Festival Visa pour l'Image à Perpignan
Festival Visa pour l'Image à Perpignan
 Festival Visa pour l'Image à Perpignan ©AFP - RAYMOND ROIG
Festival Visa pour l'Image à Perpignan ©AFP - RAYMOND ROIG
Festival Visa pour l'Image à Perpignan ©AFP - RAYMOND ROIG
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Résumé

Alors que les photographes de presse sont réunis en ce moment à Perpignan au festival Visa pour l’image, le ministère de la Culture a annoncé hier de nouvelles mesures pour soutenir le photojournalisme. Un secteur en crise, qui attendait un geste du gouvernement... depuis cinq ans.

avec :

Patrick Roche (Photographe de presse, responsable du photojournalisme à l'Union des Photographes Professionnels (ancien président de l'UPP)).

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Cela fait des années qu’on le sait, qu’on le dit, qu’on le répète, à Perpignan, notamment être photographe de presse aujourd’hui est un véritable combat. Les photographes de presse, sont, on le sait les première victimes, à la fois de la crise de la presse écrite, et du fameux tournant numérique : ils ont du mal à trouver des employeurs mais aussi à faire respecter leur signature, le fameux copyright, voire tout simplement à se faire payer. Le ministère de la culture a donc annoncé hier quatre mesures pour tenter d’enrayer cette machine infernale. Il propose de mettre sur la table un nouveau projet pour tenter de définir un salaire minium de la pige en photojournalisme, car figurez-vous qu’il n’y en a toujours pas ; aujourd’hui tout se fait de gré à gré, souvent au détriment du photographe.

La rue de Valois propose aussi de lancer une étude sur échantillon significatif de titres de presse pour faire le point en matière de propriété intellectuelle, en essayant de relever combien de fois est utilisé la fameuse mention « DR », « droits réservés », qui permettait théoriquement de publier une photo même quand on en connaît pas l’auteur, mais qui est aujourd’hui utilisée abusivement , notamment sur internet, pour éviter de payer des droits aux photographes. Les résultats de cette étude seront établis pour la première fois en fin d’année 2016 et renouvelés ensuite chaque semestre.

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Autre mesure forte, ministère propose d’obliger les éditeurs de presse bénéficiaires donc les grands groupes à prendre des engagements vis-à-vis des photographes faute quoi, ils seraient, ces éditeurs, sanctionnés en perdant une partie des aides que leur accorde l’Etat. Patrick Roche est journaliste de presse, Et représente sa profession au sein de l’Union de Photographes Professionnels (UPP). Il estime que cette dernière mesure est peut-être la plus forte et qu’elle est attendue depuis longtemps.

Ces mesures en faveur du photojournalisme interviennent quand même tard. Peut-être même trop tard. Elles sont à peu près les seules mesures en faveur du secteur depuis le début du quinquennat de François Hollande. La SCAM, qui représente les auteurs, organise une grande table ronde dans quelques heures dans le cadre du festival Visa pour l’Image de Perpignan, intitulée  « Cinq ans, trois ministres, zéro mesure ». Le message est on ne peut plus clair. On a l’impression qu’avec cette annonce, le ministère tente de montrer qu’il a su se mobiliser sur le dossier in extremis. Alors que selon Patrick Roche, la gauche aurait pu agir dès 2012.

Patrick Roche qui a de l’espoir et qui se console avec cette dernière annonce du ministère de la culture : la dotation du fonds pour la photographie documentaire au sein du Centre national des arts plastiques (CNAP) qui alloue de l’argent aux photojournalistes en fonction de leur projet sera renforcée dès cette année.

Références

L'équipe

Zoé Sfez
Production