Toni Morrison en 1992 ©Getty - Todd Plitt
Toni Morrison en 1992 ©Getty - Todd Plitt
Toni Morrison en 1992 ©Getty - Todd Plitt
Publicité
Résumé

Au menu de ce journal : des feuilles mortes, un mercredi cinéma et le décès hier de la romancière américaine Toni Morrison à l'âge de 88 ans.

avec :

Jeanne Balibar (Comédienne, chanteuse).

En savoir plus

"Toni Morrison, un trésor national".

Ici, disait-elle, là où nous résidons, nous sommes chair ; chair qui pleure et rit ; chair qui danse pieds nus sur l'herbe. Aimez tout cela. Aimez-le fort. Là-bas, dans le pays, ils n'aiment pas votre chair. Ils la méprisent. Ils n'aiment pas vos yeux ; ils préféreraient vous les arracher. Pas plus qu'ils n'aiment la peau de votre dos. Là-bas, ils la fouettent. Et, ô mon peuple, ils n'aiment pas vos mains. Ils ne font que s'en servir, les lier, les enchaîner, les couper et les laisser vides. Aimez vos mains ! Aimez-les ! Levez-les bien haut et baisez-les. 

Un extrait de Beloved de Toni Morrison en 1987. Beloved, le plus célèbre de ses onze romans - Prix Pulitzer en 1988-  est l’histoire de l’infanticide d’une mère pour que son enfant échappe à l’esclavage. Prix Nobel de Littérature en 1993, Toni Morrison est la petite-fille d’anciens esclaves. Toute sa vie, elle fut la porte-parole de la mémoire noire américaine et a porté les voix des laissés-pour-compte, en grande littérature.

Publicité

Si on la surnomme aussi la "Nina Simone" de la littérature, c’est parce qu’il y a de la musicalité dans son œuvre. Une plume qui emprunte au jazz, à l’oralité, à la culture populaire. Romancière en colère, Toni Morrison c’est aussi des essais, des livres pour enfants, des pièces de théâtre, un livret d’opéra. Éditrice dans les années 70, elle publie les biographies de Mohamed Ali et d’Angela Davis. Ou encore l’intégralité des écrits de l’auteur James Baldwin. 

Une œuvre et une vie à écrire et à penser l’Amérique esclavagiste, l’Amérique ségrégationniste ou le racisme de l’Amérique contemporaine. Le président Barack Obama avait déjà déclaré "Toni Morrison, un trésor national". 

Les 50 ans de la mort de Joseph Kosma 

On célèbre aujourd’hui les 50 ans de la disparition d’un des plus célèbres compositeurs : Joseph Kosma. La chanson française lui doit beaucoup : né en 1905 et mort le 7 août 1969, le musicien hongrois, exilé à Paris dès 1933, a composé plus d’une centaine de titres parmi les plus beaux du répertoire, dont ce tube :

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Les Feuilles mortes, interprétée par Yves Montand en 1949. Joseph Kosma est l'homme qui a mis en musique les textes de Prévert. Le 7e art lui est tout aussi reconnaissant. Il a écrit les bandes-son de cinéastes comme Renoir ou Marcel Carné et signé en tout les B.O. de plus de 90 films, dont Les Enfants du Paradis

Mercredi-cinéma

  • "Une Grande fille" de Kantemir Balagov

A noter aujourd’hui : la sortie d' Une grande fille, le second film du cinéaste russe de 28 ans Kantemir Balagov. Automne 1945, la ville de Leningrad porte les stigmates de la guerre, tout comme les corps et les psychés des soldates Macha et Iya. Prix de la mise en scène dans la sélection Un certain regard au Festival de Cannes, le film est une adaptation libre et réussie du roman La Guerre n'a pas un visage de femme, de Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature en 2015.  

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

  • Le Festival international du film de Locarno

Comme chaque jour, nous faisons une escale dans l’un des festivals de l’été. Aujourd'hui nous nous arrêtons au Festival international du film de Locarno en Suisse. La 72e édition commence aujourd’hui et se tient jusqu’au 17 août. L’évènement célèbre le cinéma d'auteur international, avec cette année une rétrospective sur le film noir et sur le cinéma coréen. Les cinéastes français sont aussi à l’honneur avec une trentaine de longs-métrages présentés - pour la plupart en exclusivité mondiale. Notre dame de Valérie Donzelli ; et - surprise - dans la sélection "cinéma du réel", l’actrice Jeanne Balibar passe pour la première fois à la réalisation avec : Merveilles à Montfermeil. Un film avec au casting Emmanuelle Béart et Mathieu Almaric mais aussi  une centaine d’acteurs non professionnels, les habitants de la commune de Montfermeil. La notion de jeu d’acteur est centrale pour Jeanne Balibar, "une déformation professionnelle" dit-elle. Par téléphone, elle nous raconte comment sa pratique d'actrice a influencé son travail de réalisatrice, et notamment sur la direction d'acteur. 

Références

L'équipe

Natacha Triou
Production
Nicolas Berger
Réalisation
Milena Aellig
Réalisation