Le nombre de faux positifs représente une biopsie sur quatre.
Le nombre de faux positifs représente une biopsie sur quatre. ©Getty - pixelfit
Le nombre de faux positifs représente une biopsie sur quatre. ©Getty - pixelfit
Le nombre de faux positifs représente une biopsie sur quatre. ©Getty - pixelfit
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En faisant appel à un seul radiologue combiné à cet algorithme, les chercheurs estiment une réduction de 20 % du nombre de faux positifs. Dans le reste de l'actualité scientifique, un traitement pour la maladie d'Alzheimer, l’orbite du télescope Hubble rehaussée et le boisement de déserts.

Le dépistage du cancer du sein se fait par imagerie médicale et par une analyse des clichés par deux radiologues. Pour ne rien laisser passer, on cherche des techniques ayant une très haute sensibilité. Mais sensibilité élevée rime souvent avec risque de faux positifs c’est-à-dire que des cas sont décrétés suspects alors qu’il n’y a pas de cancers.

Cela a des conséquences, notamment sur les patientes, car une suspicion de cancers entraîne la réalisation d’une biopsie, donc un geste invasif, où l’on va prélever un morceau de tissu.

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Et ce nombre de faux positifs n’est pas négligeable : il représente un quart des examens. Pour tenter de le limiter, on peut faire appel au deep learning, une intelligence artificielle entraînée. C’est ce qu'ont développé les chercheurs de cette étude.

Ils ont utilisé plus de 20 000 images d’IRM provenant de 14 000 patients. C’est un volume de données particulièrement important pour ce type d’études. Les résultats montrent, d’une part, que l’algorithme est aussi performant qu’un radiologue, et d'autre part, qu’en faisant appel à un seul radiologue combiné à cet algorithme, on pourrait réduire de 20% le nombre de faux positifs. Irène Buvat est directrice de recherche CNRS. Elle dirige également le laboratoire d’imagerie translationnelle en oncologie à l’Inserm et l'Institut Curie.

LES MATINS DE CULTURE - 852 JDS /02 ITW Irene Buvat

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Un nouveau traitement réduit le déclin cognitif dans la maladie d'Alzheimer

Ce sont les résultats à mi-parcours d'un essai clinique mené auprès de 1 800 patients se trouvant à un stade précoce de la maladie. Il s’agit d’une annonce faite par le laboratoire Eisai qui n'a pour l’instant publié aucun résultat.

Le médicament dont il est question est appelé lécanemab. C’est un anticorps monoclonal conçu pour éliminer des amas de protéines dans le cerveau, qui serait - mais c’est encore débattu - à l'origine de la maladie d'Alzheimer.

Pendant 18 mois, ces patients ont reçu des perfusions intraveineuses de ce médicament ou d'un placebo. Et leur cognition a ensuite été évaluée sur une échelle de 18 points. Résultat, le traitement aurait amélioré la cognition d’un demi-point et réduit dans l'ensemble le rythme du déclin cognitif de 27 %. Des résultats prometteurs mais de nombreux chercheurs restent prudents car il s’agit d’une annonce bien sûr, mais aussi parce que le bénéfice apporté est, selon eux, assez faible.

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SpaceX pourrait aider la NASA à prolonger la vie d’Hubble

Le télescope spatial Hubble a été lancé en 1990, et est toujours actif. Mais un problème se pose : à cause des frottements avec l’atmosphère, Hubble descend lentement vers la Terre. Au départ positionné à une orbite de 600 km, il vole aujourd'hui autour de 540 km, sans système de propulsion à bord.

L'agence spatiale américaine a ainsi confié à la firme d'Elon Musk une étude de faisabilité. Celle-ci doit permettre de déterminer s'il serait possible de s'amarrer au télescope et de le déplacer à une orbite plus stable, c'est-à-dire de le rehausser. Sans cela, on estime qu’Hubble a de grandes chances de tomber sur Terre à l’horizon 2037.

Planter des arbres dans le désert ne réduit pas les impacts du réchauffement climatique, au contraire

Le boisement des terres arides de la planète a été suggéré comme un moyen de réduire le réchauffement climatique. L’idée est de planter des arbres pour qu’ils puissent recapturer le CO2 dans l’atmosphère. Mais quel est l’effet réel de cette action ?

Ces chercheurs israéliens ne sont pas uniquement intéressés au bilan carbone de cette forestation, mais à son impact total. Et ils ont constaté que les avantages climatiques de ce geste sont mineurs. L’effet de séquestration du carbone est contrecarré par un autre effet, celui de la réduction du pouvoir réfléchissant de la forêt. Les terres désertiques sont généralement claires et reflètent donc la lumière du soleil, tandis que les forêts sont sombres et ont tendance à l'absorber. À grande échelle, une telle réduction de la réflectivité peut générer des effets de réchauffement significatif ce qui veut dire que planter des arbres dans ces milieux pourrait donc produire un réchauffement. Les auteurs de l'étude soulignent que le reboisement reste un levier important, mais qu’il ne peut pas se substituer à une réduction globale des émissions.

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Merci à Irène Buvat pour ses précieuses explications

Pour aller plus loin

Un médicament contre la maladie d'Alzheimer ralentit le déclin mental lors d'un essai - mais s'agit-il d'une percée ? (Nature - en anglais)

La Nasa et SpaceX envisagent de rehausser Hubble pour accroître sa durée de vie (Sciences et Avenir)

Les efforts massifs de plantation d'arbres sur les terres arides peuvent en fait provoquer un réchauffement plus important (PNAS - en anglais)

L'équipe

Alexandra Delbot
Alexandra Delbot
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