Crânes d'australopithèques, en haut à gauche, celui de "Mrs Ples" découverts dans les grottes de Sterkfontein, en Afrique du Sud. - © Jason Heaton / Ronald Clarke / Ditsong Museum of Natural History
Crânes d'australopithèques, en haut à gauche, celui de "Mrs Ples" découverts dans les grottes de Sterkfontein, en Afrique du Sud. - © Jason Heaton / Ronald Clarke / Ditsong Museum of Natural History
Crânes d'australopithèques, en haut à gauche, celui de "Mrs Ples" découverts dans les grottes de Sterkfontein, en Afrique du Sud. - © Jason Heaton / Ronald Clarke / Ditsong Museum of Natural History
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Résumé

De nouvelles datations de fossiles suggèrent qu’il y aurait un berceau de l’humanité à l’échelle du continent, et autres actualités scientifiques.

En savoir plus

Selon une étude parue hier dans PNAS, les australopithèques d’Afrique du Sud sont beaucoup plus vieux que nous ne le pensions. Il y a Lucy, la célèbre « Australopithecus afarensis » d’Afrique de l’est, mise à jour par Yves Coppens qui nous a quittés la semaine dernière. Puis, il y a « Australopithecus africanus » d’Afrique du Sud, découvert dans la grotte Sterkfontein, située à 35 kilomètres de Johannesburg sur un site qui a livré près de 500 restes d’Australopithèques, la plus riche formation au monde. En 2006, une équipe internationale à re-daté « Little Foot », un fossile quasiment complet, et a prouvé qu’il était 1,5 million d’années plus vieux que ce qui était admis jusqu'alors. Cette même équipe a repris l’étude stratigraphique de cette grotte. Elle s’est intéressée à "Mrs Ples" (Madame Pless) et là encore, les datations n’étaient pas les bonnes. "Mrs Ples" a été datée à 3,4 millions d’années, et non pas à 2,6 millions d’années. Cela signifie qu’elle est plus âgée que Lucy, datée à 3,2 millions d’années. Nous avons donc deux espèces parallèles et concomitantes, entre l’Afrique de l’est et l’Afrique australe. Cela prouve qu’en Afrique, deux zones peuvent être considérées comme des berceaux de l’humanité.

Laurent Bruxelles est géo-archéologue au CNRS et co-signatiare de cette étude.

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LA_METHODE_SCIENTIFIQUE - JDS Laurent Bruxelle

2 min

Mars : les rayons cosmiques compromettent la recherche d’anciennes traces de vie

Selon une étude parue dans la revue « Astrobiology », pour trouver d’anciennes traces de vie sur Mars, il faudra aller les chercher très en profondeur. C’est l’inquiétude des chercheurs de la NASA… Pour savoir s’il y a eu de la vie sur Mars, nous sommes à la recherche d’acides aminés, les éléments constitutifs de la vie telle que nous la connaissons. Ce sont les missions des rovers Curiosity et Perservance qui s'en chargent sauf que, dans des expériences en laboratoire, les chercheurs ont reproduit les conditions martiennes et ont soumis des acides aminés à un rayonnement gamma ionisant, pour imiter le rayonnement cosmique à la surface de Mars. Selon leurs résultats, les rayons cosmiques détruisent très rapidement les acides aminés. Seuls ceux enfouis à deux mètres pourraient être préservés. Or, les actuelles missions ne font des forages que de cinq centimètres de profondeurs...

Le réchauffement climatique affecte aussi le cycle biologique des grands mammifères

Selon une étude parue hier dans PNAS, le changement climatique modifie le calendrier des cycles biologiques des lycaons. Une équipe américaine a étudié les données démographiques de ces chiens sauvages d'Afrique, ou chiens-hyènes, plus précisément de 60 meutes du Botswana, entre 1989 et 2020. Ils ont comparé ces données à un modèle climatique. Les chercheurs montrent qu’il y a une corrélation étroite entre la hausse des températures et la période des naissances. Avec une augmentation de 3,8°C en 30 ans, ces animaux mettent bas plus tard. Les naissances qui avaient habituellement lieu en mai se déroulent à présent en juin, pour concorder avec des températures plus fraiches. Par ailleurs, cela a également affecté les taux de survie des chiots, alors que cette espèce est déjà menacée de disparition.

Des points communs entre notre cerveau et celui des pieuvres

Enfin, selon une étude parue dans BMC Biology, notre cerveau partagent des points communs avec celui des pieuvres. Une équipe internationale vient de découvrir des similitudes moléculaires entre notre cerveau et celui de deux espèces de pieuvre. Par séquençage génomique, les chercheurs ont découvert la zone responsable de l’apprentissage et des capacités cognitives dans le lobe vertical de ces animaux. Ils y ont découvert des transposons qui appartiennent à la famille LINE. Ces transposons sont des gènes sauteurs, comme des petits morceaux d’ADN capables de sauter d’un endroit à un autre. Actifs dans l'hippocampe, ils sont liés à l'apprentissage et à la mémoire, ce que l’on considérait comme spécifique au cerveau humain. Cette analogie moléculaire pourrait peut-être expliquer la remarquable intelligence de ces invertébrés.

57 min
Références

L'équipe

Natacha Triou
Production