Image issue du documentaire "L'image qu'on s'en fait" de Seb Coupy
Image issue du documentaire "L'image qu'on s'en fait" de Seb Coupy
Image issue du documentaire "L'image qu'on s'en fait" de Seb Coupy - © Les Films du Tambour de Soie
Image issue du documentaire "L'image qu'on s'en fait" de Seb Coupy - © Les Films du Tambour de Soie
Image issue du documentaire "L'image qu'on s'en fait" de Seb Coupy - © Les Films du Tambour de Soie
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Résumé

La cargolade, la tarte Tatin ou la noix du Périgord : les panneaux qui vantent les richesses patrimoniales des régions françaises jalonnent le paysage des autoroutes pour attirer les touristes. La tâche n’est pourtant pas simple de parvenir à résumer un territoire sur un panneau marron de 10 m2.

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Impossible d’y échapper : les panneaux qui vantent les richesses patrimoniales des régions françaises jalonnent le paysage des autoroutes pour attirer les touristes. Des châteaux, des églises, des spécialités gastronomiques, des personnages historiques, des vaches, des moutons, des chevaux, des pâtisseries, des fromages : le programme de ces panneaux marrons qui bordent les 4 voies est vaste pour résumer en quelques motifs le patrimoine des régions traversées. Ils constituent un condensé d’identité locale qui a pour mission de restituer la richesse fièrement attachée à la culture nationale.

C’est le fil rouge du documentaire de Sébastien Coupy, L’image qu’on s’en fait, disponible sur la plateforme Tënk jusqu’à la fin du mois de mars : montrer les chemins qui mènent au trésor national, rarement visible depuis l’autoroute, entre le moche et le somptueux.

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Cargolade, tarte Tatin ou noix du Périgord : comment titiller l’imaginaire du touriste ?

La tâche n’est pas simple de parvenir à contenir toutes les subtilités de l’être français en quelques objets qui définissent façon rébus ce qu’il est bon de retenir du territoire concerné. Composer ces panneaux, c’est trouver un consensus entre de multiples acteurs du territoire pour parvenir à une carte de visite de 10 m². Les collectivités locales s’arrachent les cheveux lorsque leur histoire passe par les combats sanglants des guerres passées : une image sensible à manier avec précaution. 

Si ces panneaux marrons n'inspirent pas la flamboyance patrimoniale qu'ils essaient de vendre, c'est un langage au carrefour de très nombreuses contraintes. L’image qu’on s’en fait de Sébastien Coupy n’explore pas le talent de l’ingénierie touristique mais la mission impossible de résumer les identités françaises sur ces panneaux d’autoroute qui se résument à une fiction facile à s’approprier pour le visiteur de passage. 

Champs fertiles et clochers : une fiction facile

Les églises, les champs fertiles, les vieilles pierres, autant de signes qu’on retrouve sur les affiches électorales. Un candidat aux dernières législatives choisit de coller au premier plan d’un décor typique du terroir français qui fleure bon l’authenticité facile : une éolienne. Parce que la culture s’accommode mal de l’immobilité, comment prendre en compte les apports constants et successifs, et ses nouveaux habitants ? Le nouveau ne s’accorde pas toujours bien avec l’authentique, pourtant c’est le cours normal de la vie. 

L’image qu’on s’en fait de Sébastien Coupy, c’est une plongée dans la complexité des identités françaises dans leur rapport au patrimoine, un portrait sensible entre l’autoroute et l’intimité de ceux qui vivent au bout de sa bretelle. 

par Anaïs Kien 

Pour plus d'informations : le documentaire L’image qu’on s’en fait, de Sébastien Coupy, est disponible sur la plateforme Tënk