L’amour en ligne  ©Getty - Tim MacPherson
L’amour en ligne ©Getty - Tim MacPherson
L’amour en ligne ©Getty - Tim MacPherson
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Résumé

Autrefois étudié comme une vertu, l’amour est désormais approché comme une marchandise. Mais qu’en est-il de l’amour sur les sites de rencontre ? Consommation sexuelle effrénée ou espoir de trouver le partenaire idéal, à quoi ressemble l’amour numérique ?

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Sex friends : comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère numérique, de Richard Mèmeteau aux éditions Zones, évoquel’amour-consommation dans un contexte non pas seulement capitaliste mais technologique, c’est-à-dire l’amour qui se trouve sur des sites. À quoi ressemble cet amour numérique ? 

L’amour en milieu technologique

L’amour et ses errances, l’amour au premier regard mais pas sans complications, ou l’amour simple, évident… Si les rencontres ne ressemblaient pas toutes à un film d’Arnaud Desplechin, elles en avaient malgré tout la logique : une rencontre (en général au travail, à la fac ou par des amis), de l’amour, et du sexe ou pas. Désormais, avec les sites de rencontre en ligne, la logique est plutôt celle-ci : une rencontre (en ligne, grâce à des algorithmes), du sexe, et de l’amour ou pas. 

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Alors, je préfère le dire tout de suite, il ne s’agit pas de dire ici : l’amour, c’était mieux avant. Il s’agit seulement, et c’est déjà beaucoup, de voir comment l’amour est travaillé différemment en milieu technologique. Qui rencontre-t-on ? Quels y sont les critères de séduction ? Comment passe-t-on de la virtualité des sentiments à leur matérialisation physique ? Est-ce que l’amour est devenu plus sexuel ? Est-ce qu’on y fait plus de rencontres ? Les possibles y sont-ils plus grands ? 

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L’embarras du choix

Premier constat dans ce livre : « l’expansion de la drague ne conduit pas à une multiplication générale des relations sexuelles ». Au contraire. L’expression « l’embarras du choix » n’a jamais été aussi pertinente. Il faut décider ce qui justement ne se décide pas. 

Validation demandée, évaluation permanente, le monde de l’amour numérique ne fait pas rêver, ne transporte pas, ne laisse pas aller les sentiments, n’ouvre pas à tous, il est au contraire tout fait de contrôle, de calculs, de créations de mini-communautés par préférences… et c’est le drame : ce monde de l’amour numérique ouvre tellement de possibles qu’il faut faire des choix : établir des critères, des repères, des rayonnages, ou aller vite, céder à l’arbitraire, balayer d’un doigt un profil qui était peut-être le partenaire de notre vie, comme on passe devant un étal de nourriture sans le regarder.  

Mais est-ce si sûr ? L’amour est-il vraiment devenu un hypermarché, comme on l’entend partout ? A-t-on vraiment, dans ce nouveau contexte technologico-sentimental, renoncé à l’amour ? 

En savoir plus : Love me Tinder
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Echange de fluides et régulation du marché

C’est un des autres constats que relève Richard Mèmeteau dans son livre : nous n’avons pas renoncé à l’amour, bien au contraire, nous voulons y plonger, nous y noyer. L’amour reste absolument le même, bien réel (c’est le concept de « EMU », exclusif, monogame et ultime) mais il a changé dans ses conditions (lieux de rencontres, logique des étapes, multiplication des possibles). Et c’est là le décalage. Si les corps sont désormais pris dans un grand réseau, d’échanges et de fluides, l’amour n’est pas pour autant un marché où on laisse tout faire. Entre sexe sans âme et amour idéal, voilà à quoi il pourrait alors ressembler : à de l’amitié, avec quelques bénéfices, fait de confiance et de réjouissance. 

Sons diffusés :

  • Extrait du film Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), film d’Arnaud Desplechin, 1996
  • Célibataires exigeants, émission Les Pieds sur Terre, France Culture, 17/05/2012, par Bahar Makool et Annabelle Brouard 
  • Publicité Meetic réalisée par Maïwenn 
Références

L'équipe

Géraldine Mosna-Savoye
Géraldine Mosna-Savoye
Anaïs Ysebaert
Collaboration