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Une percée dans la technique de la xénogreffe, et autres actualités scientifiques

Pour commencer, nous reviendrons sur une première mondiale : le succès de la première xénogreffe humaine. Cette opération unique a eu lieu la semaine dernière. Des chercheurs New-Yorkais ont réussi pour la première fois à greffer un rein de porc chez un être humain. Après l'obtention du consentement de sa famille, une femme en état de mort cérébrale et maintenue en vie a reçu un organe entier d'origine porcine. L'organe greffé a survécu et fonctionné normalement, en filtrant les déchets du sang et en produisant de l'urine, pendant 54h. Pourquoi le rein d’un porc ? C’est parce que cet animal partage de nombreuses similitudes moléculaires avec nous. De plus, on l’utilise déjà pour des valves cardiaques ou pour des greffes de peau. Face au problème grandissant de la pénurie d’organes, l’idée de la xénogreffe semble être une solution. Selon les auteurs, des xénogreffes pourraient avoir lieu dans les deux ans mais l’étude n’a pas encore été publiée pour le moment…

Sylvaine You est directrice de recherche INSERM sur les immunothérapies à l’institut Cochin à Paris.

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LA_METHODE_SCIENTIFIQUE - Sylaine You

2 min

Résistance innée à l'infection par le SARS-CoV-2 : des pistes génétiques à explorer 

Selon un article paru dans la revue "Nature Immunology", nous devrions creuser la piste d’une résistance innée à l'infection par le SARS-CoV-2. Certaines personnes semblent être "naturellement" immunisées contre ce virus. C’est le cas notamment de ce que l’on appelle des "couples discordants", quand l’un des membres est positif au SARS-CoV-2 mais que le second n’est jamais infecté, bien qu’il soit fortement exposé au virus. On ne connait pas les déterminants génétiques et immunologiques de cette résistance à l'infection. Dans cet article de perspective, un consortium international appelle à enquêter sur cette voie, pour débusquer des gènes potentiellement impliqués. Il rappelle que par le passé, c’est en enquêtant sur les causes génétiques de la résistance innée au VIH que nous avons pu créer des thérapies importantes.

L’origine de la domestication des chevaux

Grâce à une étude publiée dans la revue "Nature", nous savons enfin où et quand les premiers chevaux domestiques sont apparus. Ils ne viennent ni d’Anatolie, ni de Sibérie, ni de la péninsule Ibérique, mais des steppes pontiques du nord du Caucase. C’est la conclusion de cette grande enquête génomique. Une équipe internationale, qui a notamment réuni des chercheurs du CNRS, a séquencé les génomes de plus de 200 chevaux, vieux de 50.000 et 200 ans avant notre ère. Elle les a comparés avec les génomes de chevaux domestiques modernes. Si l’Eurasie a connu une grande variété d’espèces, à partir de 2.000 avant notre ère, les chevaux du Nord du Caucase ont remplacé toutes les autres espèces en seulement quelques siècles. Les chercheurs attribuent ce remplacement à leurs caractéristiques avantageuses : "un dos plus robuste, une bonne endurance et une meilleure docilité".

Les vestiges d’un carambolage géant de planètes

Enfin, une étude parue dans la revue "Nature" décrit un carambolage de planètes. On sait que lorsque les systèmes planétaires se forment, les jeunes planètes s’entrechoquent avant de se stabiliser à long terme sur leur orbite. Une équipe américaine a détecté les restes d’un immense carambolage. Dans un jeune système planétaire à 95 années-lumière de nous, et jeune de seulement 23 millions d'années, les chercheurs ont découvert une grande quantité de monoxyde de carbone autour de l'étoile. Selon cette étude, ce gaz ne peut provenir que d’un impact géant. Il y a 200.000 ans, une planète de la taille de la Terre a été heurtée par un corps. L’impact a été si brutal que cette planète en a perdu une partie de son atmosphère. 

L'équipe

Natacha Triou
Natacha Triou
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Production