Cette sonde va tenter de détourner un astéroïde.
Cette sonde va tenter de détourner un astéroïde. ©AFP - NASA / AFP
Cette sonde va tenter de détourner un astéroïde. ©AFP - NASA / AFP
Cette sonde va tenter de détourner un astéroïde. ©AFP - NASA / AFP
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Le but est de réaliser un test de déviation entièrement documenté. Et dans le reste de l'actualité scientifique, le réchauffement climatique et la couleur de nos lacs, le cerveau des baleines, protégé quand elles nagent, et, enfin, comment les Britanniques sont-ils devenus Anglo-Saxons ?

L’impact aura lieu à 1h15 du matin, heure française. L'astéroïde Dimorphos, une petite lune de 160 mètres de diamètre, orbite autour d’un plus gros que lui, appelé Didymos. Le but de la mission mise en œuvre par l'Administration spatiale et aéronautique américaine (NASA) est de dévier la petite lune Dimorphos de sa trajectoire initiale en la percutant à une vitesse de 24 000 km par heure, soit 6 kilomètres par seconde, pour ensuite pouvoir analyser les conséquences de cette collision spatiale orchestrée depuis la Terre.

Cette mission DART de la NASA, qui consiste en la collision en elle-même, s'accompagne d'un autre volet, mis en œuvre dans plusieurs années : la mission HERA, entreprise cette fois par l’Agence Spatiale Européenne. Une sonde va mesurer en détail les conséquences de la collision entre l'astéroïde Dimorphos et son "impacteur", ainsi que les propriétés physiques de la petite lune et, pour la toute première fois, sa structure interne.

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Mais pourquoi lancer cette mission ? Notre planète est-elle menacée par des astéroïdes ? Entretien avec Patrick Michel, directeur de recherche CNRS à l’observatoire de la Côte d’Azur, responsable scientifique de la mission HERA.

LES MATINS DE CULTURE - 852 JDS /02 ITW Patrick Michel

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Le réchauffement climatique risque de changer la couleur de nos lacs

On sait que la couleur des lacs est déterminée par un très grand nombre de facteurs, notamment par les niveaux d’algues, de sédiments et par la morphologie de ces espaces. Avec plus de 5 millions d’images satellites prises entre 2013 et 2020, ces chercheurs de l'Université de Caroline du Nord ont analysé les couleurs prédominantes de plus de 85.000 lacs et réservoirs d'eau dans le monde.

Il s'avère qu’un tiers des lacs sont bleus et les deux tiers restants sont de couleurs vert brun. Et ils ne sont pas répartis équitablement : les lacs bleus ont tendance à être recouverts de glace en hiver, ce qui indique qu'ils sont plus présents dans des régions situées plus favorablement au sein de l'hémisphère nord.

Les auteurs prédisent que le changement climatique, avec une hausse de température, risque de faire disparaître les lacs bleus à cause, notamment, de la prolifération d’algues. Avec une augmentation de 3°C, 15% de la moitié des lacs bleus risquent de virer au vert. Et au-delà de tout aspect esthétique, ce changement de couleur à venir indique une modification radicale des écosystèmes lacustres (relatifs aux lacs, NDLR).

Pourquoi les baleines ne subissent aucun dommage au cerveau lorsqu’elles nagent ?

Pourquoi, d'abord, devraient-elles en avoir ? Lorsqu’une baleine nage, bat avec sa queue, une énorme vague de pression sanguine se dirige vers sa tête. Des impulsions puissantes, combinées avec la rétention d’air, qui devraient en théorie endommager son cerveau.

Pour étudier la question, les chercheurs ont créé un modèle informatique qui simule les changements de pression dans le corps d'une baleine pendant qu'elle nage.

Et leur analyse révèle que le cerveau des cétacés est protégé grâce à un réseau de vaisseaux sanguins, connu depuis les années 1600 sous le nom de "retia mirabilia" ("filets merveilleux" en latin, NDLR) mais dont on ignorait jusqu’à présent le rôle. Ce réseau parvient ainsi à dévier la pression des artères qui entrent dans le cerveau vers les veines qui en sortent et ceci, sans modifier la circulation du sang dans le reste du corps.

Le mystère de cet organe est à présent résolu. Ces travaux expliquent aussi pourquoi d’autres mammifères marins, comme le phoque et les otaries, n’en possèdent pas : ils nagent différemment, en ondulation latérale, ce qui ne produit pas ces impulsions dangereuses pour le cerveau.

À réécouter : Baleine : la reine mer
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Une étude parue dans Nature révèle l’origine du peuple britannique

C'est probablement la fin d’un débat qui traverse l’historiographie britannique. À la fin de l’empire romain, autour du Vème siècle, de nombreux changements culturels sont observés. Est-ce le fait d’un changement à l'intérieur des populations aidé par de petites invasions ou d’une arrivée massive extérieure ?

Pour trancher, il a fallu l’aide de la génétique. Une équipe internationale a analysé le génome de 460 restes humains, ayant vécu entre l’an 200 et 1300, puis ils les ont comparés au génome de 10 000 contemporains.

Les résultats indiquent que tous les ancêtres anglais sont originaires des îles britanniques avant le Vème siècle mais aussi, qu'après cette période, trois quarts de la population sont composés de familles dont les ancêtres sont issus des régions continentales de la Mer du Nord c'est-à-dire des Pays-Bas, de l'Allemagne et du Danemark, ainsi que des peuples angles, saxons et jutes. Une invasion massive, sous-estimée jusqu’à présent, qui explique que les Britanniques sont devenus Anglo-saxons.

Merci à Patrick Michel pour ses précieuses explications

Pour aller plus loin

La crise climatique change littéralement la couleur de notre planète (IFL Science)

Un réseau de vaisseaux sanguins aide à protéger le cerveau des baleines pendant la nage (en anglais - New Scientist)

Comment les Britanniques sont devenus anglo-saxons (Le Figaro)