L'oxygénation des océans est essentielle au développement de la vie
L'oxygénation des océans est essentielle au développement de la vie ©Getty - JodiJacobson
L'oxygénation des océans est essentielle au développement de la vie ©Getty - JodiJacobson
L'oxygénation des océans est essentielle au développement de la vie ©Getty - JodiJacobson
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Dans l'actualité scientifique, le lien entre réchauffement climatique et les inondations au Pakistan cet été, le calcul du coût énergétique de la mastication humaine et les dernières nouvelles du James Webb.

L'oxygénation des océans est essentielle au développement de la vie. Pour mesurer son évolution dans le passé lointain, les géologues utilisent des marqueurs indirects, en particulier, la composition chimique des roches pour remonter jusqu’à l’oxygénation des eaux. En utilisant des modèles, ils recréent la dynamique de cette évolution pour comprendre comment l’oxygénation des océans a varié au cours du temps.

Seulement, les modèles utilisés jusqu’à présent étaient très simples, trop simples. Ils représentaient l’océan comme une cuve donc comme un seul réservoir avec un taux d’oxygénation unique.

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Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé des modèles plus poussés qui ont pris en compte les courants océaniques. C’est la première fois que ce facteur est considéré. Et il s’avère qu’il y a 540 millions d’années, avant l’explosion de la biodiversité, l’océan était très mal oxygéné, pas à cause d’un faible taux d’oxygène dans l’atmosphère, ce qui était communément admis, mais en raison de la position des continents.

Alexandra Delbot s'entretient avec Alexandre Pohl, chercheur CNRS au laboratoire Biogéosciences à Dijon et premier auteur de cette étude.

LES MATINS DE CULTURE - 852 JDS/02 ITW Alexandre Pohl OKOKmono

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Le réchauffement climatique, à l’origine des inondations extrêmes au Pakistan cet été ?

C’est ce qu’on appelle une étude d’attribution : le but est d’attribuer ou non des événements climatiques extrêmes au réchauffement climatique. Il s’avère que les précipitations extrêmes dans la région ont augmenté de 50 à 75 %. Et certains modèles, suggèrent que cette augmentation pourrait être entièrement due au changement climatique d'origine humaine. Mais certaines incertitudes demeurent notamment à cause de la grande variabilité observée et du manque de données anciennes dans ce pays.

Mais qu’elle soit totale ou non, cette attribution est importante car elle soulève plusieurs points concernant la responsabilité des pays les plus développés par exemple dans la réduction des gaz à effet de serre. Le Pakistan est responsable de moins d’1 % des émissions mondiales mais il est plus exposé à ses effets. Le bilan est ici de 1400 décès et 33 millions de personnes touchées. Et ensuite, l'étude souligne que la population était déjà vulnérable du fait de la mauvaise qualité des infrastructures des villes. D'autant plus que cette ancienne colonie britannique est encore très dépendante des puissances occidentales.

Quel est le coût énergétique de la mastication humaine ?

Les chercheurs ont enregistré la consommation d’oxygène et de CO2 de 21 volontaires, dont la tête était enfermée dans une sorte de casque d’astronaute. Ensuite, ils leur ont demandé de mâcher un chewing-gum plus ou moins dur pendant 15 minutes.

Résultat, la mastication nous coûte environ 1 % de la dépense d'énergie quotidienne. Les chercheurs ont conclu que l’augmentation de la dépense énergétique est d’environ 10 % pour un chewing-gum "mou", mais de 15% pour la mastication d’un chewing-gum plus rigide. Une variation qui paraît faible mais à laquelle les auteurs ne s’attendaient pas.

Combien de temps passons-nous chaque jour à mastiquer ? 35 min par jour en moyenne. Selon les cultures, cela peut aller de 7 à 75 minutes. C'est beaucoup moins que les autres hominidés. Chez les grands singes par exemple, la mastication dure plus de 6h. Les auteurs pensent donc que nos ancêtres passaient eux aussi plus de temps à mâcher, et que l’évolution de notre mâchoire aurait été différente si nous n’avions pas commencé à cuisiner nos aliments, et donc à les rendre plus mous.

À réécouter : Je pense donc je cuis
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Nouvelles images du James Webb, cette fois il ne s'intéresse pas aux confins de la galaxie

Non, cette fois il s’agit de la planète Mars. Des images qui ne semblent peut-être pas aussi spectaculaires que ce à quoi nous sommes habitués à présent avec ce télescope, mais qui sont tout aussi importantes.

Parce que le James Webb est très proche de sa cible et parce qu’il est construit pour détecter la lumière extrêmement faible dans les galaxies lointaines, les scientifiques ont dû s'adapter pour ne capter qu’une faible partie de sa lumière, sinon les instruments auraient été éblouis. En une seule observation, le télescope vient donc de rendre le premier spectre, la première étude de la composition atmosphérique de Mars ainsi que différentes images pour étudier les variations de température entre le jour et la nuit.

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Merci à Alexandre Pohl pour ses précieuses explications

Pour aller plus loin

La tectonique des plaques contrôle l’oxygénation des océans (Journal du CNRS)

La mastication aurait dicté l'évolution de nos mâchoires (Sciences et Avenir)

Première observation de la planète rouge par le James Webb (en anglais - ESA)

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Alexandra Delbot
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