Mort de Napoléon, 1829, peinture de Charles de Steuben (1788-1856) réalisée à la demande d'Hortense de Beauharnais. Arenenberg, Napoleonmuseum. (Wikipédia)
Mort de Napoléon, 1829, peinture de Charles de Steuben (1788-1856) réalisée à la demande d'Hortense de Beauharnais. Arenenberg, Napoleonmuseum. (Wikipédia)
Mort de Napoléon, 1829, peinture de Charles de Steuben (1788-1856) réalisée à la demande d'Hortense de Beauharnais. Arenenberg, Napoleonmuseum. (Wikipédia)
Mort de Napoléon, 1829, peinture de Charles de Steuben (1788-1856) réalisée à la demande d'Hortense de Beauharnais. Arenenberg, Napoleonmuseum. (Wikipédia)
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Le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte soulève déjà polémiques et divisions. Rétablissement de l'esclavage et guerre en abondance entachent l'héritage du personnage historique préféré des français. Que célébrer et comment le 5 mai 2021 ?

Emmanuel Macron va-t-il célébrer Napoléon ? Les spéculations vont bon train sur l’association de l’Élysée au programme massif des festivités annoncées pour le 200e anniversaire du personnage historique préféré des Français. Les critiques sont légions à la hauteur de son héritage. Dans un entretien accordé au Figaro l’historien Thierry Lentz, également directeur de la Fondation Napoléon, regrette que cet anniversaire s’accompagne de polémiques et rappelle son empreinte dans notre société en assurant que « les questions qui fâchent » seront abordées sans détour au cours de l’année. Parce que la liste des questions qui fâchent est conséquente : star de « l’histoire-bataille », surnommé par certains « Le boucher de l’Europe », Napoléon a consacré le primat de la domination masculine en France et mis également fin à la République établie par la Révolution française par un coup d’État en 1799.  L’intégration de Napoléon à la République coince un peu et pas seulement sur les bords, l’occasion de débats que l’on pourrait rêver fondateurs du renouvellement du regard sur notre histoire nationale. Les promoteurs d’une histoire napoléonienne mise en valeur ont gardé un souvenir amer du centenaire de la victoire impériale d’Austerlitz en 2005, à laquelle le président du moment, Jacques Chirac, avait préféré la célébration d’une grande défaite, celle de Trafalgar.  

Sans grande surprise, le reproche principal qui préoccupe les critiques cette année : le rétablissement de l’esclavage en 1802 par Napoléon. Si les nations abolitionnistes sont alors rares, elles sont encore plus rares, par la suite, à s’être ravisées une fois qu’elles l’avaient aboli. « Un crime » pour Louis Georges Tin, président d'honneur du Cran, le Conseil représentatif des associations noires de France, une nostalgie déplacée de la grandeur passée de la France, selon la politologue Françoise Vergès, quant à Jean-Louis Debré, ancien ministre, ancien président du Conseil constitutionnel et membre historique du RPR, il a déclaré que célébrer Napoléon à l’échelle de l’État constituerait une « provocation ». A droite comme à gauche l’évocation de Napoléon nourrit la controverse.  

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En attendant la suite de ces débats, les célébrations du bicentenaire de sa mort sont annoncées nombreuses, sous réserve du calendrier sanitaire et de l’imagination des organisateurs pour pallier ses aléas. Le feuilleton Napoléon de 2021 n’est pas terminé.  

Si Napoléon n'est plus aussi rassembleur, sa popularité auprès du grand public est peut-être l’occasion de lui proposer non plus une biographie flamboyante mais l’histoire de son règne à l’échelle des populations qu’il a touchées, les Françaises et les Français, bien sûr, mais aussi celles des pays traversés par son ambitieuse diplomatie et par les très célèbres guerres napoléoniennes.  

Liens :

  • Paul Sugy, Thierry Lentz: «Nous commémorerons Napoléon, il en va de ce que nous sommes!», Le figaro, 10/02/2020. 
  • Charles de Saint Sauveur, Napoléon, le bicentenaire de la discorde, Le Parisien, 07/02/2021.