Comment mieux protéger les récifs coralliens ?

Les récifs coralliens sont menacés d’extinction, à cause de la surpêche et la pollution côtière et surtout à cause du réchauffement climatique.
Les récifs coralliens sont menacés d’extinction, à cause de la surpêche et la pollution côtière et surtout à cause du réchauffement climatique. ©Getty - Georgette Douwma
Les récifs coralliens sont menacés d’extinction, à cause de la surpêche et la pollution côtière et surtout à cause du réchauffement climatique. ©Getty - Georgette Douwma
Les récifs coralliens sont menacés d’extinction, à cause de la surpêche et la pollution côtière et surtout à cause du réchauffement climatique. ©Getty - Georgette Douwma
Publicité

Une étude estime les capacités de régénération de 1 900 récifs afin d'envisager des stratégies de conservation au cas par cas.

Les récifs coralliens sont des piliers de la vie marine : ils ne couvrent que 0.1 % de la surface de l’océan, mais abritent environ un tiers de la biodiversité marine. Pourtant, ils sont menacés d’extinction à cause de la surpêche et la pollution côtière, et surtout à cause du réchauffement climatique.

Pour les protéger, les conservateurs des récifs font face à une double mission. D’abord, s'assurer de la protection de cette biodiversité essentielle à la vie marine, mais il s’agit aussi de gérer le volume de pêche car près de trois milliards de personnes dépendent de ces récifs pour se nourrir. Alors, il faut pouvoir estimer ce qu’on peut aller pêcher tout en s’assurant de ne pas perturber l’ensemble de cet écosystème.

Publicité

Dans cette étude, les chercheurs ont réalisé une prédiction, non pas uniquement de la masse de poissons contenus dans ces récifs, mais de leur dynamique. Pour cela, ils se sont servis d’une base de données de suivi de plongée, le Reef Life Survey. Un sondage mené par des plongeurs volontaires qui ont noté la taille de plus de quatre millions de poissons répartis au sein de 1 400 espèces.

Les scientifiques ont ainsi pu déterminer la dynamique de croissance de ces espèces donc le temps que chacune d’entre elles met pour grandir, mourir et se régénérer. Ce qui leur a permis d’estimer la biomasse et la capacité de régénération de plus de 1 900 récifs coralliens à travers le monde, deux indicateurs qui n’évoluent pas de la même façon. L’objectif étant d’adapter les stratégies de conservation au cas par cas, en privilégiant, par exemple la pêche dans les zones à fort renouvellement.

Entretien avec Raphaël Seguin, chercheur en écologie marine à l’Université de Montpellier et auteur principal de l’étude.

LES MATINS DE CULTURE - 852 JDS /02 ITW Raphaël SEGUIN mono

1 min

La Méthode scientifique
58 min

Une espèce fossile que l’on pensait éteinte à été retrouvée dans le pacifique tout à fait vivante

Il s’agit d’un coquillage, le Cymatioa Cooki qui est un mollusque bivalve qu’on pensait disparu depuis des milliers voire des millions d’années, parce qu’on ne détenait de lui que des fossiles datant du pléistocène. Et il s’avère que des individus vivants appartenant à cette espèce ont été découverts à Santa Barbara aux Etats-Unis en 2018 et les résultats viennent d’être publiés. L’histoire commence avec un chercheur spécialiste des coquillages qui l’aperçoit pour la première fois dans la baie, en retournant des pierres. Il a d’abord cru à une nouvelle espèce, a interpellé d’autres spécialistes qui ont finalement fouillé dans la littérature scientifique, pour remonter à une publication de 1937, décrivant ce même coquillage mais fossile !

Mais pourquoi ne l’a-t-on pas découvert vivant plus tôt ? Ce coquillage est translucide, mesure seulement quelques millimètres. Mais surtout, il vivait selon les auteurs sous des roches inaccessibles, bien plus au sud. Les vagues de chaleur marines qui se sont produites entre 2004 et 2016 pourraient l’avoir fait changer d’habitat.

Nous cuisinions déjà du poisson il y a 780.000 ans

Et bien cuit ! La cuisson des aliments est souvent avancée comme étant un facteur-clé de l’évolution du genre Homo, autant d’un point de vue biologique qu’anthropologique. Et voici la plus ancienne preuve d’une cuisson intentionnelle.

C’est une découverte réalisée par des chercheurs dans le nord de l’Israël. Un site où l'on trouve beaucoup de poissons fossiles, notamment des poissons de la famille des carpes, qui possèdent des dents, qu’on appelle pharyngiennes, situées au fond de la gorge. Et en étudiant la composition de leur émail, et notamment la forme des cristaux qui composent l’émail. Les chercheurs ont mis en évidence que ces poissons avaient été exposés à des températures comprises entre 200 et 500 degrés, pendant un temps long. On ne sait pas par quel biais cette nourriture a été cuite, mais une chose est certaine : elle n’a pas été jetée directement au feu sinon les températures atteintes auraient été bien plus fortes, donc la cuisson est bien intentionnelle ! Les auteurs avancent que nos ancêtres, probablement Homo Erectus à cette période, auraient pu utiliser une sorte de four en terre.

À réécouter : Je pense donc je cuis
La Méthode scientifique
59 min

Le plus grand réseau de télescopes du monde est à présent terminé

Il s’agit du radiotélescope solaire de Dao-cheng, en Chine. Cela fait trois ans que ce pays s’attache à le construire, et les chercheurs viennent de terminer l’assemblage des dernières pièces. Au total, le réseau comptabilise plus de 300 antennes qui forment un cercle de 3 km de circonférence.

L’objectif de ce grand réseau de télescope est d’étudier les éruptions de notre soleil, et surtout la manière dont ces tempêtes affectent notre planète. Ce qui tombe bien, car notre étoile entre à présent dans une période de forte activité. Les premiers tests auront lieu en juin.

La Méthode scientifique
58 min

Merci à Raphaël Seguin pour ses précieuses explications

Pour aller plus loin

L’étude sur les récifs coraliens (Nature Sustainability, en anglais)

Mieux décider comment conserver les récifs coralliens en prédisant la capacité de régénération des communautés de poissons (CNRS)

L’étude sur le mollusque vivant (Zookeys, en anglais)

Incroyable, ce coquillage considéré comme disparu depuis des milliers d'années a été retrouvé bien vivant dans le Pacifique (Sciences et Avenir)

L’étude sur la cuisson du poisson (Nature Ecology and Evolution, en anglais)

Il s’agit de la plus ancienne preuve de cuisson des aliments (Science Post)

Le plus grand réseau de télescopes solaires du monde est maintenant terminé (Nature, en anglais)

L'équipe