La romancière et journaliste Asli Erdoğan au Festival du livre de Sain Malo
La romancière et journaliste Asli Erdoğan au Festival du livre de Sain Malo ©Getty - Ulf Andersen
La romancière et journaliste Asli Erdoğan au Festival du livre de Sain Malo ©Getty - Ulf Andersen
La romancière et journaliste Asli Erdoğan au Festival du livre de Sain Malo ©Getty - Ulf Andersen
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Les milieux intellectuels turcs mais aussi européens se mobilisent pour exiger la libération de la romancière Asli Erdogan. Romancière engagée notamment pour le droit des Kurdes, traduite et publiée dans plusieurs pays, elle est en prison depuis le 17 août.

Avec
  • Olivier Rolin écrivain
  • Pierre Astier Agent littéraire, ancien éditeur
  • Yigit Bener

On ouvre ce premier journal de la culture avec la figure de l’écrivain turque Asli Erdogan, l’une des plus importantes romancières de sa génération. Farouche défenseure de la communauté kurde, elle a été arrêtée et inculpée au beau milieu du mois d’aout. Les milieux intellectuels turcs mais aussi français se mobilisent pour exiger sa libération. Cela fait 12 jours qu’Asli Erdogan, qui porte ironiquement le même nom de famille que le président turc Recep Tayyip Erdogan, est en prison. Son arrestation a fait monter la tension déjà palpable en Turquie où le gouvernement s’est lancé dans une vaste campagne de répression après le coup d’état avorté du 15 juillet dernier. Asli Erdogan, physicienne de formation est devenue une figure phare de littérature turque, elle a publié plus d’une dizaine de romans traduits dans plusieurs langues dont « Le Mandarin miraculeux » et « Le bâtiment de pierre » parus chez Actes Sud. Elle est aussi et surtout une journaliste engagée, et c’est en qualité de collaboratrice du quotidien d’opposition Özgün Güden, qui défend notamment la minorité kurde, qu’elle a été arrêtée et inculpée de trois chefs d’accusation, dont celui d’appartenance à une organisation terroriste. Absurde, juge l’écrivain et traducteur turc Yigit Bener.

L’arrestation d’Asli Erdogan inquiète d’autant plus que les milieux intellectuels paient déjà un lourd tribut dans cette campagne de répression, qui semble toucher tous azimuts tous les universitaire, journalistes, auteurs qui expriment ou ont exprimé par le passé des opinions d’opposition sur des sujets qui fâchent le gouvernements. Asli Erdogan, en plus de soutenir la communauté kurde, avait publiquement pris position pour la reconnaissance du génocide arménien. Son agent littéraire Pierre Astier, ancien directeur des éditions du serpent à plumes et qui représente plusieurs auteurs turcs se dit très inquiet.

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Malgré la pression, le champ littéraire turc est entré en résistance. Tous les jours plusieurs écrivains se relaient devant la prison pour femmes d’Istanbul où Asli Erdogan est emprisonnée, et tous les journaux d’opposition publient chaque jour à tour de rôle un texte d’elle pour maintenir la pression. Il faudrait dit Pierre Astier que les Européens eux aussi se mobilisent. Une pétition internationale a été lancée en Turquie sur le site change.org, et traduite en plusieurs langues. Elle a déjà été signée par plus de 26 000 personnes, notamment en France en France par des figures de l’édition comme le patron d’Hachette Arnaud Nourry, et plusieurs écrivains notamment, Boualem Sansal ou encore Olivier Rolin.

La pétition sera remise aux autorités turques quand elle aura atteint 35 000 signatures. Les avocats d’Alsi Erdogan ont déposé hier dimanche une demande libération, immédiate, car les conditions de détention en Turquie sur lesquelles la romancière a elle-même beaucoup écrit, restent très difficile et que l’état d ’Asli Erdogan, très asthmatique, se dégradent de jour en jour.

Lecture d'un autoportrait de la romancière turque Asli Erdogan emprisonnée

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