Tumeurs agressives : des mécanismes épigénétiques propres aux femmes

Transformation des cellules mammaires tumorales dans le cancer du sein.
Transformation des cellules mammaires tumorales dans le cancer du sein. - Inserm – Xavier Coumoul
Transformation des cellules mammaires tumorales dans le cancer du sein. - Inserm – Xavier Coumoul
Transformation des cellules mammaires tumorales dans le cancer du sein. - Inserm – Xavier Coumoul
Publicité

Pourquoi certaines pathologies affectent-elles plus les femmes que les hommes ? Et autres actualités scientifiques.

Une étude parue dans la revue « Cell » décrit l’identification d’un mécanisme épigénétique propre aux femmes, qui est impliqué dans le développement de tumeurs agressives.

Une équipe française s’est intéressée à la régulation du chromosome X chez la femme. Cette dernière compte 2 chromosomes X, tandis qu'il n'y en a qu'un seul chez l'homme. Un mécanisme de régulation opère alors, pour que les gènes du chromosome X ne soient pas exprimés deux fois plus chez la femme que chez l’homme. Ce mécanisme s’appelle l’inactivation du X, c’est-à-dire qu’un des deux chromosomes X est rendu "silencieux" et ses gènes ne sont plus utilisés. La façon dont ce chromosome va être rendu inactif réside dans un ARN non codant, appelé XIST, qui va venir recouvrir le chromosome. Les chercheurs se sont demandés ce qui se passerait si ce mécanisme de régulation ne fonctionnait plus comme il le devrait. En travaillant sur des tissus mammaires, c'est-à-dire les cellules du sein, ils ont montré que l’inactivation de XIST augmente l’agressivité des cancers. Cela pourrait expliquer pourquoi les hommes et les femmes ne sont pas à égalité sur certaines pathologies.

Publicité

Raphaël Margueron est chef d’équipe à l’institut Curie dans une unité affiliée à l’INSERM et au CNRS. Il est auteur de cette étude.

LA_METHODE_SCIENTIFIQUE - JDS Raphael Margueron

1 min

La Méthode scientifique
58 min

Grippe aviaire : vers la vaccination des élevages

Contre la grippe aviaire, l’Union Européenne s’oriente désormais vers la vaccination des élevages. L’Europe est actuellement frappée par une épidémie de grippe aviaire, considérée comme la plus grave de son histoire. En France, depuis décembre, 16 millions d’animaux ont été abattus. Pour le moment, face à l’influenza aviaire, il n'y avait pas d'autres moyens de protection que les confinements des élevages ou les abattages de masse. Mardi 24 mai, les ministres européens de l’agriculture se sont réunis à Bruxelles. Selon un communiqué du Conseil de l’Union Européenne, ils se sont mis d’accord pour développer une stratégie vaccinale à échelle européenne. En France, deux candidats vaccins sont déjà à l’essai sur des canards. L’Italie et la Hollande expérimentent des vaccins sur des poules et des dindes.

La Méthode scientifique
58 min

Sclérodermie : une double greffe de mains

Pour soigner la sclérodermie, l’Angleterre a réussi la première double greffe de mains. À la mi-décembre 2021, un hôpital du Yorkshire a réalisé une double transplantation des mains. Le patient de 48 ans souffrait de sclérodermie, une maladie auto-immune rare qui, au stade terminal, déforme les doigts et les mains au point d’en perdre l’usage. Après une évaluation psychologique du patient, et après avoir trouvé un donneur, les chirurgiens ont donc remplacé ses mains lors d’une opération de 12 heures, qui a nécessité le travail de 30 professionnels. Aujourd’hui, la dextérité du patient est limitée mais il peut à nouveau se servir de ses mains.

La Méthode scientifique
59 min
La Méthode scientifique
58 min

Des ruines archéologiques gigantesques en pleine jungle amazonienne

Enfin, selon une étude parue hier dans la revue "Nature", nous avons découvert des ruines archéologiques gigantesques en pleine jungle amazonienne.

Grâce à la technologie LIDAR, une technique de cartographie laser par survol, nous pouvons voir ce qui est caché sous le sol ou la végétation. C'est ce qui s'est passé dans la forêt amazonienne, dans le nord de la Bolivie, où une équipe allemande a analysé les données LIDAR d'une zone de 4.500 kilomètres, qui appartenait à l’ancienne culture Casarabe. Les chercheurs ont découvert une vingtaine de sites, dont la moitié était auparavant inconnue. Il s'agit de vestiges qui datent de 500 à 1.400 ans après notre ère. Les données LIDAR ont révélé une architecture civique et cérémonielle complexe, avec des plateformes en gradins, des monticules en forme de U et des pyramides coniques de 22 mètres de haut. On ajoute aussi des infrastructures de gestion de l'eau, faites de canaux et de réservoirs. Nous pensions que la forêt amazonienne était peu peuplée à l’époque précolombienne, mais cette étude démontre l’inverse.

L'équipe