Encelade, la lune glacée de Saturne, pourrait vraiment abriter la vie
Encelade, la lune glacée de Saturne, pourrait vraiment abriter la vie ©Getty - All About Space Magazine
Encelade, la lune glacée de Saturne, pourrait vraiment abriter la vie ©Getty - All About Space Magazine
Encelade, la lune glacée de Saturne, pourrait vraiment abriter la vie ©Getty - All About Space Magazine
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Du phosphore vient d'être détecté, dernier élément nécessaire à la vie telle que nous la connaissons. Dans le reste de l'actualité scientifique, des microrobots pour soigner les pneumonies, des termites qui aiment la chaleur et le braconnage des tortues de mer en régression.

Encelade est une lune glacée très étudiée pour son habitabilité potentielle. Elle fait 500 km de diamètre, l’équivalent de la distance Paris-Brest. Donc elle est assez petite mais malgré cela, c’est un des astres les plus actifs du système solaire… Elle crache des panaches de matière du côté de son pôle Sud. Et surtout, elle cache sous sa croûte, à environ 10 km de profondeur, un océan d’eau liquide…

C’est une des conditions nécessaires à la vie telle qu’on la connaît mais pas la seule. Il faut donc de l’eau et des briques élémentaires du vivant… Qu’on rassemble sur le terme de CHNOPS, acronyme de carbone hydrogène azote oxygène phosphore et soufre. Tous ces éléments avaient été détectés sauf le phosphore… Et c’est donc chose faite.

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Deux études confirment que l’on a trouvé du phosphore sur Encelade, d’abord via une modélisation publiée le 19 septembre, mais aussi dans la foulée, par une annonce de détection de molécules dans des échantillons ramenés par la sonde Cassini.

Quelles conclusions tirer de ces deux études ? Qu'est-ce que cela signifie pour l'habitabilité et la vie sur cette lune ? Entretien avec Alice Le Gall, enseignante-chercheuse à l'Université Versailles Saint Quentin en Yvelines et planétologue au laboratoire LATMOS

LES MATINS DE CULTURE - 852 JDS /02 ITW Alice LE GALL

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Des chercheurs ont développé des microrobots pour soigner des pneumonies

Ces microrobots sont faits de petites algues…. des algues qui vont permettre leur mouvement. Et sur ces cellules d'algues… ont été déposés des antibiotiques, accrochés à leur surface.  Les chercheurs ont donc administré ces microrobots par un petit tube… à des souris préalablement infectées par une forme aiguë de pneumonie. une forme sévère que l’on retrouve fréquemment chez les patients intubés en réanimation. Et il s’avère que toutes les souris traitées ont survécu. Les infections ont complètement disparu au bout d'une semaine. Tandis que les souris non traitées n’ont pas survécu au-delà de 3 jours.

Et surtout, les chercheurs montrent que leur traitement est plus efficace qu’une intraveineuse d’antibiotiques… Les auteurs expliquent qu’il n’y qu’une infime partie des antibiotiques parviennent jusqu’aux poumons lorsqu'ils sont injectés en intra veineuse… D’où l’idée de le transporter avec ces petites algues.

Rien de toxique selon les scientifiques, tout sera dégradé naturellement. Il s’agit bien sûr uniquement d’une preuve de concept, il faut à présent étudier comment les microrobots interagissent avec le système immunitaire, et le tester à plus grande échelle bien avant, de l’utiliser chez l’humain.

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Avec le réchauffement climatique, les termites risquent de se propager

Les termites sont des insectes xylophages c'est-à-dire des insectes mangeurs de bois. Dans cette étude publiée dans Science, des chercheurs ont quantifié pour la première fois la sensibilité des termites à la chaleur, sur plus de 130 sites sur la planète. Et il s’avère qu’ils sont bien plus efficaces lorsqu’il fait chaud. Par exemple, les termites d'une région où la température est de 30°C mangeront le bois sept fois plus vite que dans un endroit où la température est de 20°C.

Et parce que ces insectes ont besoin de très peu d’eau, selon les auteurs, ils risquent de voir leur aire de répartition s’élargir avec le réchauffement climatique. Et cela pose problème, pas pour vos meubles je le précise, mais pour le cycle du carbone. Car si cette aire s'élargit et que les populations deviennent plus nombreuses… Ils risquent de relâcher davantage de gaz à effets de serre… Parce que le bois renferme du carbone. Et si le stock de bois mort est consommé rapidement, le carbone qui y est stocké sera rapidement libéré dans l'atmosphère.

NDLR : petite erreur dans le podcast, termite est un nom masculin

Une étude révèle que le braconnage des tortues de mer est en régression

Car pendant des millénaires, les tortues et leurs œufs ont été utilisés par les humains… Que ce soit comme source de nourriture pour leurs viandes, pour faire des peignes ou bijoux de leurs carapaces ou pour d’autres pratiques culturelles ou médicinales… Et à cause de cette chasse, les populations de tortues de mer avaient ainsi diminué.

Et si on estimait en 2014 qu’environ 40.000 d’entre elles étaient chassées légalement… On ignorait le nombre vendu sur le marché noir. Et c’est ce qu’estime cette étude. Au total, plus d'un million de tortues de mer auraient été tuées illégalement entre 1990 et 2020. Mais les chercheurs ont également constaté, et c’est une surprise, que les prises illégales, entre 2010 à 2020, étaient inférieures de près de 30 % à celles de la décennie précédente.

Une nouvelle plutôt positive donc, mais pas suffisante. Car 6 des 7 sept espèces de tortues marines présentes dans le monde restent en danger… À cause du braconnage, mais aussi de la destruction de leurs habitants par les humains.

Merci à Alice Le Gall pour ses précieuses explications.