Les chercheurs qui se déplacent le plus en avion sont aussi ceux qui publient le plus

.
. ©Getty - Abstract Aerial Art
. ©Getty - Abstract Aerial Art
. ©Getty - Abstract Aerial Art
Publicité

Selon cette étude, la visibilité des travaux de recherche est corrélée à l'empreinte carbone des scientifiques. Dans la suite de l'actualité scientifique, la concentration en spermatozoïdes baisse mondialement, le décollage d'Artémis et le projet de sciences participatives Qubs.

Il s’agit d’une étude pas tout à fait comme les autres, car elle est réalisée par le collectif Labo1point5 qui est un collectif de personnel de la recherche de disciplines très variées (astronomie, sociologie, épidémiologie, agronomie) et qui vise à estimer et réduire l’empreinte carbone de la recherche en France.

Pour évaluer comment les acteurs de la recherche se positionnent par rapport à l'urgence climatique, ce collectif a réalisé une grande enquête à l’été 2020. Au total, 6 700 personnes affiliées au CNRS, tout statut confondu, ont répondu à un grand nombre de questions. Mais trois éléments nous intéressent ici :

Publicité
  • le nombre de déplacements en avion pour raison professionnelle, pour se rendre par exemple à des congrès, des conférences, des formations ou des missions de terrain
  • ensuite, le nombre de publications sur les trois années précédentes
  • et pour finir, ce qu’on appelle l’index H. C'est un indicateur d’impact des publications d'un scientifique, c'est-à-dire que plus un scientifique publie et plus son papier est cité par des confrères, plus l’index augmente. Si l’index H vaut 20, cela veut dire que 20 publications ont été citées au moins 20 fois. Cela permet de refléter à la fois la productivité et la notoriété des travaux.

Avec ces trois types de données, les auteurs ont conclu que les scientifiques voyageant le plus sont aussi ceux qui publient le plus et ont l’index H le plus élevé, et ceci même en prenant en compte l’âge, le genre ou la discipline. La visibilité dans la recherche est donc bien corrélée à l’empreinte carbone.

Quelles interprétations peut-on en faire et faut-il créer de nouveaux indicateurs pour intégrer l’empreinte carbone à la visibilité des chercheurs ? Entretien avec Tamara Ben Ari, chercheuse INRAE, directrice du groupement de recherche Labo1point5 et dernière autrice de l’étude.

LES MATINS DE CULTURE - 852 JDS /02 ITW Tamara BEN ARI mono

1 min

La Méthode scientifique
57 min

Le nombre de spermatozoïdes est en baisse partout dans le monde

C’est l’un des facteurs clés de la fertilité masculine et il est en chute depuis près de 50 ans. Il s’agit du résultat d’une méta-analyse c'est-à-dire d’une analyse de la littérature disponible sur le sujet entre 1973 et 2018, et c’est la plus vaste étude menée jusqu’à présent. En agrégeant toutes les données disponibles, les auteurs ont mis en évidence que la concentration moyenne en gamète masculine est passée de 101 millions par millilitre à 49 millions par millilitres. Sachant que ce chiffre est proche des taux considérés comme problématique pour la fertilité.

Et cette étude nous renseigne également sur le rythme du déclin, avec un taux de chute de 1,1 % après 1973, 1,9 % par an après 1995 et 2,64 % par an depuis l’année 2000. Une chute qui s’accélère donc. Les raisons de cette baisse ne sont pas formellement établies, mais des travaux pointent des causes comportementales, comme le tabagisme, le stress, l’alcool, ou des causes environnementales, comme les perturbateurs endocriniens, les polluants ou la pollution atmosphérique.

La Question du jour
8 min

La fusée Artémis I s’envole enfin vers la Lune

La troisième fut la bonne. La super-fusée de la NASA - la fusée SLS- a décollé ce matin un peu avant 8h (heure française) de Cap Canaveral, en Floride. Son lancement avait dû être repoussé par deux fois, en raison de problèmes moteurs et de plusieurs fuites d’hydrogènes. Son carburant, a d'ailleurs de nouveau fuit ce matin, à quelques heures du lancement, mais cela a été rapidement réparé.

Le but de cette première mission est de tester en conditions réelles ce nouveau lanceur. Il emporte avec lui le vaisseau Orion qui accueillera un jour des astronautes. Mais pour cette fois, il n’y a ni pilote ni humain à bord, seulement des mannequins et des appareils de mesure. Orion et l’étage supérieur de la fusée feront le tour de la Lune avant de revenir sur Terre, 25 jours après leur lancement.

À réécouter : Artemis : viser la Lune
La science, CQFD
58 min

Un nouveau projet de sciences participatives pour étudier le contenu des sols

Il s’agit du projet QUBS pour “Qualité biologique des sols”, un projet porté par plusieurs équipes de recherche, à Paris, Montpellier et Nancy. L’objectif est avant tout de découvrir le contenu de nos sols en invertébrés mais aussi de collecter des données qui seront ensuite utilisées par des scientifiques.

Et pour récupérer ces insectes, il y a à disposition deux protocoles. Le protocole des “noctambules”, où on laisse un gobelet au sol, la nuit, en ayant déposé un petit coton humide pour assurer la survie des insectes. Et un second, le protocole “aspifaune”, de jour cette fois, où il vous faudra construire un aspirateur à bouche avec des morceaux de tuyaux d’aquarium. Il faudra prendre une grande inspiration et collecter tous les organismes présents dans un carré de 25 cm pendant 7 min. Dans ces deux protocoles, il faudra ensuite déposer des photographies de vos prises sur le site de QUBS pour partager et valider vos observations.

La Méthode scientifique
58 min

Merci à Tamara Ben Ari et Sandra Barantal pour leurs précieuses explications

Pour aller plus loin

L'étude du collectif Labo1point5 sur la corrélation entre déplacements en avion et meilleure visibilité de leurs publications (Environmental Research Letters, en anglais)

Les voyages en avion, signe extérieur de réussite pour les chercheurs ? (Le Monde)

L'étude sur la baisse de concentration en spermatozoïdes (Human Reproduction Update, en anglais)

Le déclin de la fertilité masculine est mondial et s’accélère (Le Monde)

L'équipe