28/06/2013. Cérémonie de restitution à la Chine d'une tête de rat et d'une tête de lapin en bronze pillées par les forces alliées anglo-françaises pendant la Seconde Guerre de l'Opium en 1860.
28/06/2013. Cérémonie de restitution à la Chine d'une tête de rat et d'une tête de lapin en bronze pillées par les forces alliées anglo-françaises pendant la Seconde Guerre de l'Opium en 1860.
28/06/2013. Cérémonie de restitution à la Chine d'une tête de rat et d'une tête de lapin en bronze pillées par les forces alliées anglo-françaises pendant la Seconde Guerre de l'Opium en 1860.  ©AFP
28/06/2013. Cérémonie de restitution à la Chine d'une tête de rat et d'une tête de lapin en bronze pillées par les forces alliées anglo-françaises pendant la Seconde Guerre de l'Opium en 1860. ©AFP
28/06/2013. Cérémonie de restitution à la Chine d'une tête de rat et d'une tête de lapin en bronze pillées par les forces alliées anglo-françaises pendant la Seconde Guerre de l'Opium en 1860. ©AFP
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Résumé

La restitution des œuvres d'art, fruits des pillages, des vols, des guerres coloniales est un sujet sensible qui touche à la diplomatie. Un serpent de mer bien encombrant dans les réserves de nos musées.

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Alors que les galeries font le plein avec tous les amateurs d’art en mal de musées, c’est justement le marché de l’art qui fait parler de lui. Le Mexique réclame la restitution de 33 objets mis aux enchères le 9 février prochain par Christie’s à Paris. Les pièces les plus remarquables de ce lot sont une sculpture de Cihuateotl, la déesse de la fertilité, probablement produite dans la région de Veracruz, ainsi qu’un masque de pierre de Teotihuacan dont le parcours jusqu’à la collection du fils d’Henri Matisse reste inconnu.  

Ces tentatives d’annulation de vente par le Mexique ne sont pas nouvelles ; En 2019, déjà, ses services diplomatiques avaient réclamé l’annulation d’une vente organisée par la maison Million, une expertise de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire nationale à l’appui. Juan Manuel Gomez Robledo, l’ambassadeur du Mexique, avait alors soutenu cette demande en accusant ces ventes d’alimenter « le pillage et le trafic illégal pratiqués par la délinquance transnationale organisée". Peu chers à l’échelle du marché mondial, ces objets d’art précolombien sont souvent acquis sans connaissance de leur valeur culturelle et historique et surtout sans conscience de leur importance au sein du patrimoine mexicain.   

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À réécouter : L'art comme butin : capture et restitution

Alors qu’Emmanuel Macron a donné des directives sur l’inventaire des objets africains potentiellement litigieux détenus par les musées français, alors que l’Assemblée nationale a récemment été sollicitée pour voter des lois permettant les restitutions d’objets au Bénin et au Sénégal, le marché de l’art semble échapper à cette opération très politique de reconnaissance de la circulation frauduleuse de certains objets culturels. Pas tout à fait puisqu’à partir de 2009, une affaire de même nature avait agité les relations franco-chinoises. Pékin demandait la restitution sans conditions d’une tête de rat et d’une tête de lapin sculptées qui faisaient partie d’un ensemble de 12 figurines représentant les signes du Zodiaque, pillées par les armées anglaises et françaises en 1860 lors du sac du Palais d’été. La mise en tension diplomatique avait d’ailleurs reçu l’appui résolu de Jackie Chan avec son film Chinese Zodiac, sorti en 2012, dans lequel il incarnait un justicier lancé sur les traces de ces statuettes afin d’en assurer le rapatriement en Chine.  

Le rat et le lapin de bronze avaient finalement retrouvé le chemin du trésor national chinois en 2013. Leur propriétaire François Pinault en avait annulé la vente aux enchères programmée et avait offert les statuettes de la discorde à leur pays d’origine. Les mauvaises langues avaient alors émis l’hypothèse que ce cadeau était finalement bien utile en assurant aussi une belle opération de communication pour le groupe de luxe sur le marché chinois. Une solution industrielle à un problème diplomatique en attendant peut-être une législation plus contraignante sur les ventes d’art qui agressent à répétition les nations soucieuses de retrouver l’intégrité de leur patrimoine culturel.  

Liens :

  • "Le Mexique réclame 33 objets précolombiens mis en vente en France", Courrier International, 01/02/2021. 
  • François Bougon et Brice Pedroletti, "La France rend à la Chine deux bronzes pillés en 1860", Le Monde, 29/04/2013. 
  • Judith Benhamou, "Art précolombien : un vaste territoire, de petits prix", Les Échos, 29/05/2019. 
Références

L'équipe

Anaïs Kien
Production