Hommage au photographe "promeneur" Marc Riboud

Paris, 1953. « Le peintre, surnommé Zazou, est à son aise, j’avais le vertige chaque fois qu’il se penchait pour tremper son pinceau »
Paris, 1953. « Le peintre, surnommé Zazou, est à son aise, j’avais le vertige chaque fois qu’il se penchait pour tremper son pinceau » - Marc Riboud
Paris, 1953. « Le peintre, surnommé Zazou, est à son aise, j’avais le vertige chaque fois qu’il se penchait pour tremper son pinceau » - Marc Riboud
Paris, 1953. « Le peintre, surnommé Zazou, est à son aise, j’avais le vertige chaque fois qu’il se penchait pour tremper son pinceau » - Marc Riboud
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L’immense photographe de presse Marc Riboud qui s’est éteint hier à l’âge de 93 ans, figure de l’agence Magnum. Avec lui, s’en va l’un des derniers grands repentant de la photographie humaniste.

Avec
  • Alain Genestar Journaliste
  • Clément Chéroux historien de la photographie, Conservateur pour la photographie au Centre Pompidou depuis 2007. Commissaire de l’exposition Henri Cartier-Bresson au Centre Pompidou (12/02/14 - 09/06/14).

Rien ne semblait destiner Marc Riboud à devenir le photographe, l' arpenteur, qu’il est devenu. Né dans d’une famille très aisée de sept enfants, il grandit à l’ombre de frères très brillants, (l’un Jean deviendra une grand industriel, un autre, un certain Antoine co-fondera et deviendra PDG de Danone), Marc Riboud se voit un offrir un appareil photo par son père qui, inquiet de sa grande timidité, lui dit : « si tu ne sais pas parler, tu sauras regarder ». C’est sur le tard, à 30 ans, après s’être ennuyé comme ingénieur qu’il devient photographe, en intégrant à l’invitation de Robert Capa et Henri Cartier Bresson la mythique agence Magnum, qui l’envoie dans le monde entier, explique Clément Chéroux conservateur de la Photographie au Centre George Pompidou.

Grâce à l’agence Magnum, Marc Riboud va parcourir le monde pour couvrir les grands événements du XXème siècle, retournant plusieurs fois dans les pays qu’il a couvert : la Chine, le Japon, l’Iran, la Pologne . Parmi ses clichés les plus célèbres il y a évidemment la jeune fille à la fleur , une photographie emblématique de la manière dont Marc Riboud travaillait, explique Alain Genestar , ancien journaliste et reporter, qui a organisé l’année dernière la dernière grande exposition consacrée au travail de Marc Riboud dans la galerie Polka qu’il a fondée.

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Après avoir présidé l’agence Magnum Marc Riboud la quitte ne 1979, disant « ne pas aimer la compétition pour la gloire » . Il souhaite continuer à travailler en prenant donc son temps. Marc Riboud, qui disait avoir réussi ses plus grandes photos, comme celle du peintre de la tour Eiffel, car il était contraint à l’économie, ne s’autorisant que quelques poses, restait perplexe face à l’évolution du reportage, la multiplication des objectifs et des clichés. Il racontait à Laure Adler, dans l’émission « Hors Champs » de 2010 la quête de la bonne photo. Retrouvez d'autres archives exceptionnelles de Marc Riboud ici.

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