment préserver les sites patrimoniaux et mémoriels situés en forêt, tout en veillant à la bonne gestion de la forêt ?

58 min

Pour en parler

Jean-Paul Amat est géographe, administrateur de la Fondation du Souvenir de Verdun et professeur émérite de Sorbonne Université. 
Il a notamment publié :

Xavier Lucas est technicien forestier territorial, guide nature et histoire de l’Office national des forêts (ONF).

Références sonores

  • Archive de Maurice Genevoix en 1978 qui évoque la mort d'Alain-Fournier pendant la Première Guerre mondiale
  • Lecture par Jean-Louis Trintignant d'un extrait de Poèmes à Lou de Guillaume Apollinaire
  • Extrait du film La Vie et rien d'autre de Bertrand Tavernier (1989)

Générique de l'émission : Origami de Rone.

Références

L'équipe

Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Xavier Mauduit
Production
Maïwenn Guiziou
Production déléguée
Anne-Toscane Viudes
Collaboration
Jeanne Delecroix
Collaboration
Jeanne Coppey
Collaboration
Violette Ruiz
Collaboration