Que se passe-t-il dans le cerveau des procrastinateurs ?

A l'aide d'imagerie cérébrale, des chercheurs ont construit un modèle mathématique
A l'aide d'imagerie cérébrale, des chercheurs ont construit un modèle mathématique ©Getty - Jasmin Merdan
A l'aide d'imagerie cérébrale, des chercheurs ont construit un modèle mathématique ©Getty - Jasmin Merdan
A l'aide d'imagerie cérébrale, des chercheurs ont construit un modèle mathématique ©Getty - Jasmin Merdan
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Une étude menée par l'Inserm révèle que les procrastinateurs ont tendance à évaluer la pénibilité de l’effort rapidement et donc à repousser l'effort car cela leur semble moins pénible. Dans le reste de l'actualité scientifique, des cas de dengue, des géantes rouges et la mission DART.

Pourquoi notre cerveau “décide”-t-il de remettre au lendemain certaines tâches ? Pour répondre à cette question, des chercheurs de l’Inserm ont conduit une étude en deux temps. D’abord, ils ont cherché à décrire le profil motivationnel des sujets en mesurant leur activité cérébrale.

Pour cela, ils ont demandé aux 51 participants d’attribuer une valeur subjective à :

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  • Leur attirance de récompenses. Par exemple je préfère des fleurs ou des gâteaux,
  • Leur aversion à l’effort : est-ce que je déteste plus mémoriser des chiffres ou faire de pompes ?
  • Et au lien entre coût, effort et délai : est-ce que je préfère une petite récompense immédiate ou une grande récompense tardive ?

Toutes ces données ont servi à construire un modèle mathématique de prise de décision.

Et dans un second temps, les scientifiques ont mesuré la tendance à la procrastination, en donnant aux participants plusieurs formulaires assez fastidieux à remplir, qu'ils doivent renvoyer, dans un délai d'un mois, pour être indemnisés de leur participation à l’étude.

Résultat, ce modèle est parvenu à déterminer combien de temps allait mettre les participants pour rendre les fameux formulaires, en fonction de leur profil, et a donc révélé qui était les procrastinateurs du groupe. Mais surtout il a révélé pourquoi : les procrastinateurs sont ceux qui vont dévaluer la pénibilité de l’effort le plus rapidement, ils préféreront faire l’effort bien plus tard car cela semble moins pénible.

Raphaël Le Bouc est neurologue à la Pitié Salpêtrière, chercheur à l’Institut du cerveau et auteur principal de l’étude.

LES MATINS DE CULTURE - 852 JDS /02 ITW Raphael LE BOUC mon ok

1 min

Les cas de dengue, ce virus transmis par le moustique tigre, augmentent fortement en France

On recense à l’heure actuelle 61 cas de dengue en métropole, et tous sont autochtones c'est-à-dire que la maladie a été transmise sur le territoire.

Une telle augmentation est inédite. À titre de comparaison, depuis le premier cas identifié en 2010, et avant cette explosion, seulement une trentaine d'infections avaient été recensées. C’est inédit donc pas totalement imprévisible. D’après les scientifiques, les conditions météorologiques favorables de cet été 2022 ont joué : l’alternance de chaleurs et d’épisodes pluvieux a entraîné une augmentation importante du nombre de moustiques. Une transmission virale indirectement décuplée donc par le réchauffement climatique.

La Méthode scientifique
58 min

Des chercheurs ont détecté le champ magnétique d’étoiles géantes rouges

C'est la toute première fois qu’on parvient à le sonder au cœur des étoiles. La principale limitation jusqu'alors est l’opacité de la matière stellaire, on ne voit pas au travers donc on ne peut pas observer l’intensité et la forme du champ magnétique à l’intérieur.

Alors ces chercheurs de l’IRAP à Toulouse se sont intéressés à une classe d’étoiles particulières, les géantes rouges. Ce sont des étoiles qui se rapprochent de leur fin de vie et c'est une étape que connaîtra le Soleil dans quelques milliards d’années. Dans ces étoiles, des ondes sismiques se propagent de l’enveloppe jusqu’au cœur et sont visibles en surface. Cela a permis de détecter ces champs magnétiques internes et d’estimer leur intensité.

Résultat, ce magnétisme monte jusqu’à 130 kilogauss c'est-à-dire environ 100.000 fois plus que le champ magnétique moyen à la surface du Soleil. Ces champs magnétiques jouent un rôle central dans la vie des étoiles car ils ont une influence sur le mélange interne des éléments chimiques. Cette étude ouvre donc à une meilleure compréhension de l’évolution et donc du vieillissement des étoiles.

La Méthode scientifique
58 min

Succès de la mission DART

Il y a un peu plus de deux semaines, DART est allé percuter un astéroïde pour s’assurer de nos capacités à pouvoir le faire en cas de danger. L’objectif de la mission était plus précisément d’impacter la petite lune d’un astéroïde double pour en changer la trajectoire. Et c’est chose faite.

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Avant l’impact de la mission, Dimorphos, la petite lune, mettait 11 heures et 55 minutes à tourner autour de Didymos. Et après impact, elle ne mettait que 11 heures et 23 minutes, soit une période de révolution réduite de 32 min. Cela paraît peu, mais une diminution de quelques minutes seulement était déjà un succès, il s'agit donc clairement d'une réussite. L’expérience n’est pas terminée pour autant, d’autres analyses plus fines vont être conduites.

La science, CQFD
58 min

Merci à Raphaël Bouc et à Sébastien Deheuvels pour leurs précieuses explications

Pour aller plus loin

L'étude sur la procrastination (Nature Communications, en anglais)

Dans le cerveau des procrastinateurs (Inserm)

Changement climatique : le virus de la dengue arrive en France (Reporterre)

L'étude sur les champs magnétiques de géantes rouges (Nature, en anglais)

Des champs magnétiques intenses détectés pour la première fois au cœur d’étoiles géantes rouges (CNRS)

DART : le test historique de déviation d’astéroïde pour protéger la Terre a réussi (Numerama)

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