Scène de la tapisserie de Bayeux, illustrant l'invasion normande de 1066. Les troupes de Guillaume le Conquérant atterrissent à Pevensey et se rendent à Hastings.
Scène de la tapisserie de Bayeux, illustrant l'invasion normande de 1066. Les troupes de Guillaume le Conquérant atterrissent à Pevensey et se rendent à Hastings. ©Getty - Hulton Archive
Scène de la tapisserie de Bayeux, illustrant l'invasion normande de 1066. Les troupes de Guillaume le Conquérant atterrissent à Pevensey et se rendent à Hastings. ©Getty - Hulton Archive
Scène de la tapisserie de Bayeux, illustrant l'invasion normande de 1066. Les troupes de Guillaume le Conquérant atterrissent à Pevensey et se rendent à Hastings. ©Getty - Hulton Archive
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Aujourd’hui Anaïs Kien, dans le Journal de l’Histoire nous parle conquête et tapisserie !

Guillaume le Conquérant, ce Normand, ancêtre de la reine Elizabeth II, descendant de Viking considéré comme Français aujourd’hui bien sûr —  on aime les vainqueurs, d’autant qu’il a réussi sa folle entreprise de conquête de l’Angleterre, en 1066 à Hastings. La fameuse bataille représentée dans la Tapisserie de Bayeux, que si vous ne la connaissez pas déjà, vous allez vous empresser de googliser. Les historiens Pierre Bouet et François Neveux se penchent sur cette célèbre tapisserie dans un article des Annales de Normandie pour la soumettre aux sources écrites et en relever les divergences. Puisque l’enjeu était de détail, puisque les Normands ont gagné, les archives françaises sont plutôt bien pourvues pour l’époque. 

L’âge le plus sombre de notre ère

Car en effet, cette conquête ne se fait pas sans mal. Pas facile de traverser la Manche au XIe siècle d’autant plus quand on a invité comme Guillaume 15 000 hommes et 5000 chevaux à se joindre au voyage.

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Dans les récits de Guillaume de Poitiers et de Gui d’Amiens, le vainqueur est célébré en accord avec le scénario de la tapisserie de Bayeux à quelques détails prêt : le roi Edouard meurt en léguant son trône à Harold en écartant Guillaume, sur ce point les fils tissés ne sont pas très clairs. Alors que les troupes d’Harold attendent l’arrivée des Normands sur les cotes du sud, le viking Harald le Sévère ou Harald de Norvège tente sa chance lui aussi à l’Est, les Anglais cavalent donc jusqu’à lui pour lui régler son compte et reviennent attendre la flotte de Guillaume déjà éreintés. Difficile de broder ce crochet qui leur coûtera la souveraineté de l’île mais escamoter ce trouble-fête qui a probablement grandement facilité la victoire normande était tentant. 

La tapisserie de Bayeux, politique et ethnographique

Ces variations dans le récit relèvent bien sûr de la vocation de ces chroniqueurs dévoués au parti normand. Mais si la tapisserie suit son programme politique, c’est aussi une source ethnographique irremplaçable sur les bateaux, l’architecture civile et militaire, la vie des armées en campagne et les à-côtés de la cuisante bataille de Hastings. 

Mais histoire de ménager les relations futures et post-Brexit entre la France et le Royaume-Uni, la France s’apprête à prêter le trésor tapissier à son terrible cousin d’outre-manche en signe d’amitié.

L’objet avait été analysé par les nazis pour en comprendre les couleurs, la famille de Herbert Jeschke missionnée en 1941 pour le compte du chef de la SS Himmler au titre de document historique du peuple viking dans son goût immodéré pour tout ce qui attesterait d’une race supérieure. Ses descendants ont officiellement donné ses archives au Musée de la tapisserie de Bayeux en avril 2019. 

par Anaïs Kien

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L'équipe

Anaïs Kien
Anaïs Kien
Anaïs Kien
Production
Peire Legras
Réalisation
Thomas Jost
Réalisation