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. ©Getty - Matt Aust | star-trails.de
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Le rover chinois Chang’E 5 a détecté des molécules d’H2O sur la surface lunaire, et autres actualités scientifiques.

Selon une étude parue dans la revue Science Advances, nous aurions détecté pour la première fois in situ de l’eau sur la Lune. Le petit atterrisseur chinois Chang’E 5 s’est posé le 1er décembre 2020 dans un bassin volcanique, « l’Océan des tempêtes », à la surface de la Lune. Ce robot est capable d’étudier, sur place, la minéralogie de surface, c’est-à-dire de comprendre la concentration chimique de certains éléments. Selon cette étude, il aurait détecté de l’eau en très faible quantité : 120 ppm, soit environ 120 grammes d’eau par tonne, ce qui est relativement faible par rapport aux teneurs d’eau que l’on observe sur Terre. En effet, même dans le désert du Sahara, les concentrations d’eau sont 100 fois plus fortes. Néanmoins, cette quantité constitue une détection importante car jusqu’à présent, cela n’avait été fait qu’à distance. Chang’E 5 a ainsi mesuré plusieurs roches à plusieurs endroits, dans lesquelles on voit des concentrations différentes d’un endroit à l’autre. Il y aurait potentiellement différentes sources d’eau sur la Lune mais pour le moment, il y a encore des incertitudes sur cette détection.

Sylvain Bouley est planétologue et professeur à l’Université Paris Saclay. Il est le président de la Société Astronomique de France.

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LA_METHODE_SCIENTIFIQUE - Sylvain bouley

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Xénogreffe : un humain reçoit un cœur de porc

Pour la première fois, un cœur de porc a été greffé sur un humain. C’est ce qu’a annoncé hier la faculté de médecine de l'Université du Maryland, aux États-Unis. Un homme de 57 ans, qui ne pouvait pas recevoir de greffe humaine, s’est porté volontaire : « c’était soit la mort, soit cette greffe » explique-t-il. L’organe provient d’un porc génétiquement modifié par CRISPR Cas 9, afin d’éviter un « rejet hyper aigu », c'est-à-dire une réaction immunitaire rapide qui rejette l’organe en quelques minutes. L’opération a eu lieu vendredi et le cœur de l’animal fonctionne toujours. C’est une avancée chirurgicale majeure, mais il y a encore de nombreuses étapes avant que les xénotransplantations deviennent des solutions à la pénurie d’organes.

Deltacron, Flurona : une épidémie de fake news

Un fake news se répand : non, il n’existe pas de variant Deltacron. Cette infox nous vient de Chypre où des chercheurs d’un laboratoire auraient identifié une souche hybride : une combinaison des variants Delta et Omicron. Il est possible que les coronavirus puissent se combiner génétiquement, mais cela reste rarissime. Dans ce cas précis, il ne s’agit pas d’une nouvelle souche, mais plutôt d’une erreur de séquençage des échantillons, en l'occurrence de prélèvements contaminés par d’autres prélèvements. Par ailleurs, le « Flurona », une combinaison de la grippe et du SARS-CoV-2, n’existe pas non plus. Les deux virus ne peuvent pas se combiner. Il s’agit simplement d’infections simultanées.

Des mini robots thérapeutiques qui naviguent dans les veines

Enfin, une étude parue dans ACS Nano décrit la création de minuscules robots capables de nager dans les vaisseaux sanguins pour débloquer les caillots sanguins. Cette équipe chinoise s’est inspirée des bactéries pour la conception de ce mini robot en forme de tire-bouchon. D'une taille de 7 millimètres de long sur 2 millimètres de large, il peut nager dans les veines pour délivrer des médicaments anticoagulants. Un prototype a été testé dans des vaisseaux sanguins de synthèse, irrigués par du sang de porc. Equipé d’une hélice, des aimants lui permettent d’avancer dans la veine et de tourner sur lui-même. Une fois arrivé jusqu’au caillot sanguin, le robot a pu délivrer sa cargaison thérapeutique. Selon les auteurs, cette méthode serait beaucoup plus efficace et rapide que la traditionnelle thrombolyse.

L'équipe

Natacha Triou
Natacha Triou
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Production