Trouble du spectre autistique : un mécanisme de compensation pourrait être présent dans certains neurones

Le trouble du spectre de l'autisme ou TSA est un trouble neurodéveloppemental qui touche 700.000 personnes en France.
Le trouble du spectre de l'autisme ou TSA est un trouble neurodéveloppemental qui touche 700.000 personnes en France. ©Getty - Carol Yepes
Le trouble du spectre de l'autisme ou TSA est un trouble neurodéveloppemental qui touche 700.000 personnes en France. ©Getty - Carol Yepes
Le trouble du spectre de l'autisme ou TSA est un trouble neurodéveloppemental qui touche 700.000 personnes en France. ©Getty - Carol Yepes
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Au menu de ce journal des sciences : l'exploration des mécanismes molécules des TSA, un télescope à miroir liquide démarre ses observations, une exoplanète où règnent des conditions infernales et une explication physiologique au fait d’attraper plus souvent des rhumes l’hiver.

On parle de spectre, parce que l’autisme prend de nombreuses formes différentes… Il s’agit d’un trouble neurodéveloppemental très précoce… qui commence in utero et qui touche à la communication entre neurones. C’est ce qu’on appelle les synapses. Pour faire passer une information ou au contraire le stopper, le neurone va sécréter des molécules par sa synapse… et la synapse suivante va capter ces neurotransmetteurs avec des récepteurs, et faire passer au neurone suivant.

Et ce que l’on sait, c’est que les TSA touchent certains neurones particuliers et un type de neurotransmetteurs particulier… les neurones à glutamate…

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Ici, les scientifiques ont regardé le nombre de récepteurs au glutamate et de glutamate chez des personnes adultes avec TSA et chez des personnes ordinaires. En clair, est-ce un défaut de la quantité de récepteur et de neurotransmetteur qui est à l’origine de ce trouble ? Et ensuite, dans un modèle animal cette fois, les chercheurs et chercheuses ont regardé si cette quantité variait aux différents âges de la vie.

Résultat, il y a beaucoup plus de ces récepteurs à glutamate chez les personnes avec TSA que chez les personnes ordinaires. Mais seulement à l’âge adulte…. mais puisqu’on sait que ce trouble se développe très tôt, cela voudrait dire que cette importante quantité de récepteur n’est pas la cause… mais la conséquence du mauvais fonctionnement de la synapse… il s’agirait donc d’un possible mécanisme de compensation… et c’est essentiel de le mettre en évidence (j’aime pas trop cette phrase) pour le développement de potentielles cibles thérapeutiques.

Entretien avec Frédérique Bonnet-Brilhault est Coordinatrice du Centre d’Excellence Excac-t des Hôpitaux Universitaires du Grand Ouest, responsable Equipe INSERM de l’unité Imagerie et Cerveau et autrice principale de l ’étude

LES MATINS DE CULTURE - 852 JDS /02 ITW Frédérique BONNET BRIHAULT

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Un télescope à miroir liquide démarre ses observations

Il se trouve dans la partie indienne de l'Himalaya, à 2500 mètres d’altitude… et ce miroir liquide est un bassin réfléchissant de 4 mètres de large, qui contient non pas de l’eau, mais du mercure. Cette fine couche flotte sur une couche d’air comprimé. Ce qui permet de faire tourner cette couche de mercure, et lui faire prendre une structure parabolique. Parfait pour se focaliser, concentrer la lumière en un point.

Et l’un des avantages de ce type de télescope est son coût : la structure n’a coûté que 2 millions de dollars, contre 18 millions pour un télescope optique de même surface collectrice. Et en revanche, il ne peut être orienté que dans une seule position, celle qui est au-dessus de lui. C’est une caractéristique autrefois considérée comme un inconvénient, mais qui à présent est utile pour scruter les objets dits transitoires comme les astéroïdes ou les supernovæ.

L'observation de l'exoplanète 55 Cancri e où il règne des conditions de température infernales

Il s’agit de 55 Cancri-e, aussi nommée Janssen. C’est ce qu’on appelle une Super-Terre, une exoplanète rocheuse du même rayon que la Terre, mais avec une masse 8 fois supérieure, soit l’équivalent de Neptune. Elle est la première exoplanète a été observée depuis la Terre par la méthode des transits, une méthode très utilisée pour détecter des exoplanètes, lorsqu’elle passe, lorsqu’elles transitent devant leur étoile.

De nouvelles analyses de son orbite et des planètes voisines montrent qu'elle s'est formée bien plus loin de Copernicus, son étoile… et s’est petit à petit rapprochée d’elle. Elle est 60 fois plus proche de son étoile que nous de la nôtre. A tel point que côté température, on atteint 2300 °C sur la face jour et 1300 °C face nuit. C’est très chaud, plus chaud que du magma en fusion. Mais malgré sa distance initiale plus lointaine, les auteurs indiquent que Janssen était déjà trop chaude et que rien n’aurait pu vivre à la surface.

Nos cellules nasales sont moins efficaces pour se défendre lorsqu’il fait froid

Quand un virus entre par votre nez, les cellules nasales relâchent des vésicules extracellulaires, un nuage de petites particules qui vont faire office de leurres… c’est-à-dire que les cellules nasales vont être attaquées, elles vont sécréter ces vésicules, possiblement pour les virus s’y accrochent et ne s’accrochent pas aux cellules nasales… cela permettrait donc d’échapper à l’infection.

Pour le montrer, ces chercheurs de l’Université de Boston et du Caire ont mis en contact in vitro, en laboratoire, des cellules nasales humaines avec trois virus différents, deux rhinovirus et un coronavirus -pas celui de la COVID, celui du rhume-. Et ils ont compté combien de petites particules étaient sécrétées par les cellules à 37 °C ou 32 °C. 5 degrés entre ces deux conditions car la température à l’intérieur du nez chute de 5 °C quand l’air extérieur passe de 23 °C à 4 °C.

Résultat, la production de ces particules est bien abondante quand l’air avec lequel elle la cellule est en contact est froid. Bien sûr, cela ne signifie pas que l’on peut “attraper” froid… on attrape à la rigueur un virus. Mais ce que cela montre, c’est qu’une chute de température rend cette première barrière moins efficace… donc c’est une potentielle explication physiologique à la saisonnalité des virus.

Un élément qui s’ajoute donc aux autres raisons de tomber malades en hiver, à savoir, la plus grande stabilité des virus en hiver ou simplement les comportements humains, c’est-à-dire le fait d'être davantage dans des lieux clos et donc de se transmettre plus facilement ces virus.

Merci à Frédérique Bonnet-Brilhault pour ses précieuses explications

Pour aller plus loin

TSA : Vers une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires de l’autisme (INSERM)

L'étude sur les neurones glutaminergiques dans les TSA (Molecular Psychiatry, en anglais)

Le plus grand télescope à miroir liquide du monde observera bientôt l’Univers (Science Post)

Ce que le plus grand télescope à miroir liquide du monde signifie pour l'astronomie (New Scientist, en anglais)

L'attraction fatale a fait échouer le projet "Hell Planet" (Science Alert, en anglais)

Comment l'enfer s'est installé sur l'exoplanète 55 Cancri e (Sciences et Avenir)

L'étude sur l'observation de Cancri e 55 (Nature Astronomy, en anglais)

Le froid provoque-t-il vraiment le rhume? (La Figaro)

L'étude sur l'exposition de cellules nasales au froid (Journal of Allergy and Clinical Immunology, en anglais)

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