Exposition La Commune de Paris à l'Hôtel de Ville de Paris (18/03 - 28/05/2011) - Barricade à l'angle des boulevard Voltaire et Richard-Lenoir. Elle défendit la mairie du 11e arrondissement où se replia la Commune le 25 mai - BHVP. (Wikipédia).
Exposition La Commune de Paris à l'Hôtel de Ville de Paris (18/03 - 28/05/2011) - Barricade à l'angle des boulevard Voltaire et Richard-Lenoir. Elle défendit la mairie du 11e arrondissement où se replia la Commune le 25 mai - BHVP. (Wikipédia).
Exposition La Commune de Paris à l'Hôtel de Ville de Paris (18/03 - 28/05/2011) - Barricade à l'angle des boulevard Voltaire et Richard-Lenoir. Elle défendit la mairie du 11e arrondissement où se replia la Commune le 25 mai - BHVP. (Wikipédia).
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Résumé

La célébration de 150 ans de La Commune de Paris révèle que son histoire est toujours politiquement clivante, un épisode ou s'affrontent deux idées de la république diamétralement opposées.

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La Commune de Paris, une histoire peu enseignée

La Commune de Paris nous évoque Louise Michel, le Mur des Fédérés, des incendies, Paris en ruines, c’est une histoire peuplée mais peu enseignée, longtemps un « truc de gauche », qu’on imagine probablement proto-communiste voir anarchiste, une histoire parisienne, une histoire-folklore à laquelle les commémorations nationales ont toujours accordé une place marginale voire inexistante. Pourtant cette année pour son 150e anniversaire, on annonce des festivités flamboyantes, un anniversaire du tonnerre, si l’épidémie en cours le permet, quoiqu’il arrive on en parle, les éditeurs publient, des films sont produits, et la Commune de Paris semble plus actuelle que jamais. D’ailleurs les ambitions qui l’entourent font débat au Conseil de Paris, une véritable bataille de mémoire entre élus municipaux relatée par Denis Cosnard dans Le Monde. Du côté des Républicains (LR) on souligne la violence des Communards, en oubliant celle de ses ennemis, et sa culpabilité dans le saccage de Paris, la légende noire de la Commune de Paris a encore de beaux jours devant elle. Du côté de la majorité socialiste on défend les valeurs et les réformes formulées par la Commune toujours opérantes aujourd’hui, démocratie directe et intégration des étrangers à la vie citoyenne en tête. 150 ans après l’évènement, il y a toujours une lecture de droite et une lecture de gauche d’un évènement qui était déjà un conflit entre républicains au moment où il advenait. Parce que la Commune de Paris n’est pas la dernière révolution contre la monarchie, c’est l’affrontement de deux conceptions de la république : l’une représentée par l’Assemblée nationale réfugiée à Versailles, un symbole au minimum maladroit, et l’autre par la Commune de Paris s’impatiente de voir se réaliser les promesses du régime républicain jusqu’à l’insurrection du 18 mars avec le célèbre épisode des canons de la butte Montmartre.  

La Commune de Paris c’est 72 jours d’une expérience politique qui mettent encore en émoi, trop peu pour aller au bout des idées alors formulées mais suffisamment pour les installer dans les têtes. C’est aussi l’histoire d’une défaite, l’armée nationale entre dans Paris et balaie l’expérience de la République sociale au cours de la Semaine sanglante : exécutions sommaires, procès, exils, déportations, les Communards et les Communardes sont littéralement écrasés par la répression qui s’abat sur eux.  

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150 ans de querelles

Une bataille s’annonce entre les crimes commis des deux côtés, les otages exécutés par la Commune de Paris contre les exécutions sommaires et les charniers que l’on doit aux Versaillais. Une querelle qui dure depuis 150 ans et l’on espère que l’histoire, et non les mémoires de la Commune de Paris, trouvera sa place pour sortir de la guerre des symboles qui ne s’encombre visiblement pas de vérifier si les accusations sont fondées. La Commune de Paris, c’est un projet politique qui nous intéresse et nous questionne encore mais c’est aussi une guerre civile, une République qui s’étripe sur ce qu’elle doit être, un concentré de notre histoire politique.  Et pour commencer à se remettre les idées en place rendez-vous sur le site de France Culture pour découvrir la série d’articles de Chloé Leprince « Cinq lieux communs sur la Commune de Paris (et cinq livres pour leur faire un sort) », les deux premiers épisodes sont déjà en ligne.  

Lien :

  • Denis Cosnard, « Légende noire » contre « légende rouge » : la difficile commémoration des 150 ans de la Commune de Paris, Le Monde, 09/02/2021. 
Références

L'équipe

Anaïs Kien
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